Arezki, l'indigène de Djamel Bendedouche, a été chaleureusement accueilli par un public debout et des applaudissements nourris... Le Festival du film amazigh s'est poursuivi vendredi avec la projection en compétition des longs métrages. On peut citer Hnifa, une vie brûlée, un documentaire de Ramadan Iftini et Sami Allam. Un portrait présentant la vie de la chanteuse berbérophone, depuis sa naissance en 1942, jusqu'à sa mort, en 1981. Une grande dame de la chanson kabyle, dont le nom figure dans le répertoire culturel et artistique contemporain de l'Algérie, devient célèbre grâce à sa voix particulière qui a oxygéné la radio dans les années 1950. Une chanteuse populaire dont le destin était souvent comparé à celui d'Edith Piaf. Suivra le long métrage Mimezrane ou la fille aux stresses de Ali Mouzaoui. L'histoire d'une légende racontant la beauté d'une petite fille surnommée Mimezrane pour sa beauté et surtout ses belles tresses, mais avec des yeux étrangement tristes. Elle avait pour petit ami et confident, Hennouche, un malicieux petit garçon aux grands yeux noirs. Ils vécurent ensemble une enfance insouciante. Mais le temps passe et Hennouche devient chevrier à la voix mélodieuse. Mimezrane, quant à elle, lavandière et à l'occasion porteuse d'eau, reste, malgré la misère, la plus belle d'entre toutes. Un film intéressant et pur mettant en scène la tendresse et la naïveté des sentiments dans un décor des plus naturels. L'après-midi a été marqué par la suppression de la plupart des films marocains, sauf un. Il s'agit de Squelette de Yassine Fennanne. De retour au village après un séjour en ville, Houcine crie sur les toits qu'il veut vendre son corps à la science. Entre conflits d'intérêts et manipulations, le retour de Houcine va faire de la vie au village une grande mascarade. Le soir, c'est au tour de la projection du film de Djamel Bendedouche, Arezki l'indigène, déjà présenté la semaine dernière à Alger. Un film qui relate le parcours de ce fameux «bandit» d'honneur au XIXe siècle. Le seul film en compétition qui a été chaleureusement applaudi et suivi d'un riche débat animé entre public professionnel et néophytes et qui pourrait être pressenti pour l'Olivier d'or. La soirée fut achevée par un gala artistique animé par une pléiade de chanteurs kabyles, toujours à la Maison de la culture, et ce, pour célébrer la fête de Yennayer. Parallèlement à ces séances de cinéma, les ateliers d'initiation aux technologies de l'écriture cinématographique et à la réalisation se poursuivaient avec les stagiaires jusque tard dans la nuit pour que tout cela soit fin prêt et présenté le jour de la clôture. Un travail remarquable fait par un groupe de Suisses très sympathiques. Un point positif enfin pour ce festival, tout de même!