Après les habitants des quartiers populeux qui ont dénoncé les problèmes liés au cadre de vie, les transporteurs sont entrés à leur tour en grève, à cause de la dégradation du réseau routier. Les habitants du massif de Collo ne savent plus à quel saint se vouer pour atténuer un tant soit peu leur calvaire comme chaque hiver, lorsque la neige paralyse toutes les routes. La situation est encore plus dramatique pour les habitants des bourgades de Siouane et Oued Lemcid, qui sont nichées à plus de 700 m d'altitude, où se trouve d'ailleurs le point culminant du massif, à savoir le mont d'El-Goufi à 1180 m. En effet, après la neige qui a obligé les habitants à se cloîtrer chez eux pendant trois jours, voilà que les transporteurs sont obligés d'observer un arrêt de travail pénalisant encore plus la population. Pour cause, l'axe routier reliant Zitouna à Chéraïa, sur le CW 132, est dans un état de dégradation très avancé à cause des travaux en cours. La réhabilitation récente de ce dernier, considéré comme le plus important, a permis aux habitants de plusieurs bourgades relevant des daïras de Zitouna et Ouled Attia de circuler dans de meilleures conditions, sauf que des tronçons n'ont pas résisté aux dernières précipitations. En effet, suite aux dernières intempéries, la route est devenue impraticable, obligeant les plus téméraires à emprunter un chemin de déviation via Chéraïa, mais pas les transporteurs qui mettent en avant les dégâts que causent ce genre de routes à leur matériel. Par ailleurs, la grève a pénalisé beaucoup de familles qui ne peuvent plus s'approvisionner en denrées alimentaires et autres produits nécessaires. Ils ne comptent même pas sur les autorités locales pour leur venir en aide, mais prennent leur mal en patience et attendent des jours plus cléments pour vaquer de nouveau à leurs préoccupations, sachant que cette région montagneuse qui se caractérise par un hiver rigoureux manque de tout, et les riverains dépendent essentiellement de la ville de Collo pour leurs achats. Par ailleurs, une centaine d'habitants de la cité dite la SAS (ancien camp de regroupement familial de l'armée coloniale), située au bidonville El-Match (commune de Skikda), ont observé un mouvement de protestation avant-hier devant le siège de la wilaya pour revendiquer les logements "promis" dans le cadre du programme de résorption de l'habitat précaire. Les manifestants ont brandi des banderoles pour exprimer leur droit à un logement décent, du fait qu'ils sont concernés par l'opération-tiroir initiée pour le relogement des familles et l'exploitation des assiettes dégagées pour la construction d'autres logements. Les manifestants sont sortis suite à une rumeur faisant état de la décision des autorités de reloger en priorité les familles habitant le vieux bâti du centre-ville. Ces derniers, rappelons-le, ont manifesté suite à l'effondrement partiel, avant-hier, d'une habitation précaire. A. B