Le rapport annuel d'Amnesty International sur la situation des droits de l'Homme dans le monde n'a pas été tendre avec les pays de l'Afrique du Nord. En Libye, au Maroc, au Sahara occidental, en Tunisie ou en Egypte, Amnesty International a fait le même constat. Irrespect de ces droits ou carrément absence de perspective pouvant aboutir à l'instauration d'Etats portés sur le respect des droits élémentaires des peuples. Si en Libye, la situation catastrophique se caractérise globalement par le climat de guerre civile qui y règne, ce qui rend le travail des militants des droits de l'Homme compliqué, Amnesty International a justement pointé du doigt "l'anarchie généralisée" où "des groupes armés et les milices" se livrent à "des enlèvements contre rançon" et commettent "des homicides en toute impunité". L'ONG a relevé aussi la présence des éléments de l'organisation terroriste de l'Etat islamique (EI) qui "ont mené des attaques sans discrimination au moyen d'engins explosifs improvisés et ont commis des attentats-suicide". Au Maroc, Amnesty a relevé "des restrictions qui continuent de peser sur la liberté d'expression, d'association et de réunion", rappelant que les autorités de Rabat "ont poursuivi des journalistes et dispersé par la force des manifestations". Quant à la situation des femmes, Amnesty regrette qu'elles fassent l'objet de "discriminations dans la législation et dans la pratique". L'autorité marocaine a été épinglée, principalement, pour son œuvre répressive contre les Sahraouis. Amnesty a souligné, à ce propos, que "les autorités continuent de réprimer la dissidence pacifique au Sahara occidental. Elles ont dispersé des manifestations non violentes, engagé des poursuites pénales contre des militants qui prônaient l'autodétermination du Sahara occidental ou dénonçaient des atteintes aux droits humains et soumis ces militants à des restrictions. Des défenseurs des droits humains ont été interrogés à leur retour de l'étranger". Amnesty a évoqué, par ailleurs, le cas des 23 manifestants et militants sahraouis emprisonnés à la suite d'affrontements meurtriers à Gdeim Izik en 2010, condamnés à de lourdes peines d'emprisonnement en 2013, à l'issue d'un procès inéquitable devant un tribunal militaire, sur la base d'"aveux" qui auraient été obtenus sous la torture. Même constat pour la Tunisie. Amnesty a, en effet, relevé que "les autorités ont restreint les droits à la liberté d'expression et de réunion" et "utilisé les pouvoirs liés à l'état d'urgence et les lois antiterroristes pour imposer des restrictions arbitraires à la liberté et au droit de circuler librement". L'ONG a dénoncé, dans le même registre, "les actes de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus" et la condition des femmes qui "continuent de faire l'objet de discriminations dans la législation et dans la pratique". Les femmes tunisiennes, rapporte Amnesty, "ne sont pas suffisamment protégées contre les violences liées au genre". Constat identique en Egypte, fait remarquer Amnesty, regrettant que les autorités "ont eu recours à des arrestations arbitraires massives pour réprimer des manifestations (...)", et déploré l'arrestation "de journalistes, de défenseurs des droits humains et de manifestants". L'ONG a cité "les restrictions imposées aux activités des organisations de défense des droits humains" par le régime d'Al-Sissi. Mohamed Mouloudj