La salle de conférences Mohamed-Bencheneb de l'université Yahia-Farès de Médéa a abrité, lundi, une journée d'étude sur "Les impacts corporels, psychologiques et matériels des accidents de la circulation" organisée par la direction de la Protection civile de Médéa. La problématique du phénomène des accidents de la route a été évoquée par les différents intervenants représentant les services de la Gendarmerie nationale, de la police, des travaux publics, de la santé publique, du centre de prévention et de sécurité routière, des caisses de Sécurité sociale, etc. Comment réduire l'hécatombe causée par nos routes qui font chaque année autour de 4 000 morts et plus de 45 000 blessés, chiffres qui placent l'Algérie dans le peloton de tête des pays où il est enregistré le plus grand nombre de victimes des accidents de la circulation. Inverser la courbe des accidents est le défi que se sont posé les différents services impliqués dans la lutte contre le phénomène dont les efforts ont abouti à la baisse du nombre d'accidents en 2017 à travers le réseau routier de la wilaya, selon les données de la Gendarmerie nationale. Dans son bilan, la Gendarmerie nationale fait état d'une baisse du nombre d'accidents d'environ 37%, alors que le chiffre modal des accidents est enregistré sur les grands axes routiers, notamment le long de la RN01 qui traverse la wilaya du nord au sud. En dépit de l'existence de certains points noirs, la baisse du nombre d'accidents résulte des mesures de prévention menées par ce corps de sécurité et son déploiement au niveau de tous les axes routiers qui sont quotidiennement empruntés par une moyenne de 27 400 véhicules. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est dans les centres agglomérés où le nombre d'accidents est en hausse dont 13 décès, du fait de l'augmentation du parc automobile et de nombreux autres facteurs liés à la vitesse, au non-respect du code de la route, sous l'effet de l'alcool ou des psychotropes, l'état des routes, etc. Faisant une analyse des comportements des conducteurs, le docteur Adel Atchi, universitaire, affirme que la voiture, qui est devenue une valeur sociale, était supposée apporter plus de confort et un gain de temps pour les déplacements et les échanges économiques, elle s'est transformée en facteur de risques. Comment interpréter le comportement de certains conducteurs pour qui les lois sont faites pour les réprimer alors, qu'en réalité, elles sont faites en premier lieu pour les protéger contre les risques d'accident. "Il n'y a qu'à imaginer une situation de choc psychologique provoqué par un accident où l'individu se retrouve subitement dans un état de handicap, perdant son autonomie, ne pouvant plus se déplacer, aller travailler et gagner sa vie... Sommes-nous devenus une société suicidaire ?" M. EL BEY