«L'homme de l'éradication», comme aiment à le qualifier ses adversaires politiques, n'est pas un «parvenu» de la réconciliation nationale. Le chef du gouvernement qui a accompli son devoir électoral au CEM Pasteur à Alger, a indiqué, dans une déclaration à la presse, qu'il avait accompli son devoir électoral «en tant qu'Algérien et responsable». Pour Ouyahia, sa démarche est une participation «à ce mouvement massif du peuple» qui, selon lui, consacre «un tournant, sans aucun doute, fondamental pour la sortie de la crise qu'a vécue notre pays». Le chef du gouvernement a mis en exergue la «longue campagne qui a permis à chaque Algérien de comprendre les véritables enjeux de cette démarche à la lumière des souffrances qu'a vécues notre pays pendant de longues années, avant de commencer à refaire surface». Il a également déclaré que «chacun de nous aura enfin mesuré ce que nous aurons tous à gagner et ce que l'Algérie aura à gagner de ce projet». Autant de déclarations qui confirment l'engagement du secrétaire général du RND en faveur de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Laquelle charte a fait l'objet d'une campagne tous azimuts à laquelle le chef du gouvernement a pris une part active, défendant résolument la démarche réconciliatrice du président de la République. Ahmed Ouyahia, qui fut catalogué comme «éradicateur», a su, tout au long de la campagne, argumenter les positions de la formation qu'il dirige, rappelant, à juste titre d'ailleurs, les différentes initiatives de paix amorcées par l'Etat et soutenues par son parti. Il en est ainsi de la loi sur la rahma, la concorde civile, en passant par la très controversée loi sur la tragédie nationale qu'il a défendue lui-même devant le Parlement et dont on retrouve l'esprit dans la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Ainsi, «l'homme de l'éradication», comme aiment à le qualifier ses adversaires politiques, n'est manifestement pas un «parvenu» de la réconciliation nationale. En fait, malgré le tir de barrage qu'il subit depuis sa première désignation à la tête du gouvernement, en 1995, Ahmed Ouyahia a su faire preuve d'une maturité politique certaine en défendant prioritairement le caractère républicain de l'Etat algérien qui, durant les années de feu, était réellement menacé. Une prise de position qui lui valut les pires critiques de l'opposition, mais qui ne l'a vraisemblablement pas détourné de ses objectifs, à savoir vaincre l'archaïsme politique représenté par l'ex-FIS. C'est le même Ouyahia qui a multiplié les appels au dialogue avec le mouvement citoyen, conscient que la situation en Kabylie contient les germes d'une bombe à retardement. Aussi, est-il besoin de préciser que le chef du gouvernement a fait preuve d'une grande capacité d'adaptation aux défis auxquels est confrontée la nation. La victoire du «oui» est aussi l'aboutissement d'un long processus que le RND a non seulement soutenu mais à la mise en oeuvre duquel il a participé.