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L'olivier pour célébrer la vie
BENI OUARTILANE
Publié dans L'Expression le 19 - 02 - 2005

Fière et orgueilleuse, elle se dresse sur un faîte qui fait d'elle cette beauté rebelle et inaccessible, ô combien convoitée.
Cette ville bénie par son marabout Cheikh Fodhil El Ouartilani, éminent savant et protecteur de l'inexpugnable citadelle haut perchée, semble avoir réglé son horloge à l'heure de la réconciliation nationale. Après les affres du terrorisme, elle sort triomphante d'une longue et éprouvante lutte pour la survie. Elle n'a pas abdiqué devant l'adversité. Fière et orgueilleuse, elle se dresse sur un faîte qui fait d'elle cette beauté rebelle et inaccessible, ô combien convoitée. Elle panse délicatement ses innombrables blessures pour signifier que sa grande qualité c'est d'abord son endurance mais aussi son espoir et sa foi en des lendemains meilleurs. Elle a choisi l'olivier pour fêter son attachement à la vie. A peine réapprend-elle à apprivoiser ses déboires et les vicissitudes du temps qu'elle décide de se lancer dans l'aventure et relever tous les défis.
Eprouvée par un séisme qui l'a ravagée en 2001 et une décennie de terrorisme qui l'a complètement enclavée et isolée du reste du pays, cette ville martyre revient de loin . Elle fait partie de cette Algérie qu'on appelle par euphémisme l'Algérie profonde sans doute pour cacher la misère qui l'habite et que la blancheur immaculée de la neige tombée en trombe, en ce radieux 15 février, n'arrive nullement à dissimuler. Cette date a été retenue pour honorer, et pour la première fois, l'olive. Cette drupe aux vertus multiples et incomparables nourrit les enfants de cette ville unique par ses paysages pastoraux d'une extrême beauté. A l'heure de la réconciliation nationale et après avoir tourné le dos à la modernisation tantôt par dépit tantôt par contrainte mais souvent par défiance, Béni Ouartilane s'est déclarée prête à composer avec le monde et s'ouvrir au flux bénéfique du progrès pour peu qu'on lui prête main forte et qu'on daigne volontiers regarder de son côté et voir les potentialités extraordinaires qu'elle recèle. C'est d'ailleurs ce message que veulent transmettre ses habitants à qui de droit pour exhorter les investisseurs à venir nombreux dans leur patelin qui ouvre grand ses bras à ceux qui veulent lui donner de l'amour en retour. En ce 15 février, elle s'est vêtue d'un manteau blanc pour accueillir des invités venus nombreux partager sa joie. C'est dans une ambiance des grands jours, augurant d'une année fructueuse et remplie, que M.Bedoui, wali de Sétif, a procédé à l'inauguration de la première fête de l'olive à Beni-Ourtilane. Les colères et les rugissements de Dame nature n'auront pas eu raison de la détermination des enfants de la région de faire de cette première fête du genre, qui a duré trois jours, une occasion de s'exprimer pleinement et montrer leur jovialité.
De jeunes danseurs et danseuses s'en sont donnés à coeur joie dans un décor chatoyant où se mêlaient judicieusement et harmonieusement les riches traditions à la coquetterie naturelle du site. A vocation agricole, la ville dispose d'un cadre touristique qui peut faire d'elle un pôle d'attraction non négligeable. L'oléiculture et l'apiculture sont les principales ressources de la région. Le figuier se place également au rang des transactions privilégiées. Au rendez-vous de cette première édition de la fête de l'olive, en plus des habitants de la région, de gais lurons se sont joints à la kermesse. Parmi eux, on distinguait des cavaliers à califourchon sur leurs montures, des artisans, des artistes peintres et des poètes. Tout ce beau monde évoluait en parfaite osmose. Longtemps hermétique aux autorités locales, elle a fini par apprécier les vertus du dialogue puisque cette ville abrite des archs qui ont signé un accord avec le gouvernement. «Avant, nous a révélé un citoyen, aucun officiel ne s'aventurait sur les lieux. II risquait d'être lynché.» Le wali de Sétif, qui s'est rendu pour la première fois dans la ville, a eu cette chance d'être la première «autorité tolérée qui visite l'endroit», nous dit encore ce citoyen. Au cours de cette visite, les exposants ont exhibé un vieux pressoir de 100 ans ainsi que d'anciens manuscrits, preuve que l' histoire de cette belle ville a enfanté des hommes et des de défi.
L'huile de Beni Ourtilane est différente des autres huiles par le goût et la consistance. Elle est connue pour ses qualités nutritives et curatives qui n'existent nulle part ailleurs. Elle résulte de la pulpe pressée de cette généreuse olive que l'on appelle, selon la variété, chemllal akhenfas, bouchouk et azeradj. L'autre produit du terroir est incontestablement le miel que de jeunes apiculteurs s'attellent à produire depuis peu dans des conditions pour le moins difficiles. Ils feront part de leurs doléances au wali. Répondant à leurs préoccupations, il les dirigera vers les dispositifs d'aide mis en place par l'Etat. «Nous voulons travailler et sortir notre ville de sa léthargie», se sont-ils accordés à dire au responsable qui a apparemment compris leurs préoccupations puisqu'il les a assurés de son aide et de sa disponibilité. La fête s'est prolongée pendant trois jours au rythme des danses folkloriques et de la zorna, célébrant la vie qui reprend ses droits. Il faut dire que l'olive est un produit pour lequel les habitants de Béni Ouartilane ont une vénération particulière. On l'adule comme on adule un être supérieur.
A ce titre, il convient de souligner que la filière oléicole, dans la wilaya de Sétif, a produit durant la période 1995-2004, en valeur exprimée, la somme de 657 millions de dinars alors que pour la campagne 2003-2004 elle est de l'ordre de 1,45 milliard de dinars. Cette filière, qui emploie 12.800 travailleurs, est traitée en termes de transformation par 59 unités dont la capacité de trituration est de 3840 tonnes/an. Il faut souligner que des efforts sont déployés pour la plantation de 1000 nouveaux hectares durant les 5 années à venir alors qu'une oeuvre de régénération touchera 3700 hectares. Beaucoup de projets sont inscrits à l'ordre du jour et les opportunités ne manquent pas avec le retour de la sécurité. Cette région possède beaucoup de points forts qui n'attendent qu'à être exploités. Elle souffre de chômage en dépit des 200 emplois permanents créés depuis l'an 2000 à ce jour. Des problèmes techniques et organisationnels entravent l'épanouissement et l'amélioration de la filière oléicole avec ses principaux segments, à savoir la plantation, la production, la transformation et la commercialisation. Si le rendement reste encore très faible par rapport aux résultats qui peuvent être réalisés si le marché est valorisé, la commercialisation, elle, se fait au pied levé sans la moindre organisation puisque nous dit-on; la vente est libre. Les jeunes l'écoulent au bord-même des routes, livrée sans un conditionnement réglementé. Cependant, en dépit de la bonne volonté des habitants, les conditions de vie restent extrêmement difficiles. La ville ne demande qu'à relever la tête et prendre un nouveau tournant. Le tourisme est un bon créneau pour cette région aux paysages offrant le dépaysement sur un plateau d'argent.


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