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Le roi tente de prémunir son pays du tsunami révolutionnaire arabe
Rentré précipitamment chez lui, Abdallah d'Arabie saoudite arrose ses sujets
Publié dans Liberté le 26 - 02 - 2011

Fait inédit, la colère arabe souffle également sur le Golfe où elle soulève une inquiétude grandissante dans les monarchies pétrolières, à commencer par l'Arabie Saoudite.
Pressentant la propagation du vent de la colère en Arabie saoudite, le roi Abdallah est rentré précipitamment dans son pays pour annoncer sur le tarmac une première salve de mesures à visée sociale. Le feu de la révolte arabe est aux portes de son pays, l'Arabie saoudite en est même cernée. À l'ouest, les Yéménites sont plus que jamais déterminés à chasser leur tyran, un ex-socialiste reconverti au libéralisme version bazar, mais avec des lois liberticides pour sa population, au pouvoir depuis trente années. À l'est, dans le golfe Arabo-persique, les Bahreïnis on fait le même serment contre le prince qui s'est d'ailleurs empressé de consulter Abdallah dès le retour précipité de celui-ci à Ryad. Les insurgés, pour la plupart des chiites considérés comme des Bahreïnis de seconde classe, lui ont tout même laissé une porte de secours : le roi pourra rester s'il consent à cohabiter dans une monarchie parlementaire.
La couleur est ainsi annoncée pour tous les rois et princes de la région, menacés eux aussi malgré l'aisance matérielle dont bénéficient leurs populations. Abdallah, leur chef de file, est lui conscient de cette perspective qu'il tente d'éviter sinon de repousser. Il sait que l'Arabie saoudite n'est plus une exception, que le régime wahhabite n'est pas à l'abri d'un éventuel soulèvement populaire. N'en déplaise aux derniers amuseurs des dictatures et autocrates arabes, la théorie des dominos joue à plein tube. Les pouvoirs arabes sont aujourd'hui menacés, voire vacillants, contaminés par le vent de révoltes qui, en moins de deux mois, a déjà balayé deux dictatures (Ben Ali et Moubarak). Les peuples arabes ont transcendé leur peur et divisions idéologiques pour recouvrer la dignité et les libertés démocratiques, malgré les violences de leur pouvoir dont la caricature est le génocide perpétré par Kadhafi et ses fils contre le six millions et demi de Libyens. Et fait inédit, ce vent souffle également dans le Golfe où il soulève une inquiétude grandissante dans les monarchies pétrolières, à commencer par l'Arabie saoudite. Déjà très impliquée à sa frontière sud, au Yémen où des troupes saoudiennes aident le régime du président Ali Abdallah Saleh à contenir une opposition composite, Riyad est tétanisé à l'est, sur le petit royaume insulaire de Bahreïn, sa porte sur le Golfe et le lieu de villégiature (alcool et sexe) pour ses classes moyennes, où des manifestants réclament la fin de la dynastie des El-Khalifa, des sunnites qui règnent sur une majorité chiite depuis le XVIIIe siècle.
La famille El-Khalifa compte sur le soutien sans faille de son voisin saoudien. La flambée révolutionnaire se produit tout près de ses provinces pétrolières orientales, de l'autre côté du pont de 24 kilomètres qui relie la péninsule à Bahreïn. Mais que peut faire Abdallah qui n'est pas à l'abri d'une contamination bahreïnie ? Si Manama avait toléré son opposition chiite, en particulier le grand parti chiite Wefaq avec lequel vont s'ouvrir des discussions pour entamer des réformes réelles, Ryad a toujours nié et combattu ses chiites. Comme ses pairs autocrates et dictateurs, Riyad brandit aussi le spectre de l'ingérence étrangère et n'a de cesse de soupçonner l'Iran de vouloir entrer dans la bergerie pétrolière.
La querelle sur la nature arabe ou persique du Golfe n'est bien évidemment pas seulement sémantique, mais de toute évidence, cette fois, la grille de lecture sunnite-chiite ne suffit pas du tout à décrire la déchirure dans le Golfe arabe. Il y a aussi des sunnites aussi pour demander des réformes sinon les têtes des rois et princes. Changement de génération, des appels à des journées de colère prolifèrent sur le royaume des Wahhabites. Ce sont des jeunes, étudiants ou chômeurs qui donnent le tempo de la révolte. Dans les monarchies pétrolières, c'est toute une génération éduquée et au fait des affaires du monde qui ne parvient plus à trouver sa place dans les fonctions publiques civiles et militaires qui absorbaient jusqu'à récemment les intelligentsias nationales en mal de promotion sociale. La jeunesse piaffe d'impatience pour bousculer les anciens équilibres des pouvoirs, comme en Egypte et en Tunisie, pour entrer dans le jeu politique.
Et puis, en voie de paupérisation depuis une dizaine d'années pour cause de tarissement des budgets pétroliers, c'est aussi toute une classe sociale en Arabie saoudite qui a vu s'effacer l'Etat providence de sa monarchie pétrolière. C'est d'ailleurs dans la péninsule arabique que le système de redistribution des recettes pétrolières s'essouffle et la génération montante frappe à la porte du pouvoir.


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