Le choix porté sur la ville d'Oran par l'Organisation nationale du patronat et des entrepreneurs (ONPE) pour annoncer, hier, son positionnement par rapport à la prochaine tripartite n'est pas le fait du hasard. Son président, Fellah Messaoudi, a voulu se démarquer des autres syndicats patronaux dans la perspective d'une "vision économique globale". Il soulignera, à cet effet, l'importance du "programme du président de la République" qui sera appuyé par "un plan d'action que l'ONPE met actuellement en place en collaboration avec l'université algérienne", a-t-il affirmé. Flanqué de Rachid Harraoubia, d'Amar Tou et de Mohamed Seghir Kara, respectivement anciens ministres de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, des Transports et du Tourisme et de l'Artisanat, le président de l'ONPE s'est presque confondu en excuses quant "au boycott de la dernière tripartite gouvernement-patronat-partenaire social". "Nous n'avons à aucun moment boycotté la tripartite, tout au plus si nous avons pris du recul pour participer à la prochaine rencontre juste après la constitution du nouveau gouvernement", a-t-il assuré. Il annoncera : "Nous allons soutenir le président de la République sur le terrain, rue par rue, village par village et wilaya par wilaya." Il ne manquera pas d'asséner "à certains syndicats patronaux" leur "effervescence syndicale entretenue dans les salons feutrés". Amar Tou appuiera les assertions de l'orateur en confirmant que "notre soutien au président de la République est indéfectible". Il brossera un bref tableau sur la situation économique du pays qui "était paralysée en 1999 avec une croissance de moins zéro". Selon lui, plus 770 000 petites entreprises employant moins de neuf personnes, soit un taux d'employabilité de 2,74%, "auront besoin d'un nouvel apport de 700 000 nouvelles PME dans les cinq ans à venir pour juguler le chômage en créant quelque 7 millions de postes de travail". Une nouvelle équation économique qui "exigera de la main d'œuvre étrangère", dira-t-il. Ainsi et pour parachever le programme économique du Président, il est essentiel, selon Amar Tou, de réfléchir à de nouveaux mécanismes concernant l'utilisation de "plus de 3 000 milliards de dinars qui sont entreposés dans les banques". Les dettes contractées par les jeunes porteurs de projets dans le cadre des organismes d'appui, comme l'Ansej, l'Angem ou encore la Cnac, sont poliment éludés par les anciens ministres, préférant abonder dans le sens du poil. Rachid Harraoubia et, dans une brève intervention, fera remarquer que "l'université algérienne est à l'avant-garde de l'économie nationale dans les différents secteurs de la production grâce à l'enseignement supérieur dispensé par 50 000 enseignants universitaires". Cette énonciation, qui sonne comme une caution à l'ONPE, aura eu le mérite d'annoncer la participation de cette organisation patronale à la prochaine tripartite. Amar Tou, qui s'est réjoui de "clôturer la campagne électorale à Oran", a estimé qu'il est temps de "remplacer la rente pétrolière en créant des emplois par la biais de la petite, moyenne et grande entreprise". K. R-I Nom Adresse email