D'ici cinq ans, le budget de l'éducation, “avec une enveloppe de 250 milliards de dinars, sera le plus important de tous les départements”. Le ministre de l'Education nationale, Boubekeur Benbouzid, a été clair, hier, à propos des enseignants vacataires. “Nous disposons, à travers le territoire national, de 500 000 vacataires, nous ne pouvons leur garantir des places pédagogiques parce qu'il n'y en a pas. Seuls donc les 300 enseignants qui nous ont aidés pendant la grève — de l'année dernière —, seront recrutés à titre permanent”, a-t-il déclaré au Forum hebdomadaire de la Télévision. Ces derniers auront bientôt leur quitus définitif “sans avoir à passer par un concours de recrutement” ; ils seront récompensés pour service rendu à l'Etat, ou au ministère. Menée par le Cnapest et le CLA — des syndicats autonomes —, mais déclarée illégale, la grève des enseignants avait défrayé la chronique, autant par sa durée (plusieurs mois) que par sa densité (elle avait concerné la majorité des établissements du secondaire à l'échelle nationale). Après d'âpres échanges de coups de gueule, les parties en conflit ont dû s'asseoir autour d'une même table, avec le concours de l'Ugta, pour enfin trouver un terrain d'entente. Boubekeur Benbouzid, parfois adepte de la méthode forte, a par ailleurs reconnu le déficit, “en qualité”, des besoins en personnel de langue française : “Nous avons suffisamment de professeurs, mais la qualité fait défaut. Nous avons en fin de compte eu recours à des enseignants pas encore diplômés et, dans certains cas, à des retraités afin de combler le vide”. Les enseignants, a-t-il dit, devront de toute façon maîtriser à l'avenir les langues étrangères et même l'outil informatique, “désormais indispensable”. Et à l'avenir, l'Ecole algérienne n'“acceptera que les titulaires du bac plus trois — pour le cycle primaire — et du bac plus 4 ou 5 — pour les cycles moyen et secondaire. Nous sommes en train de former, au sein des écoles du ministère, des enseignants selon les nouvelles exigences, conformément à un décret signé en août dernier”. Benbouzid a annoncé la titularisation de 43 000 enseignants durant les trois dernières années ; “par ailleurs, et selon nos estimations, près de 400 000 places vides seront disponibles d'ici cinq ans car l'âge de scolarisation sera ramené à cinq ans au lieu de six actuellement. Dans le même temps, nous commencerons à organiser et maîtriser les classes préparatoires”. En 2004, trente-deux élèves forment, en moyenne une classe contre 40 en 1999. Le ministère va consacrer un budget spécial pour des wilayas comme Chlef et Aïn Defla (“toujours sous l'effet du séisme de 1980”) afin de leur permettre de rattraper le retard cumulé par rapport aux autres wilayas. La bourse scolaire, instituée par l'Etat afin de venir en aide aux familles démunies, et dont le montant est de six milliards de dinars, touchera cette année “près de trois millions élèves”. Benbouzid promet de pourvoir les établissements en matériel de plus en plus neuf et relève que trois milliards de dinars ont été dépensés ces trois dernières années pour les besoins informatiques. “Toutes les écoles et tous les lycées auront les infrastructures et le matériel nécessaire, il en sera ainsi par exemple des 23 millions d'ouvrages promis aux deux premières années des cycles primaire et moyen, disponibles début octobre comme prévu”, a souligné le ministre. Mais, globalement, sur un besoin de 65 millions d'ouvrages requis il n'en sera disponible que 47 millions, a-t- il reconnu. Boubekeur Benbouzid, qui a aussi annoncé l'introduction prochaine d'une deuxième langue étrangère, veut atteindre le taux de 70% de réussite au baccalauréat dans cinq ans. Quant aux écoles privées, rappelées à l'ordre en juin dernier par rapport à la langue d'enseignement (le français au lieu de l'arabe), il a confirmé l'obligation pour toutes d'un cahier des charges à discuter autour d'une table dans les jours à venir. “Tout le monde doit savoir que le ministère est l'autorité de régulation suprême, ces écoles seront soumises à autorisation pour tout programme établi en dehors de celui de notre département. Il n'y a plus de complexes par rapport aux langues étrangères, toutefois l'arabe reste la langue officielle”, a conclu Benbouzid. L. B.