Il est question, à travers un projet de loi, de tenter une nouvelle équation dite recrutement/allégement fiscal. Le débat sur l'emploi est relancé au sein de l'hémicycle de l'Assemblée populaire nationale. Cette institution devra consacrer la séance d'aujourd'hui à la présentation et au débat du projet de loi relatif aux mesures d'encouragement pour le soutien et la promotion de l'emploi, lequel projet innove dans les relations entre l'Etat et les opérateurs privés, l'objectif étant de booster le marché de l'emploi. Le pari a été osé par le patronat qui s'est engagé à gonfler le réservoir de recrutement à la condition de bénéficier d'allégements fiscaux de la part de l'Etat algérien. L'équation, selon les patrons, est de baisser les charges de l'entreprise pour lui permettre d'investir donc de créer de l'emploi. Dans une économie en pleine mutation, le patronat a son mot à dire sur le marché du travail, puisque c'est l'entreprise qui est appelée à assumer la conduite de la nouvelle orientation économique. Cette nouvelle forme de «partenariat» entre gouvernement et chef d'entreprise vise justement à asseoir une stratégie à long terme et assurer la stabilité de l'emploi. Car, au-delà de l'équation recrutement/allégement fiscal, se profile en toile de fond l'autre avantage qui est la stabilité de l'emploi en s'attaquant à la précarité et l'informel. L'éveil des catégories sociales qui réclament à tout prix une revalorisation salariale, le divorce entre la formation universitaire et le marché du travail, sont, entre autres, des facteurs qui témoignent de l'absence d'un modèle de recrutement conforme à l'évolution économique. Comment donc soutenir le côté ressources humaines du processus de mutation économique? L'Etat devra faire un pas en avant en révisant à la baisse les charges imposées à l'entreprise algérienne. Chose qui va booster la production et renforcer ainsi le côté social et le volet relatif aux ressources humaines. Et, logiquement, l'augmentation des salaires devra être donc à l'ordre du jour, compte tenu de cette évolution. Cet accompagnement de l'entreprise dans son évolution est synonyme en fait de l'engagement de l'Etat à faciliter l'investissement. Les députés de l'Assemblée populaire nationale auront donc, entre les mains aujourd'hui, un dossier important en rapport avec l'avenir des milliers de diplômés. Car, ledit projet de loi implique aussi, tel qu'il a été suggéré par le patronat, des possibilités de formation au sein des entreprises privées afin de bien préparer la phase d'insertion. Le ministre des l'Enseignement supérieur a, à ce propos, reconnu que les diplômes de l'université algérienne conduisent au chômage. En l'absence d'une main-d'oeuvre qualifiée, à cause d'un modèle d'enseignement inapproprié, le système économique en voie de transition, peine à réussir la métamorphose escomptée. Les pouvoirs publics veulent s'appuyer sur l'implication des acteurs économiques dans l'enseignement, la formation des futurs candidats et ensuite leur insertion dans le marché de l'emploi. La création de postes de travail est l'un des défis majeurs du second quinquennat de Bouteflika.