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Dr Mourad PREURE (*), expert pétrolier international, Président du Cabinet Emergy, à Liberté
"Il y a un désintérêt des compagnies étrangères pour l'Algérie"
Publié dans Liberté le 22 - 10 - 2014

Dans cet entretien, le spécialiste des questions énergétiques explique les raisons de la désaffection des compagnies étrangères à l'égard du domaine minier national.
Liberté : Pourquoi le partenariat avec les compagnies étrangères est incontournable dans le développement des ressources en hydrocarbures ainsi que dans la confirmation du potentiel de gaz de schiste ?
Mourad Preure : L'industrie pétrolière est une industrie à risque, risque géologique, technologique, financier et commercial, enfin risque géopolitique. Les compagnies pétrolières raisonnent toujours en situation de ressources rares. Elles veillent toujours à partager ce risque. Sonatrach n'échappe pas à la règle. Il serait hasardeux pour elle de mettre ses capitaux seule sur un projet d'exploration. Outre le fait que le partenaire apporte aussi la technologie et son pouvoir de négociation avec les sociétés de service pétrolier sous-traitantes, il prend une part importante du risque lié à l'exploration. Il n'est pas concevable de s'en passer.
Particulièrement pour les hydrocarbures non conventionnels où le risque technologique est plus élevé, s'agissant d'une industrie émergente. Vous évoquez notre potentiel en gaz de schistes. Je crois que détenir des ressources en hydrocarbures est toujours une bonne nouvelle. Reste à regarder de près l'importance de ces ressources, l'économie des projets et l'aspect environnemental. Nous sommes crédités de ressources d'un niveau représentant environ quatre fois celles en gaz conventionnels. Nous ne pouvons parler à ce stade que de ressources, pas de réserves. Il faut effectuer des forages d'exploration et des études pour apprécier et évaluer le potentiel des réservoirs.
Ce que j'en retiens surtout, c'est que contrairement à ce pessimisme ambiant, voilà encore une preuve que notre avenir pétrolier et gazier est devant nous. Il faut savoir que l'accroissement de l'offre mondiale de pétrole et de gaz dans les prochaines décennies sera dominée par les hydrocarbures non conventionnels, et il ne serait pas sage pour Sonatrach de se mettre en marge du développement industriel et technologique dans notre secteur, de ne pas se mettre en veille dans des technologies émergentes.
Le progrès technique fournira, j'en suis convaincu, des solutions technologiques rentabilisant les projets et respectant l'environnement. Nous avons trop tendance à idéologiser le traitement des questions économiques dans ce pays, à les passionner inutilement. L'industrie pétrolière a toujours été surveillée de près quant à son impact sur l'environnement et elle a souvent été mauvais élève. Mais elle est difficilement remplaçable. Les hydrocarbures conventionnels n'ont pas été moins polluants, soyez-en sûrs.
Comment expliquez-vous les raisons de l'échec du quatrième appel d'offres ?
Je pense qu'il ne faut pas voiler la réalité, c'est en effet un échec. Il faut, à mon avis, regarder les choses dans leur globalité pour comprendre la désaffection des compagnies pétrolières pour l'amont algérien, pourtant indiscutablement prospectif. Et je persiste et signe, contrairement à un pessimisme entretenu, le sous-sol algérien nous réservera encore de très heureuses surprises. On a, une décennie durant, géré de manière irresponsable ce secteur, la conséquence est ce trou d'air que traverse notre production et le désintérêt des compagnies pétrolières pour l'Algérie. J'ai dit plus haut que notre industrie est une industrie à risque. Les pétroliers n'aiment pas trop les changements intempestifs de législation. Le facteur humain est aussi très important dans les relations d'affaires. L'Algérie était connue pour la qualité et la stabilité de sa législation pétrolière. Durant vingt ans, de 1986 à 2005, la loi 86/14 n'avait pas été modifiée. Le type de contrat en cours dans cette loi, le contrat de partage production, est parfaitement maîtrisé par les juristes des compagnies pétrolières. En une année, la loi a été modifiée deux fois de suite. Pour aggraver les choses, les responsables qui étaient les vis-à-vis des compagnies étrangères, et qui étaient des professionnels respectés dans le métier, ont été poussés à partir (nombreux ont rejoint les compagnies pétrolières et de service, d'ailleurs). Ainsi l'image de l'Algérie a été brouillée et nous en payons le prix. Le développement de l'amont gazier a été stoppé alors que le gisement de Hassi Rmel, de manière irresponsable encore, a été exagérément sollicité pour permettre au pays de tenir ses engagements contractuels vis-à-vis des clients européens. Le modèle technologique de production de ce gisement a été violé, on a réduit la part du gaz devant être comprimé et réinjecté dans le gisement pour maintenir la pression. La conséquence est le déclin accéléré de notre production et une baisse tendancielle de nos exportations, alors même que la demande interne explose sans que l'on ne recherche de manière résolue une meilleure efficacité énergétique.
Le partenariat avec les compagnies étrangères est en panne. Comment favoriser la dynamique partenariale en vue d'augmenter rapidement nos réserves d'hydrocarbures et saisir ainsi les opportunités de marchés à l'international ?
Une réflexion sur la législation me semble nécessaire. Ce qui importe c'est l'intérêt national, et tout doit être remis à plat pour comprendre cette situation de désaffection pour notre domaine minier. J'ai toujours recommandé un retour à la loi 86/14 en y incluant des mécanismes d'écrémage des superprofits et de prise en compte des petits gisements. Les compagnies connaissent le "Production sharing agreement", pourquoi leur compliquer la vie avec des dispositifs juridiques nouveaux et complexes ? Deuxièmement, comme le disait Mohamed El-Badri, secrétaire général de l'OPEC, on ne choisit pas sa femme par appel d'offres. Il faut aller directement vers les compagnies pétrolières, choisir les leaders et discuter de partenariat stratégique. C'est ce que nous faisions avant, durant la sombre période du terrorisme, j'ajouterais, et les compagnies, et non des moindres, sont venues. Il faut aussi à mon avis discuter plus globalement d'alliances stratégiques entre Sonatrach et des compagnies pétrolières de référence, où, en contrepartie de l'ouverture de notre amont à ces compagnies, y compris dans des formules farm-in/farm-out (ouverture partielle d'un gisement en Algérie contre ouverture partielle d'un gisement à l'étranger pour Sonatrach), ces alliances stratégiques ouvriraient des perspectives stratégiques pour Sonatrach dans l'aval gazier et la génération électrique en Europe, l'amont pétrolier en international, l'offshore profond, les non-conventionnels. Il faut aussi, et nous en avons les moyens, que l'Etat entre dans le capital de compagnies pétrolières internationales, et articule ces acquisitions d'actifs industriels internationaux avec la politique énergétique (mais aussi industrielle) nationale. Faute de cela, nous avons laissé la place à nos concurrents pays producteurs, perdu des opportunités et, plus grave, nous avons livré nombre de nos gisements à des compagnies étrangères sans expérience qui peuvent faire beaucoup de dégâts aux réservoirs sans nous permettre d'atteindre nos objectifs de production.
(*) [email protected]


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