La conférence de presse qu'avait tenue avant les deux matchs prévus, depuis longtemps, a vu Djamel Belmadi, le sélectionneur national, se confiner dans une atmosphère, dans l'ensemble, somme toute, bon enfant. L'absence d'enjeu des deux futures confrontations (Ouganda et Tunisie) des Verts la semaine prochaine (ndlr), a fait que les interventions furent plutôt «amicales», et même tous les portables étaient éteints, au plus grand bonheur de l'entraîneur national, allergique aux désagréables sons des sonneries des phones. Belmadi et Aboud, entrèrent dans la coquette salle, la mine bien reposée. Sur les lieux, préférant la fraîcheur de la salle aux abords du centre, les nombreux et jeunes confrères, attendaient patiemment le début des hostilités de la conférence de presse. Contrairement aux précédentes réunions, qui étaient empreintes de suspicion, et de méfiance réciproque, cette fois-ci, tout le monde était super décontracté. Et Belmadi évoquera bien sûr, tout en félicitant les lauréats Benrahma et Mahrez, en coupe d'Europe, et l'USM Alger, pour sa brillante prestation en coupe d'Afrique, et en rendant un hommage appuyé à Boualem Charef, qui a mis le «goudron» sur le tapis de la route d'Abdelhak Benchikha, qui aura eu le privilège de gagner la coupe d'Afrique. Tout comme il nomma Madjer, comme étant «monsieur Rabah Madjer» qui a été le 1er joueur algérien à avoir eu la coupe d'Europe, en évoquant Riyad Mahrez qui a eu, lui, le triplé. Il n'a raté aucun joueur en félicitant les lauréats. Il a aussi nommé les inévitables Youcef Belaïli, Houssem Aouar, Ramy Bensebaïni, Ismaïl Benacer, Riyad Mahrez, Oussama Chita, Aïmen Mahious, Saïd Benrahma, chacun dans le registre qui lui sied. De toutes les manières, le sélectionneur national ne semblait pas effarouché à l'approche des dates fatidiques, car cela ne représentait pas de matchs capitaux. Une machine huilée Et donc, ces noms ont fait l'objet de commentaires assez favorables, en sachant que les autres joueurs appelés à la rescousse, ne l'ont pas été «comme ça», au p'tit bonheur, la chance. «Il y a derrière ce résultat toute une machine huilée, qui suit de très près, les évolutions de ces joueurs, les jeunes locaux, notamment. Il y eut une bonne question, en l'occurrence l'avis du sélectionneur national à propos d' une pseudo intervention de Med Raouraoua, qui aurait eu une communication téléphonique avec Raouf Bernaoui, ex-ministre de la Jeunesse et des Sports lui demandant de mettre fin aux fonctions de Kheireddine Zetchi, l'ex-président de la FAF et de Djamel Belmadi, coach national. Un murmure secoua la salle comme pour rappeler que cette question était déjà dépassée. N'empêche que cela appelait des précisions. Les présents connaissaient tous cette séquence de la vie du foot national et l'opinion qui attendait une réponse fraîche et édifiante, sera restée sur sa faim, puisque de réponse éventuellement de la part de Belmadi, point! Il a dit ne pas être au courant de ces problèmes. C'était en quelque sorte, pour le patron des Verts, que la «messe est dite»! Il n'avait pas envie de remettre en selle les batailles pour «le fauteuil de la fédération», la priorité allant aux deux matchs de cette semaine (ndlr). Puis le coach a longuement parlé des deux matchs à venir, tout en soulignant sa joie de revenir dans la «Coquette» dont la mauvaise situation en 2018, l'avait laissé sceptique car pour une situation, elle était vraiment «chaotique». «Nous allons essayer de voir à l'oeuvre la majorité d'entre les sélectionnés, et notamment les gardiens de but. Tout en ayant une fraternelle pensée pour Raïs M'Bolhi, «cet excellent et exemplaire gardien qui a eu le mérite d' être présent dans les bois durant une décennie.» Le cas Saïd Benrahma, ce joueur qui n'a encore rien prouvé en EN, selon un intervenant, pourrait éclater cette semaine, le frais titre de West Ham, en poche. Pour Bennacer, le coach regrette amèrement la blessure et compte bien le reprendre dès sa guérison. «J'espère qu'il reviendra rapidement, et surtout plus fort!», lancera-t-il en prenant soin de souligner agréablement qu'il «a toujours préféré le groupe à l'individu, même si certaines individualités sortent souvent du lot. Belmadi reconnaît honnêtement que l'arrivée de nouveaux joueurs, peut l'inspirer dans la recherche d'autres styles de jeu. «Ce sont surtout les joueurs qui vous poussent à imaginer des schémas tactiques allant avec leur classe, et leur talent. Houssem Aouar a eu sa part de félicitations après avoir rejoint la Roma. Les deux prochaines rencontres, dont l'amicale, contre le voisin de l'Est, la Tunisie, ont été à peine frôlées par Belmadi dont le souci numéro un, semble être les fameuses dates FIFA. Un problème! Il citera sans complexe d'autres joueurs locaux qui auraient pu rejoindre le groupe, il souligne par là, que d'autres éléments de l'USM Alger, auraient pu être là, si des pépins leur étaient arrivés, au mois de mai 2023. Pour ce qui de la sempiternelle question des joueurs locaux, l'entraîneur national l'a résumé en deux mots: «Non-débat!» Et en rappelant