L'affaire traitée récemment par le tribunal de Dellys concernant le détournement de 12 millions de DA de la caisse du GSPC par deux terroristes B. A. et A. T. au profit de leur famille prouve, une fois de plus, que l'argent du racket est bel et bien investi dans des affaires commerciales le plus souvent gérées par les parents de terroristes. C'est un enregistrement audio, découvert à Sid-Ali-Bounab le 5 juin dernier sur le corps sans vie de deux terroristes, qui a permis aux services de sécurité de remonter jusqu'au frère d'un des deux terroristes qui s'est vu offrir les 12 millions de DA des mains de son frère B. M. pour les investir et mettre à l'abri les besoins de la famille. Mais une violente dispute sur le partage du reste de l'argent entre les membres du groupe terroriste s'est terminée dans un bain de sang. Ainsi, B. A. et A. T. seront égorgés par leurs acolytes. Les supplices des deux terroristes seront enregistrés dans une cassette. Celle-là même qui sera découverte près des cadavres. Le groupe terroriste exige, deux jours plus tard, de B. M. (le frère du terroriste B. A.) la restitution des 12 millions de DA. Pris de panique, ce dernier n'avait d'autre solution que de remettre l'argent aux bourreaux de son frère. La somme sera remise à Tadmaït mais pas dans sa totalité puisque B. M. avait déjà dépensé, selon l'arrêt de renvoi de cette affaire, 30 millions de centimes dans des sorties effectuées dans les bars à Tizi Ouzou. G. M. sera condamné par le tribunal de Dellys à un an de prison. Quant aux 11,7 millions de DA restants, ils seront partagés entre les autres terroristes du groupe pour les besoins de leur famille. Cette affaire, comme beaucoup d'autres, a permis de lever le voile sur les guerres que se livrent les différents groupes terroristes pour profiter de la manne financière mise en place grâce à l'argent du racket dans différents maquis du GSPC. Il y a près de six mois, les services de sécurité de la wilaya de Boumerdès ont arrêté un membre de la seriat de Zemmouri qui aurait blanchi de l'argent du GSPC dans des activités agricoles. Le mis en cause, un jeune fellah de la région, âgé de 33 ans, aurait acquis du matériel agricole grâce à l'argent du racket pour développer des parcelles de terre dont les bénéfices tirés servent à alimenter les caisses du GSPC, notamment celles de katibat El-Arkam qui sévit dans la région. Lors de leurs investigations, les services de sécurité auraient établi un lien entre les projets d'investissement lancés par le mis en cause et les groupes armés. Du matériel agricole et des machines avaient été récupérés lors de la perquisition effectuée par les services de sécurité au niveau de la ferme où exerce ce fellah. Que ce soit le transport public, le pillage de sable ou l'agriculture, les créneaux juteux ne manquent pas aux éléments du GSPC pour blanchir leur argent.