La justice sud-africaine a rouvert la voie hier à un éventuel procès pour corruption contre le président Jacob Zuma dans une affaire de ventes d'armes qui tient le pays en haleine depuis une bonne dizaine d'années. Dans un jugement lu à l'audience par le juge Eric Leach, la Cour suprême d'appel de Bloemfontein (centre) a rejeté un appel du chef de l'Etat contre la décision de relancer contre lui 783 inculpations de corruption, fraude fiscale et extorsion de fonds dans le cadre de ce dossier. Très attendue, cette décision renvoie la balle dans le camp du parquet général sud-africain (NPA), qui doit désormais décider de relancer ou non le dossier et, éventuellement, de renvoyer Jacob Zuma devant un tribunal. A la pointe du combat contre le chef de l'Etat, le principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA), a salué "une victoire pour la justice, pour l'Etat de droit et pour l'Afrique du Sud". L'actuel chef de l'Etat est accusé d'avoir touché, alors qu'il était vice-président, des pots-de-vin pour un contrat d'armement de 4,2 milliards d'euros signé en 1999 par l'Afrique du Sud avec plusieurs entreprises européennes, dont la française Thales. R. I./Agences