Les ennuis ont commencé le 8 mai dernier, lorsqu'une vingtaine d'employés décidé de fermer l'usine Algal. Une seule revendication : le retour au statut d'entreprise publique et la remise en cause des conditions de cession des actifs de l'entreprise. La mafia des déchets ferreux et non ferreux ne manque ni de détermination, encore moins d'imagination, pour continuer à défier les lois de la République. L'exemple le plus frappant nous vient de M'sila, cette wilaya où, semble-t-il, la loi de la jungle reste au-dessus des lois de la République. L'usine d'aluminium, l'une des plus importantes du pays, est fermée depuis deux mois par une poignée de travailleurs, malgré une décision de justice, un constat d'huissier et des plaintes déposées pour séquestration et agression. De quoi s'agit-il ? L'entreprise Algal (publique) a été privatisée en 2006. Une année auparavant, le syndicat d'entreprise avait donné son accord. Le CPE avait validé la cession des actifs industriels de l'usine d'aluminium de M'sila en 2007. L'investisseur, un Algérien, associé à des Jordaniens, a eu du mal à obtenir le livret foncier, étant donné que l'usine était saisie par la Cnas. Il aura fallu attendre 2008 pour l'obtenir. Lorsque les nouveaux investisseurs sont arrivés, l'entreprise comptait 230 salariés. Elle cumulait un déficit de 2,3 milliards de dinars et était en situation de faillite. Les équipements ont été rénovés, un personnel a été recruté et formé sur site. En 2011, la société compte 400 salariés, dont près de 300 nouveaux recrutés. L'entreprise a ouvert de nouveaux marchés à l'export, notamment vers la Grande-Bretagne, la France et la Tunisie. L'usine a été mise à niveau sur le plan environnemental et dispose d'un label international en matière de valorisation des déchets d'aluminium. Pour son P-DG, Farid Dekar, “nous sommes à jour, que ce soit sur la question des salaires ou celle des taxes”. Les ennuis ont commencé le 8 mai dernier lorsqu'une vingtaine d'employés ont décidé de fermer l'usine. Leur seule revendication : le retour au statut d'entreprise publique et la remise en cause des conditions de cession des actifs de l'entreprise. L'inspection du Travail a signalé l'illégalité de la grève. Le procureur a envoyé un huissier de justice qui a constaté et confirmé les faits. Un jugement de réouverture des portes afin de permettre aux employés qui le désirent de reprendre le travail a été rendu. Malgré la décision exécutoire, l'usine reste toujours fermée. Les employés sont terrorisés par la bande qui a pris la décision de fermer l'usine. Cette bande a séquestré le matériel, les voitures appartenant à l'entreprise et, pire encore, a saccagé le lieu où devait se tenir une conférence de presse du P-DG de l'entreprise, agressant des employés. Malgré la plainte déposée, aucune suite n'a été donnée. Les agresseurs bénéficieraient d'une impunité et d'une couverture solide, dont seule M'sila connaît le secret. Le P-DG d'Algal + demande que soit respectée la propriété privée, comme le stipulent la Constitution et les lois de la République, et que soient levées les entraves au droit au travail. “Je veux ouvrir mon usine dans la légalité”, martèle-t-il. Mais à M'sila, la mafia des déchets ferreux et non ferreux semble avoir le bras long, y compris auprès de certains “correspondants” de presse. Il n'y a qu'à voir les séances de ventes aux enchères des déchets ferreux et non ferreux, où il suffit de se munir d'une pièce d'identité pour acheter des tonnes de déchets qu'on revend, malgré l'interdiction, à l'étranger, à prix d'or, pour comprendre l'acharnement de cette mafia contre toute tentative de remettre en cause leurs “acquis”. Le tout se fait cash, sans aucune trace, sans aucune taxe, au mépris des lois et au détriment de la production nationale.