Le secret entourant les noms des prétendants au poste de président du MSP a été scrupuleusement gardé jusqu'à une heure tardive du troisième et dernier jour du 5e congrès du parti. Personne parmi les congressistes ne pouvait dire qui remplacera réellement Abou Djerra Soltani à la tête du mouvement, même si les candidatures de Abderrazek Mokri et Abderahmane Saïdi, respectivement vice-président et président du madjliss echoura sortant, sont évoquées avec insistance sous forme d'un dualisme entre la mouvance radicale du parti et l'aile plus conciliatrice. Mais ce qui paraissait comme une évidence cédait du terrain aux doutes et aux spéculations au fur et à mesure que le rendez-vous organique approchait de sa fin sans que l'on communique davantage sur l'identité potentielle du futur président. Certains iront jusqu'à dire que peut-être le changement annoncé ne se produira pas. Abou Djerra Soltani a, en effet, déclaré qu'il quittait les commandes du MSP, qu'il a détenues pendants dix ans (2003-2013). Il n'en demeure pas moins qu'au moment où nous mettons sous presse, l'éventualité de sa reconduction à cette fonction, par les grâces de la caution (tazkia) des membres du conseil consultatif, n'était pas tout à fait écartée. D'autant que la nouvelle règle, introduite dans les statuts du parti, ne pouvait produire d'effets rétroactifs, à moins que... Les congressistes ont entériné, vendredi en soirée, la proposition inhérente à la limitation des mandats du président du mouvement à un seul, renouvelable une fois. C'est pour la première fois qu'une formation politique, depuis l'avènement du multipartisme en 1989, institue, par voie réglementaire, le principe de l'alternance. Une orientation qui renseigne parfaitement sur la position du parti vis-à-vis de l'article de la Constitution, amendé en 2008 dans le sens de l'illimitation des mandats du président de la République, circonscrit auparavant à deux au maximum. Il a été consigné, en outre, dans les nouveaux textes fondateurs du MSP, la création d'une instance nationale indépendante de discipline et la réservation de sièges au madjliss echoura national à des catégories de militants représentatives. Ainsi, 40 sièges sont attribués d'office aux femmes, 5 aux jeunes et 10 aux compétences. Ces dernières seront désignées directement par le président du parti. Dans la résolution de politique générale, les congressistes ont validé, dans leur majorité, les conditions de participation du parti au gouvernement, en se référant, dit-on, aux critères universels. Le MSP siège automatiquement au gouvernement s'il obtient une majorité confortable aux élections législatives. Le cas échéant, il se positionnera, soit dans l'opposition, soit contractera des alliances. Cela dépendra des conjonctures politiques. S H Nom Adresse email