L'impact des essais nucléaires effectués en Algérie, durant la colonisation, exige de la France d'assumer ses responsabilités. Une organisation non gouvernementale, vient d'interpeller la France sur les déchets radioactifs résultant de ses essais nucléaires effectués au sud du pays. La responsabilité de la France dans ces pires crimes, en raison des préjudices causés aux populations locales, à l'environnement est établie. Cette ONG, en l'occurrence Ican, (Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires), a appelé, hier, les autorités françaises «à faciliter le nettoyage des sites de ses essais nucléaires en Algérie dans les années 60, sur lesquels demeurent toutes sortes de déchets toxiques». «La France doit remettre aux autorités algériennes la liste complète des emplacements où ont été enfouis des déchets contaminés», estime, notamment l'organisation dans un rapport de 60 pages sur le sujet. L'organisation préconise par ailleurs «une étude indépendante pour établir s'il existe un risque transgénérationnel aujourd'hui, ainsi qu'une enquête de détection du matériel contaminé encore en circulation». La France a effectué 57 expérimentations et explosions nucléaires entre 1960 et 1966. Il s'agit de quatre explosions aériennes dans la région de Reggane, 13 explosions souterraines à In Ikker, 35 essais complémentaires à Hammoudia, dans la région de Reggane et cinq expérimentations sur le plutonium dans une zone à In Ikker, située à 30 km de la montagne où ont eu lieu les essais souterrains, selon le docteur Ammar Mansouri, chercheur en génie nucléaire. La première explosion a été réalisée dans la région de Reggane le 13 février 1960, avec une puissance variant entre 60 000 et 70 000 tonnes de T.N.T. Cette bombe est cinq fois plus puissante que celle lancée sur Hiroshima, selon les experts. «Aucune obligation de démantèlement complet, de remise en état de l'environnement et de suivi sanitaire des populations locales n'a alors été négociée», indique l'Ican. Il faut noter que ces essais nucléaires ont entravé l'amélioration des relations franco-algériennes. Ce dossier est l'un des quatre dossiers retenus dans le plan du gouvernement, à son volet lié à la Mémoire nationale, ouvert entre l'Algérie et la France. L'Ican, lauréate du prix Nobel de la paix en 2017, estime que le «passé nucléaire reste profondément enfoui dans les sables. $Les sites ne font pas l'objet de contrôles radiologiques et encore moins d'actions de sensibilisation des populations locales aux risques sanitaires». Elle a identifié des déchets non radioactifs, du matériel contaminé par la radioactivité, qui a été volontairement enterré et des matières radioactives issues des explosions nucléaires. Elle déplore que rien ou presque n'a été fait pour nettoyer, informer les populations, ni évaluer les risques. $Un comité conjoint avait été mis en place fin 2007, suite à une visite du président français d'alors, Nicolas Sarkozy. Mais «il a oeuvré dans le plus grand secret: aucun rapport n'a été rendu public avant qu'il ne soit mis fin à ses travaux», affirme l'Ican qui demande aussi aux autorités algériennes de mieux bloquer les accès aux sites dangereux.