La numérisation du secteur de la santé en Algérie est un chantier en pleine effervescence. La directrice générale de l'Agence nationale de numérisation en santé (Anns), Mme Lamia Talbi, vient d'affirmer à ce propos que « le secteur accélère le processus de numérisation, considérée comme une plus-value » pour une gestion efficace et une prise en charge optimale des patients. C'est en marge de la 2e édition du Salon international de la santé, qu'elle a indiqué que le secteur « n'a de cesse de hâter l'application de la numérisation pour une gestion efficace et une prise en charge optimale des patients », signalant au passage « des rendez-vous pour des soins inter-hôpitaux à distance, dans l'esprit d'échanger des informations et de se concentrer, dans une première phase, sur la prévention en vue de rationaliser les dépenses ». Assurément, en mettant sur pied l'Agence nationale de numérisation, les pouvoirs publics affirment une réelle volonté politique de conférer au système de soins national l'efficience et la cohésion nécessaires. Notamment en réalisant l'objectif d'uniformiser le système de numérisation de la santé et permettre à tous les établissements de santé, à travers l'ensemble du territoire national, d'utiliser les mêmes applications ou le même logiciel. C'est ce qu'explique d'ailleurs en termes clairs Mme Talbi qui fait savoir que la stratégie de l'Agence après les efforts consentis par le ministère, se base sur une approche internationale à travers la numérisation de la documentation (la bibliothèque numérique) laquelle inclut l'enseignement électronique, avec le lancement de quatre projets de formation et de suivi sur le terrain. L'Agence, rappelle la même responsable, travaille en coordination avec plusieurs acteurs et avec différentes structures sanitaires en vue de faire réussir l'opération de la numérisation qui aidera énormément, estime-t-elle, toute la société, sachant que la mission « n'était guère facile » compte tenu de la complexité des interventions dans le secteur, où cohabitent le public et le privé. Panélistes et experts, présents au 2e Salon international de la santé, applaudissent l'avènement de la numérisation du secteur de la santé et appellent à appuyer cette démarche moderniste. Notons que l'Agence nationale de numérisation vient en remplacement de l'Agence nationale de documentation de la santé (Ands), sa mission consiste à coordonner les différents services, de réduire les dépenses tout en améliorant les conditions de travail et la qualité de la prestation des services. Des spécialistes en médecine, en droit et en informatique, ont donc appelé à accélérer la mise en œuvre de la numérisation dans le secteur de la santé, et ce, pour moderniser et rationaliser la gestion, ainsi que pour améliorer la prise en charge des patients. Le Pr. Abdelhak Lekhal, spécialiste en épidémiologie à l'hôpital Didouche Mourad, à Constantine met en avant le rôle de la numérisation dans la recherche scientifique en matière d'épidémiologie. « Les chercheurs dans les pays développés s'appuient sur la numérisation, notamment les bases de données », a-t-il fait savoir, rappelant la formidable efficacité de la numérisation et du digital lors de l'épisode Covid-19. Il a été alors possible de mettre en place des outils de contrôle au niveau des systèmes de santé permettant le diagnostic précoce de la maladie. L'expert en informatique, Bouabdallah Djellal met quant à lui l'accent sur la sécurité des données sanitaires, notamment le dossier du patient lequel suit un parcours en plusieurs étapes, à commencer par le diagnostic du patient au départ de ce dernier de l'enceinte hospitalière, qualifiant ces données de « sensibles et de sérieuses » en cas de leur fuite. Il appelle, à ce titre, à la nécessité de mettre en place un système de sécurité capable de faire face à toute cyberattaque. Le spécialiste en droit, Amine Satour, aborde les lois en vigueur régissant les applications numériques, dont nombreuses utilisent des informations personnelles sans l'aval des personnes concernées. Rappelons que les Assises nationales sur la modernisation du système de santé, ont été sanctionnées par plusieurs recommandations liées principalement à l'élaboration d'une stratégie nationale de la santé et de la numérisation ainsi que d'un cadre juridique, tout en accélérant la création de l'Agence nationale pour la numérisation du secteur, la codification de la numérisation du dossier médical du patient et la généralisation de l'utilisation d'un numéro d'identification nationale dans le domaine sanitaire.