«La décision de créer une brigade spécialisée a été prise par le directeur général des douanes.» L'Expression: La protection du patrimoine naturel et culturel est une des missions classiques des douanes. Pourquoi dès lors la création d'une brigade spécialisée? Salim Tiar: Comme vous venez de le souligner, celle-ci est considérée, en effet, comme une mission classique puisqu'elle est régie par le code des douanes au niveau national, y compris pour les douanes du monde entier. Cela dit, la décision de créer une brigade spécialisée a été prise par le directeur général des douanes dans le cadre du programme de modernisation des méthodes d'action de nos éléments du fait que la spécialisation dans un domaine aussi stratégique pour l'économie nationale se veut comme un choix prioritaire et, j'allais dire, nécessaire. En effet, le douanier, qui est le premier à accueillir le touriste à son arrivée et le dernier à l'approcher avant son départ, devrait être en mesure de sensibiliser et de convaincre par ses conseils et ses orientations, en premier lieu, comme il lui échoit de maîtriser les aspects techniques liés à la protection et au contrôle, ensuite. Ceci au niveau des aéroports et des postes frontaliers. Pour ce qui est de l'intervention de nos éléments dans le désert, ces derniers sont tenus également de connaître, avec précision, les endroits abritant les richesses patrimoniales et celles ayant trait à la faune et la flore dans le Tassili. En résumé, l'administration des douanes se prépare aux défis et aux enjeux de l'avenir en la matière. Quel avantage apportera cette brigade au moment où certaines institutions sont d'ores et déjà chargées de la même tâche? Pour répondre à votre question, je pense qu'il suffirait de rappeler l'immensité du territoire couvert par le Parc national du Tassili qui s'étend sur plus de 80.000 km². Aussi, il convient de souligner que tous les services auxquels vous faites allusion travaillent pour le même objectif, à savoir la protection du patrimoine de la région, mais chaque service est chargé d'une mission spécifique, propre à lui. A titre d'exemple, notre service s'occupe de l'action fiscale lors d'une infraction du genre en engageant, pour ce faire, les procédures judiciaires requises et d'autres services s'occupent, eux, des aspects liés à l'enquête et à l'expertise technique. Donc, les services de l'Etat se complètent dans leur travail pour assurer convenablement et conjointement cette grande et noble tâche. Cependant, pour remplir cette mission dans les meilleures conditions, il vous faut des moyens. Les avez-vous? En ce qui concerne les moyens mis en oeuvre pour effectuer les missions sus-nommées, cette nouvelle brigade se permet d'utiliser les moyens humains et matériels disponibles actuellement au niveau de nos brigades mobiles. A titre illustratif, pour les missions de campagne, les éléments spécialisés dans la protection du patrimoine seront intégrés au cours de chaque sortie au sein des brigades mobiles chargés de la lutte contre la contrebande, et ce, afin de constater d'éventuelles infractions dans le domaine du patrimoine. Personnellement, je suis convaincu que les meilleurs moyens sont les connaissances que les éléments auront à apprendre durant la future formation. La coopération d'autres organismes pour la protection d'un parc grand de plus de 80.000 km², s'avère nécessaire, voire indispensable. Qu'en pensez-vous? Effectivement, comme je l'ai souligné dans la question précédente, la coordination avec les autres institutions qui activent dans le même secteur, celui de la protection du patrimoine, est une condition que nous devons prendre en considération pour réussir dans notre mission. Car les tâches sont énormes et les enjeux très importants pour qu'un organisme, à lui seul, puisse se prévaloir de les prendre en charge avec ses propres moyens. Outre la protection du patrimoine, quelles sont les principales missions, économiques notamment, de vos services dans une région riche en ressources énergétiques? Il est utile, à cet effet, de préciser que la direction régionale des douanes à Illizi a été créée principalement pour encadrer l'activité douanière dans les domaines des hydrocarbures se trouvant dans la région. Aussi, l'ensemble des sites gaziers et pétroliers sont considérés comme étant des usines sous contrôle douanier en vertu de la législation et la réglementation en vigueur. L'intervention de nos services commence dès l'importation des matériels utilisés au niveau des usines et des champs pétroliers. Car l'importation du matériel en question bénéficie des avantages fiscaux consentis par l'Etat aux sociétés activant dans le secteur des hydrocarbures. Nos services interviennent, également, au niveau de la production et des expéditions des produits extraits du sous-sol jusqu'à leur arrivée dans les raffineries ou leur exportation vers l'étranger. Il est important de signaler, là encore, que l'accomplissement de ces tâches est confié à une brigade spécialisée dénommée : brigade des hydrocarbures. D'autres missions économiques sont prises en charge par nos services dont la protection de l'environnement, notamment pour ce qui est de l'évacuation des déchets émanant de l'activité des sociétés pétrolières. Je citerai également le contrôle et le suivi des avantages fiscaux accordés dans le cadre de l'encouragement de l'investissement (Andi, Ansej...) La lutte contre la contrebande constitue elle aussi l'une de vos priorités... Nous intervenons principalement dans le domaine de la lutte contre la contrebande et le trafic illicite des stupéfiants afin de minimiser les introductions frauduleuses de cigarettes étrangères cancérigènes et contrefaites de surcroît. Donc, c'est la protection du consommateur et de la production nationale qui est ainsi prise en compte dans les opérations en la matière au même titre que la contrebande des pièces détachées et des effets vestimentaires usagés (friperie). A propos de la lutte contre le trafic des stupéfiants, nos services sont dotés de moyens organisationnels adéquats depuis la création d'une brigade spécialisée en la matière qui se trouve au niveau du poste frontalier de Deb-Deb. Cette équipe a réalisé, au cours des deux dernières années, des résultats probants. Ces moyens d'intervention seront renforcés incessamment par l'installation de l'escouade canine et la dotation en appareils détecteurs des particules. Vous insistez sur la spécialisation des douaniers. Expliquez-nous ce concept... Tout d'abord, le concept de spécialisation des douaniers est un des axes principaux du plan de modernisation de l'administration des douanes, adopté par les pouvoirs publics en 1993. Aussi, le directeur général des douanes l'a évoqué à plusieurs reprises dans ses interventions publiques ou à l'intérieur de l'institution qu'il dirige pour dire que cette spécialisation constitue une exigence du nouveau contexte de libéralisation des échanges sur le plan international ainsi que des mutations découlant de l'accord d'association avec l'Union européenne(UE) et la prochaine adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La spécialisation vise aussi les domaines sensibles de l'activité douanière où l'administration a estimé que les conséquences communes de base acquises par nos agents lors de leur formation initiale ne sont plus suffisantes pour accomplir avec l'efficacité souhaitée, les missions qui leur sont confiées. A la direction régionale d'Illizi, il existe des brigades spécialisées, à savoir, celle chargée de la lutte contre la contrebande, l'autre, qui sera bientôt opérationnelle, de la protection du parc du Tassili, la troisième brigade dont la mission est de lutter contre le trafic des stupéfiants et enfin la brigade des hydrocarbures.