Le pactole ramassé quotidiennement par les clandestins dépasse de loin celui d'un haut cadre d'une firme pétrochimique. Annaba est devenue au fil du temps une ville totalement soumise au joug des gardiens illicites de parking, en l'absence d'une main de fer de la force publique. Les habitants de la ville sont confrontés bien malgré eux aux caprices intéressés de ces malfrats qui donnent l'allure d'être plutôt affiliés à des bandes maffieuses organisées. Aujourd'hui, c'est incontestablement l'un des grands maux qui rongent la Coquette. Le "parkingueur", comme on l'appelle ici, se revendique d'une profession informelle plus que rentable, assure-t-on, et qui a généré déjà bien des heurts sauvages entre les automobilistes et les jeunes des quartiers qui n'ont d'autre visée que de faire main basse sur les rues et les ruelles, notamment celles du centre-ville et du littoral. Dans certains lieux, à l'image de la placette du théâtre ou encore du côté du cours de la Révolution et aux abords des mosquées et autres administrations, le pactole ramassé quotidiennement par les clandestins dépasse de loin celui d'un haut cadre d'une firme pétrochimique. Certains hauts responsables de la wilaya, interrogés à ce sujet, pointent carrément un doigt accusateur en direction des autorités locales, principalement celles de l'APC. "Les élus ont favorisé l'anarchie en tolérant ces dépassements et ils assimilent cela à de l'emploi des jeunes..." Mais là où le bât blesse, c'est le fait que cela se passe dans des endroits où l'on constate la plus grande concentration d'agents de la sûreté nationale. De là à impliquer les fonctionnaires exerçant au sein de ce corps constitué est un pas que d'aucuns n'hésitent pas à franchir, tant la complaisance est évidente à l'égard des contrevenants à l'ordre public. Il est pratiquement impossible de stationner, notamment au centre-ville, sans se faire racketter par ces gardiens clandestins, armés de gourdins, dont on dit que la plupart sont des repris de justice fraîchement élargis à la faveur de la grâce présidentielle. Et attention à qui ose dire non. Généralement tatoués, balafrés et donnant l'allure d'un véritable "concentré de calamités", les "parkingueurs" imposent la loi la jungle au grand jour. A chaque rue, ruelle, boulevard, placette et aux alentours des mosquées et marchés, les propriétaires de véhicules qui osent stationner sont soumis quotidiennement à la dîme, de gré ou de force, à défaut de voir leurs biens saccagés, sans que personne intervienne. B. B