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Deux peuples, une histoire et un destin commun
1er tour de manivelle d'une production algéro-tunisienne
Publié dans Liberté le 25 - 02 - 2009

Le 1er tour de manivelle du long métrage L'Avenue des palmiers blessés du réalisateur tunisien, Abdellatif Ben Ammar, a eu lieu samedi dernier à Bizerte, en Tunisie. Ce film est une fusion algéro-tunisienne produite par Dumar Films, du côté tunisien, et Procom International, du côté algérien. Prévu initialement pour le 8 janvier, le début du tournage a été décalé plusieurs fois en raison des intempéries, mais le 21 février dernier, c'était le grand jour.
Samedi dernier à 17h donc, une heure à peine avant le début du tournage, les nerfs étaient à fleur de peau et le stress avait atteint son paroxysme. Et puis il y avait cette attente. Toute l'équipe du film, entre techniciens et comédiens, était dans une attente... interminable ! La fin du calvaire est arrivée aux environs de 18h, lorsque le mot “action” fut lâché.
Et c'est parti pour une nuit interminable de travail, qui n'est en fait qu'un avant-goût pour les deux mois que durera le tournage de ce film si important, que ce soit pour la Tunisie ou pour l'Algérie. Pourtant, dans la journée qui a précédé ce 1er tour de manivelle, l'ambiance était détendue et le rassemblement de l'équipe du film prenait à bien des égards des allures de fête et/ou de colonies de vacances. Mais ce n'est qu'une impression ; dans le fond et malgré l'aisance naturelle d'Abdellatif Ben Ammar et de ses poulains, l'appréhension était bien présente. Après environ deux heures de travail sans relâche, un cocktail a été organisé pour les invités, les amis ainsi que la presse tunisienne, présente en force. Tout de suite après, le travail a repris jusqu'à 4 heures du matin. Quelques heures de sommeil et retour au boulot, puisque le droit à l'erreur n'est pas permis dans un univers professionnel où chaque minute compte.
L'Avenue des palmiers blessés, qui a demandé dix années au cinéaste tunisien, Abdellatif Ben Ammar, pour écrire le scénario, revient sur les évènements de Bizerte de 1961 qui ont duré seulement deux jours ; toutefois 5 000 hommes ont été emportés par cette guerre, cette tragédie. Mais l'action se passe en 1991, dans un contexte mondial très tendu puisque la guerre d'Irak se prépare. Avec des fragments de génie et un concentré de talent, Abdellatif Ben Ammar croise dans sa fiction deux guerres, deux injustices, deux non-sens où des milliers d'hommes ont été sacrifiés, ignorant eux-mêmes les raisons de ce sacrifice. L'héroïne Chama est une jeune Tunisienne diplômée en sociologie, orpheline de père et confrontée à l'inévitable problème de chômage. Son amie, Nabila, d'origine algérienne et mariée à Noureddine, un musicien en mal de création, l'héberge chez elle à Bizerte et lui trouve un travail. En fait, Chama accepte de dactylographier le manuscrit d'un homme qui se dit écrire la vérité sur ce qui s'est passé à Bizerte en 1961, à savoir l'affrontement ou la confrontation entre la France et la Tunisie autour de la base navale militaire de Bizerte. Parmi les 5 000 hommes tombés au champ d'honneur, le papa de Chama. Cette dernière est donc impliquée et de très près par ce qu'elle dactylographie, d'autant que le vieil homme s'avère un menteur qui, au lieu de réhabiliter l'histoire, il la falsifie.
Aidée par Noureddine avec qui elle cultive une amitié, Chama part à la recherche de la vérité. Mais par où commencer, d'autant que certaines vérités ne sont pas toujours bonnes à entendre ?
Le chemin sera long, sinueux et non sans difficulté. Elle renoncera à beaucoup de choses, même à l'amour de Khalil, pour aller au bout de sa “légende personnelle”.
Abdellatif Ben Ammar traite donc des faux intellectuels, des faux moudjahidine, des falsificateurs qui s'approprient les exploits et les accomplissements de ceux qui défendaient et croyaient réellement en une cause. Falsifier l'histoire pour se glorifier, n'est ce pas la pire des horreurs qui peut être commise ?
Une phrase dans le scénario pourrait répondre à cela : “Ceux qui ont participé à la guerre de Bizerte sont morts là-bas.”
Avec finesse, Abdellatif Ben Ammar traite de l'histoire par le biais de la mémoire, donc ce qui intéresse le cinéaste, c'est l'homme dans le tumulte de la guerre.
Ce qui est intéressant également à travers L'Avenue des palmiers blessés, c'est que les séquelles de ces guerres, notamment celle de Bizerte, sont vécues et partagées par toutes les populations du Maghreb, voire du monde entier. Les Tunisiens, tout comme les Algériens d'ailleurs, se cherchent : le bonheur, la paix, les origines, les identités… Ils courent après un rêve insaisissable parce qu'ils ne connaissent de leur histoire que ce que le manuel de l'école leur a appris. Est-ce suffisant tout cela ? Certainement pas…
La part de l'Algérie
Le rôle de Chama est incarné par la comédienne tunisienne Leïla Waz, qui s'offre grâce à Chama son premier grand rôle au cinéma, après une petite apparition en 2004, sur grand écran. Diplômée de l'Institut d'art dramatique, Leïla Waz qui s'est spécialisée dans le théâtre pour enfants, et l'enseigne aux tout petits, se voit ainsi par le rôle de Chama offrir un rôle important et compliqué à la fois.
Bien que l'Algérie ne compte qu'un seul technicien, à savoir un assistant caméra, la participation des comédiens est un peu plus importante avec l'époustouflante Rym Takoucht, qui a brillé par son rôle dans Mascarades de Lyes Salem, et qui incarne dans L'Avenue des palmiers blessés Nabila, un rôle principal et important. D'ailleurs pour la petite histoire, c'est dans ce film qu'Abdellatif Ben Ammar l'a repérée. Le casting compte également la star montante Hassan Kachach qui a incarné le Lion des Aurès, Mostefa Ben Boulaïd, dans Ben Boulaïd d'Ahmed Rachedi. Notons également la participation de la comédienne Aïda Kechoud, de Larbi Zekkal, ainsi que celle de Mohamed Yargui qu'on connaissait en tant que réalisateur de courts métrages, et dont le dernier Houria a décroché l'Ahaggar d'Or au premier Festival du film arabe d'Oran. Le chef d'orchestre, arrangeur et compositeur algérien, Farid Aouameur, signera la musique du film. Financé à 80% par la Tunisie et à 20% par l'Algérie, bien que la Télévision algérienne n'ait pas débloqué de fonds comme il était initialement prévu, L'Avenue des palmiers blessés sera tourné entre Tunis et Bizerte. Le site ou encore le lieu de tournage à Bizerte est tout simplement magnifique. Localisée à la sortie de la ville, une maison extraordinairement bien située qui surplombe à la fois la mer et la ville a été construite expressément pour le film.
L'Avenue des palmiers blessés sortira certainement l'année prochaine, et sera très attendu des deux côtés de la frontière, d'autant que le besoin de ce genre de films est très grand. De plus, ce travail pourrait ouvrir le champ encore vierge et fertile de la coproduction entre les deux pays qui appartiennent à la même sphère et partagent les mêmes revendications.
Sara Kharfi


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