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"L'Algérie n'a jamais été aussi interpellée" SAID DJENNIT (ENVOYE SPECIAL DU SECRETAIRE GENERAL DES NATIONS UNIES POUR LA REGION DES GRANDS LACS) À PROPOS DE LA SECURITE AUX FRONTIÈRES
La géostratégie place l'Algérie dans le rôle de pont entre l'Europe et l'Afrique. La désignation de M.Saïd Djennit au poste d'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour la région des Grands Lacs a été saluée par les plus grandes nations du monde. Ce diplomate algérien émérite s'est exprimé sur les colonnes d'un confrère et où il a laissé entendre que la mission de médiation de l'UA en Libye était un fiasco. «Je ne dirais pas que l'UA a échoué, mais plutôt qu'elle n'a pas réussi à faire aboutir la démarche qu'elle avait initiée» dans la résolution de la crise en Libye, a-t-il néanmoins nuancé dans un long entretien accordé à El Watan, dans lequel il a fait un tour d'horizon sur les conflits qui agitent le continent et leurs soubassements. Revenant sur la question libyenne, il a rappelé que l'Union africaine avait mis en place un comité des chefs d'Etat qui avait proposé une solution politique qui passerait par une transition. «Aujourd»hui, le pays est plus divisé que jamais», a-t-il relevé, rejoignant l'avis du président du Niger, M.Issoufou, qui disait que «nous allions assister à la somalisation» de la Libye. M.Djennit s'est toutefois «réjoui» de la récente initiative prise par l'Algérie, l'Egypte et les autres pays voisins pour tenter d'aider à stabiliser la Libye, en faisant valoir que «plutôt on rétablira la stabilité de la Libye, mieux cela vaudra pour le Maghreb, pour l'Afrique du Nord et pour l'Afrique en général». Il a, par ailleurs, insisté sur le fait que les interventions militaires ne pouvaient représenter la solution pour régler les conflits, affirmant que la vocation première d'un diplomate est de «prévenir les conflits pour ne pas en arriver aux armes». Interpellé sur la question de la sécurité à nos frontières avec la Libye, le diplomate a tout de go expliqué que l'Algérie mobilisera les moyens qu'il faut pour y faire face parce qu'elle y est obligée. «Il y va de sa propre sécurité. Notre pays n'a jamais été aussi interpellé par des problèmes de sécurité à ses frontières qu'aujourd'hui; je suis sûr qu'il trouvera les moyens pour faire face à ces problèmes de voisinage» a-t-il formulé. Rebondissant sur le rôle de l'Algérie dans le continent, en général, et dans la région du Sahel, en particulier, M Djennit «mesure l'engagement» du pays sur les questions continentales et planétaires. «La géostratégie place l'Algérie dans le rôle de pont entre l'Europe et l'Afrique, (...). L'Algérie est donc appelée à continuer à jouer son rôle dans le leadership africain et de pont entre l'Europe et l'Afrique», a souligné le diplomate. A propos de leadership et panafricanisme, M.Djennit a rappelé la démarche de l'Algérie de par sa dotation depuis plusieurs années d'un ministère délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, traduisant, a-t-il dit, «l'engagement et l'ancrage africain de l'Algérie qui mobilisera tous les moyens pour piloter le dialogue intermalien». «L'Algérie, a-t-il poursuivi, s'est avant tout assurée d'un processus de négociation inclusif puisque toutes les parties maliennes sont venues à Alger ainsi que tous les acteurs régionaux et internationaux.».