Les violences, dont sont victimes les Palestiniens au quotidien de la part des Israéliens, ne pouvaient rester perpétuellement sans réactions, comme le montre cette attaque d'hier, qui a coûté la vie à quatre Israéliens et à deux Palestiniens, froidement abattus par la police à son arrivée sur les lieux. L'attaque, qui n'a pas été revendiquée dans l'immédiat, a également fait neuf blessés, dont cinq se trouvaient dans un état critique, selon les secours. Si Mahmoud Abbas a condamné l'attentat, les deux principaux mouvements islamistes palestiniens, le Hamas et le Jihad islamique, l'ont, eux, salué. Dans un communiqué, Mahmoud Abbas a condamné "le meurtre de fidèles priant dans une synagogue", tout en dénonçant "le meurtre de civils de quelque bord qu'ils soient". L'attaque, qui a également fait neuf blessés, dont cinq se trouvaient dans un état critique, selon les secours, a été perpétrée dans un quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem-Ouest. Elle intervient au surlendemain de ce que les Palestiniens ont dénoncé comme un "crime raciste", celui d'un chauffeur de bus palestinien retrouvé pendu dans son dépôt de Jérusalem-Ouest dimanche soir. La police israélienne a conclu à un suicide, une version contestée par le médecin légiste qui a examiné le corps de Youssef Ramouni, un Palestinien de Jérusalem-Est de 32 ans, père de deux enfants et "heureux" selon sa famille. Celle-ci a rejeté en bloc la thèse du suicide. Depuis la découverte de son corps, la Ville sainte, entrée en juin dans un cycle de représailles sans fin, était encore un peu plus sous tension. Début juillet, des extrémistes juifs avaient brûlé vif un adolescent palestinien de Jérusalem-Est, assurant agir par vengeance après le meurtre de trois Israéliens. Depuis lors, la Ville sainte est entrée dans un engrenage de la violence, rythmé chaque nuit par des affrontements dans la partie palestinienne occupée et annexée par Israël entre jeunes jeteurs de pierres et policiers israéliens lourdement équipés. L'escalade a franchi un nouveau palier il y a près d'un mois, lorsqu'un Palestinien a jeté sa voiture sur un arrêt du tramway. Depuis, deux autres attentats à la voiture bélier ont ensanglanté Jérusalem et la Cisjordanie occupée, puis une série d'attaques au couteau ont touché jusqu'à Tel-Aviv. Aucune de ces attaques n'a été revendiquée, mais certaines ont été menées par des membres du Jihad islamique ou du Hamas. Pour ces deux mouvements, l'attentat contre la synagogue est une "réponse au meurtre du martyr Youssef Ramouni". Alors que les tensions se sont multipliées ces dernières semaines autour du site très sensible de l'esplanade des Mosquées dans la Vieille ville de Jérusalem, les Palestiniens dénonçant comme des provocations les nombreuses visites d'extrémistes juifs sur ce lieu saint, le Hamas y a également vu "une réponse à la série de crimes de l'occupant (israélien) à (la mosquée d') Al-Aqsa". L'attaque a été dénoncée comme un acte d'une "brutalité insensée" par le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, en visite à Londres. A Paris, le président français François Hollande a condamné "l'odieux attentat", faisant part de sa "vive inquiétude face à l'enchaînement des actes de violence à Jérusalem, en Israël et en Cisjordanie".