L'armée israélienne poursuit son génocide en Palestine pendant que la communauté internationale garde les yeux braqués sur le Liban. Le président du Parlement palestinien, Aziz Doweik, a été enlevé samedi soir à son domicile à Ramallah, en Cisjordanie, par des militaires israéliens. Le gouvernement palestinien a aussitôt réagi à cet enlèvement. «Nous condamnons sans appel l'arrestation de M.Doweik par le gouvernement (israélien) de terroristes qui veut paralyser le système politique et la vie des Palestiniens», indique un communiqué rendu public après le kidnapping. «Les arrestations de ministres et de députés sont contraires au droit international et elles sont perpétrées par le gouvernement d'occupation qui profite du silence international», ajoute-t-on. Le cabinet palestinien lance un appel aux parlements des pays arabes pour «boycotter la Knesset», le Parlement d'Israël. Doweik, 58 ans, a été élu président du Conseil législatif palestinien (CLP, parlement) en février après la victoire du Hamas aux élections législatives de janvier dernier. Ce docteur en urbanisme, qui avait fait ses études en Pennsylvanie, était professeur de géographie à l'université Al-Najah de Naplouse, avant son élection à la tête du parlement. Il faisait partie d'une liste de 400 Palestiniens, bannis en 1992 par l'Etat hébreu et exilés au Liban sud. Il est père de sept enfants. Selon son épouse, les soldats israéliens ont emporté avec eux deux ordinateurs et des documents du Conseil législatif palestinien lors de son enlèvement. Un porte-parole de l'armée israélienne a lié ce rapt à celui des 64 responsables politiques palestiniens, dont 8 ministres et 26 députés, le 29 juin, en Cisjordanie dans le cadre d'une campagne de grande envergure lancée par Israël dans cette ville après l'enlèvement, le 25 juin, d'un soldat israélien. «Nous l'avons arrêté car il s'agit d'un dirigeant du Hamas qui est une organisation terroriste», a-t-il précisé. Depuis le 25 juin, le Tsahal a lancé une vaste offensive qui a fait 150 morts parmi la population civile. Une dizaine sont morts dans la nuit de samedi à dimanche. L'avant-veille, 17 personnes, dont des enfants, sont mortes à Rafah. La destruction des infrastructures se poursuit au bulldozer. Le massacre des Palestiniens se fait à huis clos. Pendant que la communauté internationale garde les yeux braqués sur les carnages commis au Liban, grâce au concours des chaînes de télévision du monde entier, un autre génocide se déroule en catimini loin des feux de la rampe. On ne sait quelle est la priorité pour Israël. En s'engageant sur deux fronts à la fois pour les mêmes motifs -énoncés-, l'armée israélienne a voulu éliminer ses ennemis potentiels. Elle kidnappe des ministres et des députés, élus démocratiquement, sans émouvoir l'opinion internationale. Au nom de la légitime défense, et au mépris de la légalité internationale, elle se croit investie d'une mission divine sans qu'aucune loi terrestre ne puisse s'y opposer. Bush et son clone du conseil de sécurité, Bolton, applaudissent en bousculant l'Onu hors de son cadre légal. La chasse aux «terroristes» continue. Israël fait la guerre par procuration et s'en donne à coeur joie. Les Arabes trinquent. Ils vont se réunir pour la énième fois, semble-t-il. Le nazisme sous son nouveau visage vient de s'installer dans la région.