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La survie à force de traditions
ATH YALA
Publié dans L'Expression le 10 - 08 - 2005

Malgré l'éparpillement de la population, le «Yaâlaoui» où qu'il se trouve, aide toujours ou trouve aide surtout dans l'adversité.
Guenzet est le chef-lieu de daira et de commune qui regroupe aussi la commune de Harbil. Sa population est estimée à environ 8000 habitants sur une superficie de 147 km2. Historiquement, elle fait partie de la confédération des Beni Yâala du nom du fondateur qui a occupé cette région avec les siens, fuyant sa Kalâa du fait de l'insécurité vers 1061. Elle est située au nord ouest de Sétif dans la chaîne des Babors et entourée des communes de Harbil, Ain Legradj et des communes de la wilaya de BBA.
Le visiteur non avisé peut être frappé par l'état de pauvreté de la région, le relief accidenté et la rudesse du climat (étés torrides, hivers rigoureux) avec toutes les conséquences sur la vie quotidienne des habitants qui tirent leur subsistance essentiellement de l'arboriculture de montagne (olivier, figuier, chêne vert), de petits commerces de détail; soutenus en grande partie par la communauté des émigrés (pensions, tourisme). Pour l'autochtone ou l'originaire, une visite est presque atavique, faite de ressourcement et de fierté.
Malgré l'éparpillement de la population, le «Yaâlaoui» où qu'il se trouve, aide toujours ou trouve aide surtout dans l'adversité ; vertu d'ailleurs caractéristique de l'Algérien. Durant les vacances, la région se transforme, malgré l'absence de moyens, en lieu de villégiature privilégié des fils de la région et ce depuis toujours en particulier pendant le «khrif» pour profiter des fruits et légumes locaux, de l'eau de sources fraîches qui rappellent le terroir et la jeunesse marquée par le travail, la discipline et le respect. Qui ne se rappelle de la cueillette des olives et leur transport chez le meunier pour en extraire cette huile magique très prisée ou la saison des figues «pimentées » par une courte période de «recherche des premières figues» (thissamtith) qui faisait notre joie. Aujourd'hui, bien que le progrès ait produit des changements salutaires, il n'en a pas moins altéré l'âme des villages basée sur la solidarité, le respect et la dignité. C.A. Julien disait: «Quand on étudie les Berbères, ont est frappé par la remarquable stabilité de leurs moeurs à travers les siècles. Bien des manifestations actuelles de leur vie sociale enfoncent leurs racines dans un passé fort lointain».
La Djemaâ encore active
C'est en arrivant à Tittest que l'on «sent» le territoire de nos ancêtres, que notre comportement revient au naturel, que l'on se sent débarrassés, comme par enchantement, du stress et autres angoisses accumulés ailleurs. Au fur et à mesure du périple vers Guenzet par ces montagnes escarpées aux routes et sentiers sinueux, l'on est frappés par ce panorama fantastique fait de montagnes et de villages juchés qui sur une colline, qui sur le flan d'une montagne retenue, dira-t-on que par la volonté divine. Sur les 38 villages qui composent la commune, certains sont traversés par la route nationale, en particulier: Boumakhlouf, Gnaoua-Thoubou, Tiget, Dar el hadj, Tizi Medjber, Timenkache, Taourirt Yacoub, Guenzet; d'autres sont desservis par des chemins parfois bitumés entre autres: Tigherth n'dhrar, Ighil lekhmiss, Taourirt thamelalt, Chréa, Foumlal, Aourir Ouelmi, Ighil Hammouche, Ighoudane, Tamest, Aghda n'Salah, Ith Karri, Imesbahen, Thigherth, Sidi l'Djoudi, Issoumar, etc ...Sur ce tronçon d'une quinzaine de km on peut se rafraîchir dans trois sources qui revêtent une importance particulière : celles de Boumekhlouf, de Dar el Hadj et de A'abad. Durant cette période de vacances, les villages s'arrachent de leur léthargie pour devenir des lieux de rencontre de familles et d'amis, séparés par le temps et l'espace mais aussi par le devoir et les aléas de la vie, pour des veillées riches et interminables mais également pour les fêtes. C'est aussi en ces moments que les souks retrouvent l'animation d'antan à savoir des lieux de convivialité, de discussions et d'affaires. C'est aussi à cette occasion que s'organisent des zerdas et autres cérémonies ayant pour but de redonner vie à la région gâtée par sa géographie et les évènements douloureux qu'a traversés notre pays et dont les effets néfastes sont à ce jour difficilement surmontables puisque 13 agglomérations isolées sont abandonnées pour des raisons sécuritaires malgré une farouche autodéfense. A cela s'ajoutent les contraintes de développement dues à la nature montagnarde de la région dont les surcoûts découragent tout investissement significatif surtout dans les opérations de terrassement, de génie civil, de réalisation et d'entretien des infrastructures de base (routes, adduction d'eau, lignes électriques et téléphoniques) des travaux de déblaiement des voies de communication en période hivernale. Cette situation conduit la population (résidente ou non), au risque de mort des villages, à financer elle-même plusieurs projets urgents vitaux d'utilité publique par l'entremise d'associations érigées au cours de Djemâa sans trop attendre les projets de l'Etat qui, eux, obéissent aux règles du budget.
Les sages et autres bonnes volontés ne ménagent aucun effort pour redonner vie à cette région, du moins la maintenir, comme par le passé, référence culturelle puisqu'elle a fourni à l'Etat plusieurs hauts cadres dans tous les domaines. Elle était également le bastion du nationalisme contre le colonialisme en sacrifiant des centaines de ses meilleurs fils pour que vive l'Algérie.
Le lien de toujours
Cela vaut bien considération ou attention surtout en cas de graves difficultés économiques qui poussent sans cesse la jeunesse à l'exode (ou à l'émigration) vers les grandes agglomérations (surtout Alger, Sétif et Bordj bou Arreridj) à même de s'assurer le minimum vital qu'ils ne peuvent trouver sur place. Le retour de ces jeunes, tant souhaité par les pères de famille, est (quoique hypothétique) en tout les cas fortement conditionné par la sécurité de l'emploi et les conditions d'existence. Mis à part ceux fixés dans les grandes villes, depuis longtemps mais qui n'ont jamais rompu le lien avec leur village puisque la plupart y reviennent une fois la retraite acquise, il est quand même urgent et vital que l'on retiennent ceux qui y vivent déjà en développant la région par des projets spécifiques, adaptés aux conditions géographiques et socio-économiques.
Une aide spéciale de l'Etat est vivement souhaitée pour cette région longtemps sous-estimée. La récente visite du wali dans les endroits reculés a laissé une vraie lueur d'espoir chez la population. Cependant, et en attendant que l'on accorde à Guenzet l'attention qu'elle mérite, le temps est actuellement à la réhabilitation des villages isolés abandonnés car outragés par la horde terroriste. Pour ce faire, des initiatives louables ont été imaginées afin de redonner vie aux villages et espoir à la population. Du concours de «tikourbabines», plat traditionnel et spécifique à la région avec Beni Ourtilene, à la fête prévue précisément ce mois août au village de Sidi l'Djoudi soutenue, semble-t-il, par des personnalités, il est certain que les enfants de Beni Yâala, avec le concours de l'Etat, sauront préserver leur culture, leur tradition et leur dignité chères à leurs ancêtres.


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