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“Le 5 Octobre n'était pas une révolution démocratique”
Le chef de l'état a présenté hier l'expérience algérienne à Genève
Publié dans Liberté le 08 - 06 - 2005

Le président de la République s'est dit contre l'idée de présenter les émeutes d'Octobre 1988 comme une révolution démocratique, expliquant que la société acceptait plus ou moins l'hégémonie de l'Etat-parti en échange de ce que celui-ci fournissait en termes de satisfaction de besoins sociaux. Par ailleurs, il a évoqué l'arrêt du processus électoral en 1992 en rendant hommage à l'élan patriotique et républicain de l'ANP.
Le président de la république, Abdelaziz Bouteflika, est-il un nostalgique des années soixante-dix ? à contre-courant d'une idée largement partagée par de nombreux segments de la société, il estime que “c'est à tort — c'est du moins ma conviction personnelle — que les émeutes d'Octobre 1988 ont été présentées comme une révolution démocratique. Il n'y a pas dans l'Algérie de la fin de la décennie 80 de demande puissante de démocratie politique émanant de secteurs importants de la société, animés par des organisations politiques suffisamment structurées et implantées pour se présenter comme alternative au pouvoir politique en place”, a-t-il indiqué, hier, lors d'une intervention devant la 93e session de la conférence internationale du travail à Genève (Suisse).
Contrairement à Abdelhamid Mehri, au sommet du pouvoir alors, qui répétait encore récemment que “le système mis en place était arrivé au blocage” et “que la société avait exprimé un besoin de changement”, même s'il s'est refusé à en commenter les “tenants”, Abdelaziz Bouteflika soutient qu'il n'y avait pas de révolution démocratique. “Il n'y a pas eu de révolution démocratique parce que la société algérienne ne considérait pas l'hégémonie de l'état-parti unanimiste et autoritaire comme totalitaire ou despotique. Les algériennes et les algériens, quelle que soit leur position dans l'échelle sociale, ont bénéficié, même de manière inégale, des prestations de l'état-parti qui se présentait ainsi comme un "état-providence"”, a t-il dit. En guise d'arguments, il soutient que la société acceptait plus ou moins l'hégémonie de l'état-parti en échange de ce que celui-ci lui fournissait en termes de satisfaction des besoins sociaux : alimentation, scolarisation, santé, salaires, produits de la modernité importés... Pendant un quart de siècle, selon lui, ce contrat social a généré une remarquable paix sociale et civile, la contestation ne portant presque jamais sur le système lui-même, mais sur le niveau et les modalités d'accès aux biens distribués par lui. Mieux encore, entre 1966 et 1984, le nombre d'emplois créés est passé de 1,7 million à 3,7 et le taux de chômage est estimé à 11% seulement en 1984. “Le socialisme spécifique a incontestablement produit un mieux-être généralisé dans la société algérienne pendant deux décennies”, a-t-il estimé. Et à ses yeux, c'est la mise en place d'une nouvelle stratégie depuis 1988, en réponse à quelques besoins sociaux, qui a généré la suite des évènements. “En tentant vainement de réformer les structures de l'entreprise publique, tout en durcissant celles de l'état-parti, on a abouti à leur fragilisation et à la montée des pratiques de prédation. Une nouvelle stratégie a été mise en œuvre, qui a fait voler en éclats le consensus sur lequel se fondait le pouvoir politique en ouvrant le champ politique de manière volontariste”, a-t-il expliqué. Et c'est alors, selon lui, que survient “une période de centrifugation généralisée”, “un ressac du populisme” et une effervescence associative et politique “faites le plus souvent de libertarisme contestataire et festif”, mais qui s'avère incapable de prendre en charge l'expérience démocratique, tandis que la société adoptait une attitude méfiante à l'égard de l'introduction de la démocratie. Un nouveau populisme porté par le totalitarisme millénariste, entendre la mouvance islamiste, fit son retour. Après avoir qualifié de “première violence” l'arrêt du processus électoral de 1992 au début de son premier mandat, Bouteflika a, semble-t-il, “revu sa copie” puisqu'il le qualifie désormais “d'acte patriotique et républicain”. “L'impasse va être conjurée par le retour sur le devant de la scène des acteurs fondamentaux de l'état, et en particulier l'ANP qui, en arrêtant le processus dans un élan patriotique et républicain, stoppent la dérive absurde à laquelle conduisait l'expérience démocratique, mais sans arrêter l'expérience elle-même”, a-t-il dit. Et la mutation mentale qui suivit s'accompagna, selon lui, du reflux du populisme islamiste et du basculement de la société dans une autre forme de terrorisme. “L'immense majorité des algériens et des algériennes qui ont, à un moment ou un autre, fait partie de cette mouvance n'ont pas basculé dans le terrorisme sous son aspect armé, mais dans le terrorisme qui tue par la parole et par la plume (…). Ils ont intériorisé la nécessité de la soumission à la république et à l'état”, a-t-il expliqué.
Mais aujourd'hui, à ses yeux, l'Algérie est en bonne voie. Le terrorisme “même s'il continue à représenter une nuisance qu'il est impératif d'éradiquer” n'est plus un handicap pour le fonctionnement des institutions “démocratiques” et des “compétitions électorales pluralistes”, et des résultats positifs “même modestes”, grâce au privé, sont enregistrés sur le plan économique.
Bouteflika n'a pas manqué enfin de faire l'apologie de la réconciliation nationale. Une réconciliation perçue comme le passage de la “démocratie structure” à la “démocratie valeur”. “C'est un acte volontaire de notre état démocratique par lequel il réintègre dans la communauté nationale, et en tant que citoyens actifs, tous ceux qui, à un moment ou un autre, ont été marginalisés ou se sont marginalisés”, a-t-il expliqué. L'objectif, a-t-il conclu, est d'amplifier le pluralisme politique dans la vie sociale.
Karim KEBIR


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