que c'était lui qui était derrière la venue de Madjid Bougherra, que Belmadi avait présenté comme un excellent élément de l'équipe, les éternels pessimistes auront compris qu'il n'était pas, par contre, derrière les changements de présidents de FAF, comme cela a été dit (méchamment) par le passé. Un mal indéracinable Ce qui est remarquable et contrairement aux précédentes conférences de presse, l'atmosphère était empreinte de sagesse, loin de toute provocation ou de déloyauté. Allez, disons le mot: «Sportif!» Quant à Youcef Belaïli, «en 2018, lorsque je suis arrivé en EN, personne ne parlait de lui ni dans les émissionsTV ni ailleurs. Alors, qu'on ne vienne pas me raconter des gnons. C'est une question de compétitivité! Lorsqu'il sera en état de revenir, il sera le bienvenu.» La fin des débats qui était sur le point d'être sonnée, a vu un vieux et ancien journaliste prier Djamel Belmadi de veiller à l'avenir aux «joueurs-juges de lignes,» ou si vous préférez, «des joueurs qui se comportent comme des juges assistants», qui, au moindre soupçon d'hors-jeu, lèvent le bras en signe «d'hors jeu», laissent filer le joueur adverse s'envoler tout seul, et, souvent marquer son but. C'est alors le rush du reste de l'équipe supposée «volée», qui entoure le pauvre referee, qui ne saura que brandir des cartons! Djamel Belmadi répondra qu'il ne connaît pas, personnellement ce genre d'athlètes. La remarque du vieux confrère allait dans le sens d'une saine discipline sur le terrain, en ayant un oeil vigilant sur l'équipe, et son équilibre. Car, bon sang, cette et dangereuse moche manière de faire, est à l'ordre du jour de toutes les équipes du pays. «L'arbitre est seul maître sur le terrain! Causer avec lui, ne sert absolument à rien!» Un mal indéracinable, quoi! Calme, sûr de lui, sans stress aucun Djamel Belmadi, aura répondu à toutes les questions, dans un climat, comme lui seul peut apprécier. Une heure de travail, sans couac, ni accroc, comme il aime en rencontrer. La fin de la conférence a vu une nuée de jeunes journalistes se ruer vers lui, serrant avec plaisir et chaleureusement sa main, demandant une photo, un autographe par- là, une signature par- là, signe évident que les jeunes savent à qui ils ont affaire. Qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, Belmadi reste le chouchou du peuple. C'est une évidence, même si ses adversaires signent et persistent: «Il fallait qu'il s'en aille lors du ratage de la coupe d'Afrique 2022, et de l'élimination en Coupe du monde de Qatar, en 2022!» Le peuple en a décidé autrement. Bon vent, Djamel! Le peuple du football est toujours derrière toi, donc rien à craindre. Après le flirt, les scènes... Toutes les rencontres entre les Tunisiens et leurs voisins de l'Ouest, ont toujours été marquées par une forte intensité. Les 1ères joutes ont eu lieu en 1958/1959, en pleine révolution de novembre 1954. Pour l'histoire rappelons simplement que les tout-premiers matchs ont vu les nôtres sortir du stade «Chadli Zouiten» de Tunis, larges vainqueurs. Les Algériens étaient si supérieurs que les spectateurs tunisiens, ne venaient au stade que pour les Algériens, sûrs d'eux, et dominateurs, car portant ce sacré écusson de Novembre 1954. Au lendemain de l'indépendance, chaque pays se réfugia chez lui et les confrontations prenaient un air assez «spécial». Les joutes rapprochèrent les gens des frontières, qui estimaient que le résultat de chaque match avait une connotation différente. Soixante-dix ans après, les statistiques donnent un résultat favorable aux deux pays. Autant de victoires pour les deux pays, tout comme, pour les défaites. Le match de mardi, même s'il avait le cachet «amical», a vu des écarts venir s'embrouiller au milieu de la fête crée par les fantastiques fans des Verts, qui n'étaient pas composés uniquement de supporters annabis. Il y avait les «Callois», «Guelmis», «Souk-Ahrassiens», M'Daourouchiens», «Tébessiens», «Beïdis», Constantinois, Azzabis» et Skikdis. Le résultat final plut beaucoup plus, que le jeu désordonné des locaux, pas encore au point sur tous les plans, en cette fin juin 2023. L'équipe en reconstruction, va devoir voir les vrais fans se complaire dans l'attente de la mise à niveau du «toit» de l'EN. N'en déplaise à certains «sorciers du foot», qui trouveront toujours à redire, à chaque sortie des garçons de Djamel Belmadi. Il est recommandé aux locataires de la maison «Algirè» de faire preuve de sang-froid, d'aller au-devant des succès attendus, surtout avec la prochaine arrivée de «stars» en renfort, pour reconquérir la coupe d'Afrique, et charger, sabre au clair, la Coupe du monde 2026. Avec plus de deux mois de repos, les capés auront repris leurs esprits, verront avec plaisir le moral remonter à la surface. Et puis l'autre bonne nouvelle lâchée par Djahid Zefizef, le boss de la FAF, a concerné du renfort en septembre 2023. C'est tout le mal que nous souhaitons à la troupe du staff de Djamel Belmadi, et un délassant et reposant... repos pour les millions de fans, qui sont d'ores et déjà, en pleine farniente 2023.