La dernière attaque de Gao qui a ciblé trois camionneurs algériens remet au goût du jour la question du Sahel et ses enjeux géopolitiques. L'Algérie est un acteur prépondérant dans le grand échiquier de la région sahélo-saharienne et la course effrénée de certaines puissances internationales dans la perspective de redessiner la géopolitique de la région. Avec le Mali et le Niger, les frontières imposent des rapports d'intérêts stratégiques sur le plan sécuritaire et socio-économique. Ces rapports dérangent certaines forces aux visées de mainmise sur la région en général et le Mali en particulier. Ces forces n'ont pas tardé d'afficher leur hostilité d'une manière tacite à la présence de l'Algérie comme une partie importante dans le règlement du conflit malien basé sur l'accord de paix et de réconciliation issu du processus d'Alger. Qui a ciblé les trois camionneurs algériens à Gao? Est-ce que réellement l'attaque relève des pratiques fréquentes inhérentes au racket et autres crimes organisés où l'opération a été fomentée en bonne et due forme par des professionnels obéissant aux desiderata des forces dont l'influence est avérée dans la région du Sahel? La diplomatie algérienne n'a pas encore déterminé les véritables responsables de l'attaque perpétrée contre les trois camionneurs algériens. C'est une attitude sage et responsable qui en dit long sur la complexité de la situation politico-sécuritaire qui caractérise le Mali. Mais l'Algérie connaît très bien les dessous de l'enjeu malien et ses prolongements. Elle fait partie des pays qui ont participé dans la mise en place des mécanismes visant l'accélération du processus de règlement de la crise profonde dans laquelle se débat le peuple malien et son Etat en proie à des nébuleuses terroristes et des puissances internationales en quête de la sauvegarde de ces «intérêts» et sa présence bon gré mal gré. L'Algérie avait conçu un plan lui permettant de boucler tout le long de la ceinture frontalière qui la relie aux trois pays dont l'instabilité est devenue une caractéristique saillante. C'était en 2012 que l'affaire du Sahel a pris une tournure d'un conflit aux débordements dangereuses sur la sécurité nationale du pays et ses frontières. Une «insurrection» est née par des groupes salafistes djihadistes et pro- comme prolongement de l'attaque contre la Libye par la France et ses alliés en 2011. Ça s'est opérée lors de renversement du régime de Kadhafi en profitant des facilitations par des forces et des puissances internationales consistant à glaner les armes lourdes qui pullulaient les frontières de la Libye et pour alimenter les groupes «terroristes» aux agendas minutieusement peaufinés par les «maîtres du moment» dans la région. L'historique du conflit est intimement lié aux plans mis en branle par le tenants de la déstabilisation de la région du Sahel dans le prolongement du «printemps arabe». La simultanéité de la mise en action des réseaux terroristes dormants suscitait la curiosité des observateurs de la géopolitique de la région. Le 17 janvier 2012, les rebelles touaregs du Mnla (indépendantiste) et d'Ansar Dine (salafiste) opèrent des attaques contre le Mali. Et elles seront rejoints par les djihadistes d'Aqmi et du Mujao. À partir de ce moment les puissances internationales avaient misé sur ces organisations infiltrées par les services de renseignements de leurs Etats respectifs dans le but de mettre en pratique leur plan visant le remodelage des zones d'influence dans le Sahel et l'Afrique du Nord. Les forces qui sont derrière l'attaque de Gao contre les trois ressortissants algériens savent que l'Algérie est devenue une force régionale de stabilisation dont le rôle n'est plus à démontrer. L'Algérie fait peur à certains pays dont la vassalité aux puissances étrangères ne peut plus tromper les plus crédules dans la région en général et l'Afrique en particulier. L'Algérie se redéploie au plan économique et commercial au sein de son prolongement vital et naturel qui est l'Afrique. Cela dérange beaucoup les vassaux qui ont vendu leur âme à l'entité sioniste et les forces qui veulent redistribuer les cartes à leur guise en oubliant que l'échiquier international est en train de prendre une autre tournure en matière de la géopolitique et de la stratégie du monde.