A l'appel des coordinations d'Ath Djennad et d'Ath Ghobri, des centaines de citoyens ont pris part à la marche organisée, hier à Fréha, à la mémoire du jeune Hakim Allouche. Ainsi, tôt dans la matinée d'hier, les citoyens se sont rassemblés au lieu dit Ferme Michelet à un kilomètre de Fréha, avant de s'ébranler vers le magasin où le frère cadet de Rachid Allouache a été retrouvé mort, le 7 avril dernier. La famille de la victime, des parents de martyrs du Printemps noir ainsi que nombreux délégués étaient visibles aux premiers carrés de la manifestation. Une large banderole où était écrit «Vérité sur l'assassinat de Hakim Allouache» était déployée par les marcheurs. Tout au long de l'itinéraire, les manifestants ont repris les slogans habituels de la protesta kabyle. Il faut dire que ces slogans étaient entrecoupés par les youyous des femmes, même si l'ambiance était au deuil et au recueillement. Arrivés au niveau du magasin où le jeune Allouache avait trouvé la mort, les marcheurs ont été accueillis par une autre foule constituée essentiellement de gens de la localité. Après les formules d'usage habituelles, les manifestants ont procédé au dépôt de gerbes de fleurs devant le magasin qui porte toujours les traces de l'incendie, l'ayant ciblé à vingt-quatre heures de l'élection présidentielle. Sitôt cette cérémonie de recueillement terminée, une prise de parole a été improvisée par les délégués. Intervenant en premier, Mohand Iguetoutène, délégué d'Ath Djennad et membre des «24» ayant pris langue avec Ouyahia, a exigé que «les auteurs et les commanditaires de ce crime soient traduits devant la justice et condamnés sévèrement». Pour lui, «Hakim Allouache est mort car son frère dérange le pouvoir et ses relais en Kabylie». Pour sa part, Bélaïd Abrika a comparé les «assassins» présumés de Hakim Allouache aux gendarmes. «Le combat continue. Pas de pardon aux auteurs de l'assassinat de Hakim, comme c'est le cas des gendarmes qui ont assassiné nos 125 martyrs», a martelé le délégué des Genêts. De son côté, Khaled Guermah a déclaré que «la liste macabre des victimes s'allonge avec l'assassinat de Hakim Allouache. Cela nous fait vraiment mal». Visiblement touché par toutes ces marques de sympathie, Rachid Allouache, les yeux larmoyants, remerciera les présents. «Je n'ai pas perdu un frère, mais 126. Nous devons honorer leur mémoire», dira-t-il. «Ce sont ceux qui ont divisé la Kabylie qui ont assassiné mon frère. Ces gens ont pour mission de détruire la Kabylie, mais nous ne les laisserons pas faire.», ajouta Rachid Allouache. En début d'après-midi, les manifestants se sont dispersés dans le calme tout en ayant une profonde pensée pour cet énième victime du drame kabyle.