Quel rôle pour les directions de la jeunesse et des sports (DJS)? En date du 16 novembre 2020, cette question a été posée sur les colonnes de L'Expression, dans un article concernant la mise en conformité des statuts des clubs sportifs amateurs (CSA) avec les dispositions du décret 15-74, du 16 février 2015. Ledit décret stipule que «les clubs sportifs amateurs déjà constitués sont tenus de mettre en conformité leurs statuts avec les dispositions du présent décret dans un délai d'une année à compter de la date de sa publication au Journal officiel». Un délai prorogé, ensuite, de quelques mois, faut-il le rappeler. Mais force est de constater que cette mise en conformité n'a été que partielle chez les CSA, et le point qui semble, désormais, provoquer la grande pagaille, est celui lié à la nouvelle composante de l'assemblée générale. Des CSA organisent leur AG avec la composante d'avant décret, où figurent même des membres exclus pour diverses raisons, et d'anciens présidents qui n'ont jamais remis leurs bilans. Mais ce n'est pas tout! Des personnes voulant intégrer la nouvelle composante ont effectué toutes les démarches nécessaires et payé la cotisation annuelle, dont le montant est fixé par l'assemblée générale et les délais de versement déterminés par le règlement intérieur. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces personnes n'y figurent pas... Des AG électives ont eu lieu, malgré cela, en la présence des inspecteurs de la DJS, qui ont validé leur travaux et cautionné l'installation des nouveaux présidents. Pis encore, dans certains cas, la réglementation est bafouée avec la complicité même des DJS. C'est le cas de le dire pour le CSA du CR Belouizdad. En effet, après la fin du mandat du président sortant, Karim Chettouf, dont les bilans, moral et financier, ont été adoptés à l'unanimité, la préparation de l'AG élective a été entamée. Toutes les procédures ont été finalisées le 14 décembre dernier par les différentes commissions mises en place. Le jour-même, une invitation a été envoyée à la DJS d'Alger pour assister aux travaux de l'AGE, programmée initialement pour le 20 du même mois. Cette AGE devait se tenir avec la nouvelle liste nominative, conformément au décret 15-74, où y figurent 42 membres statutaires. Le 17 décembre, une lettre signée par le DJS atterrit au bureau du CSA/CRB réfutant cette liste et obligeant les Belouizdadis à revenir sur celle d'avant décret (2012) où y figurent des membres exclus, entre autres pour absences répétées et non justifiées, non-paiement de la cotisation annuelle et faute grave, conformément à la législation et à la réglementation en vigueur. Par cette mesure, la DJS vient défier même le ministre de la Jeunesse et des Sports, Sid Ali Khaldi, et sa note méthodologique N°399 du 16 septembre 2020, relative au processus de renouvellement des instances, des structures d'organisation et d'animation sportives locales. Dans cette note, il est précisé que les conditions de participation aux AG sont celles édictées par les dispositions réglementaires et statutaires inscrites dans les décrets 15-74 et 16-153, fixant les dispositions statutaires relatives aux dirigeants des sports bénévoles élus. Dans le même sillage, une nouvelle note n°1734 intervient, cette fois-ci du directeur général des sports au sein du MJS, Mohamed Djeraoui. Celle-ci appelle les DJS à respecter ce qui est mentionné dans les articles de lois et la dernière note méthodologique du premier responsable de la tutelle, en veillant à l'assainissement de la liste des membres statutaires des AG. Mais ces deux notes semblent être tombées dans l'oreille d'un sourd, puisque l'AGE du CRB, décalée quelques jours finalement (le 22 décembre) n'a pu avoir lieu. Des supporters sont intervenus pour empêcher sa tenue, refusant la présence d'anciennes têtes qu'ils accusent d'être «la source de tous les maux» de leur club. Le pire c'est que ces têtes font partie des membres initialement exclus de l'AG par la force de la loi. Selon des sources, le ministre aurait pris en charge personnellement ce dossier et les décisions ne tarderont pas à être prises. Que diront, le cas échéant, le DJS et son chef de service O. R.? Waint and see...