D'un homme public et surtout d'un chef d'Etat, resurgissent, juste après l'oraison funèbre, le parcours et l'itinéraire comme testament de l'homme au-dessus du citoyen anonyme. Dans le cas du troisième Président algérien, choisi comme candidat par le congrès du puissant parti-Etat, le FLN, malgré des postulants qui étaient déjà sur le devant de la scène, à l'image de l'actuel Président, le choix opéré par l'oligarchie de l'époque a porté sur un homme sincère, assurément, apolitique et loin des comploteurs. Le Chadli militaire, cité en exemple, a laissé place à un chef d'Etat vite pris en charge par un groupe d'influence qui voulait sortir du giron étouffant du parti unique, d'autant que le Bloc socialiste sur lequel le pays était adossé montrait des fissures avec la chute du mur de Berlin. Le discours de Chadli, en septembre 88, est resté dans les annales. Il mettait sur la place publique, pour la première fois, des dissensions avec ceux qui l'ont porté au pouvoir. La réponse ne tarda pas avec le 5 Octobre de la même année. Pour sortir de ce guêpier, le Président s'échina à faire bande à part en prenant des décisions hâtives, comme la libéralisation de l'économie avec des hommes qui ont des réflexes socialistes depuis des années, les premiers lobbies ont trouvé un champ libre pour se constituer et perdurer à ce jour, on a monté de toutes pièces un danger berbériste et communiste quand les islamistes accaparaient des postes idéologiques comme l'école et l'information. Pour couronner le tout, il fit appel à Brahimi pour déstructurer l'économie et fragiliser les grandes entreprises stratégiques, aujourd'hui disparues ou dans un état moribond. Quant à l'ouverture du champ politique, elle s'est faite par un Président contraint et forcé, d'une part, à casser la chape de plomb d'un FLN omniprésent et du fait d'une reconfiguration idéologique mondiale, d'autre part. Ensuite, Octobre a compté ses morts, pour la majorité des jeunes dont les parents n'avaient pas accès, sans bon, à un véhicule ou à un frigo. L'ouverture tous azimuts du marché, prémices de l'actuel marché informel et sa mafia tentaculaire, avec le programme anti-pénurie, n'a fait qu'aggraver les choses. Situation attendue par les islamistes pour prendre d'assaut et avec violence un Etat sans tête au sommet. C'est un constat fait dans l'urgence en attendant que l'histoire récente apporte les éclaircissements nécessaires. A O [email protected]