Organisée par l'association Oujda Arts (sous le haut patronage du Roi du Maroc), et placée sous le signe du “renouveau”, la cinquième édition du Festival international du raï, qui a commencé jeudi passé, a pris fin samedi, à l'esplanade du Stade d'honneur, en présence de dizaines de milliers de spectateurs, qui ont assisté au concert de Mami et à celui de la star marocaine, Samira Bensaïd. La dernière soirée, celle de samedi, a débuté avec la prestation du Dj. Sem (le venin). Ce magicien des platines, auteur de la célèbre compilation, Sem all night, et des non moins célèbres Beverly raï et Sem raï, a enthousiasmé le public avec une série de mix. Des sons old-school mêlés et combinés à des rythmes orientaux et house. Il a été relayé par Kamel El-Oujdi, un des pionniers de la musique raï au Maroc. Puis vint le tour du groupe mythique Raïna Raï, de Sidi Bel-Abbès et celui du chanteur Larbi Dida (de Sfisef). Les artistes ont offert au public quelques-uns de leurs plus beaux titres, notamment Ya Zghaïda et Ha ray. Lotfi Attar a proposé de sublimes morceaux instrumentaux, et ce pour le grand bonheur de l'assistance. La deuxième partie de la soirée a été marquée par la prestation de l'une des plus célèbres artistes marocaines, qui a construit une longue et brillante carrière dans le monde arabe : Samira Bensaïd (Saïd pour les Moyens-Orientaux). Le prince du raï Mami, pour la première fois à Oujda, a déchaîné les passions lors de sa prestation. Avec une énergie débordante, il a repris ses anciens tubes (en attendant son nouvel album prévu pour les mois prochains), entre autres, Bladi hiya El-Djazaïr, Adouha aliya, Omri ma denit, Fatma, Meli meli. Cependant, il y a lieu de signaler que lorsque Mami chantait Bladi hiya El-Djazaïr, le public a commencé à siffler et à scander : “quatre à zéro”. Mami cédera à la provocation puisqu'il a interrompu sa chanson, tout en lançant à l'adresse de la foule : “Bessaha alikoum”. Plus tard, Mami sera rejoint par Samira Bensaïd, et tous deux ils reprendront leur duo, Youm wara youm. Par ailleurs, les deux premières soirées du Festival (jeudi et vendredi) ont été marquées par les concerts de grands artistes, connus pour leur talent et leur singularité. C'est cheb Bilal qui a fait le show la première soirée. Pour leur part, Sami Raï, Mokhtar El-Berkani, Abdelaziz Stati, Dj. Sem, Chico and Gypsies (Chico étant originaire d'Oujda), Talbi One, Rachid Kasimi, Latino Groove Project (de Marseille), cheba Assia, Najet Atabou, ainsi qu'une formation d'Amérique latine (fusion Salsa et musique orientale), ont mis le feu lors de leurs prestations. Mohamed Lamine a subjugué le public oujdi, en présentant des chansons inédites, notamment, Ana maâlabalich bik, Yamina, Ana ou ana, et Anti mâaya. Quelques jours avant le début du festival a eu lieu la finale de Raï academy. Dix finalistes se sont produits devant le grand public de la place Ziri-Ibn Atiya, et des jurys ont sélectionné trois lauréats. Ces derniers se sont produits sur la grande scène, dans le cadre du Festival international du Raï. A. B.