La très probable candidature d'Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat à la tête du pays n'est pas du goût du Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui estime que l'actuel chef de l'Etat "est incapable de rester au pouvoir au vu de la nature de sa maladie". "Le MSP réaffirme qu'Abdelaziz Bouteflika est incapable de rester au pouvoir et que sa candidature pour un cinquième mandat n'est pas dans son intérêt, mais dans celui de ceux qui bénéficient de la situation", lit-on dans le communiqué du bureau politique national du parti qui s'est réuni, mardi dernier, sous la houlette du président de la formation, Abderrezak Makri. Et d'enchaîner : "Ceux-ci doivent assumer leur responsabilité entière concernant ce qui découlera de leurs manœuvres politiques comme dangers pour l'Algérie. L'histoire les jugera au cas où ils passeraient à l'acte et mobiliseraient les institutions de l'Etat au service de leur projet." Un "scénario du pire" qui n'a pas empêché le parti islamiste, réputé pour son entrisme politique, de présenter son Président comme candidat à la présidentielle d'avril 2019 et d'appeler les Algériens à saisir l'énorme enjeu du prochain scrutin qu'il présente comme "un grand tournant". "Nous appelons les vrais patriotes à s'imprégner de la grande importance de la prochaine élection qui prédit la fin d'un cycle et le début d'un autre", assure l'instance dirigeante du MSP, avant d'ajouter que "la priorité n'est pas aux intérêts personnels et partisans, et le moment présent exige un resserrement des rangs, le pragmatisme, la non-dispersion des forces et la non-reconduction d'expériences ayant échoué par le passé". Avec un tel appel, le parti créé par Mahfoud Nahnah espère ratisser large et réaliser un grand mouvement de soutien derrière la candidature d'Abderrezak Makri. "Nous exhortons les citoyens qui croient à l'appartenance novembriste et au courant badissien, et qui sont contre l'hégémonie et la tutelle du colonisateur, les démocrates sincères qui croient véritablement à l'Etat civil et à la protection de l'institution militaire des manœuvres politiciennes, ainsi que tous les militants pour la réforme et le changement à plus de soutien pour le candidat Abderrezak Makri qui est capable de s'attaquer au phénomène de la corruption et de redresser les déviations et réaliser le consensus national pour assurer un avenir meilleur", insiste le parti islamiste. Question : si le président Bouteflika est incapable de diriger le pays pour des raisons de santé, pourquoi alors le parti islamiste a-t-il milité, un temps, pour le report de la présidentielle et surtout le prolongement du règne de Bouteflika ? Une "ruse de guerre" certainement. Samedi dernier, les partis de l'Alliance présidentielle ont acté, lors d'un sommet de ses principaux dirigeants, la candidature d'Abdelaziz Bouteflika pour la prochaine présidentielle, alors que, des mois durant, ils ont évité d'aborder de manière directe le sujet — ils avaient certainement reçu des instructions —, préférant plutôt discourir sur la continuité. Certainement le signe que les dés sont plus que jamais jetés et que l'actuel locataire du Palais d'El-Mouradia est bien parti pour renouveler son bail à la tête du pays. Certes, il n'a toujours pas rendu publique sa décision de briguer ou non un 5e mandat, mais à se fier à certaines indiscrétions, elle se fera dans les tout prochains jours. Le secrétaire général du RND, Ahmed Ouyahia, a même ébruité, samedi 2 février à l'occasion d'une conférence de presse, la manière avec laquelle la candidature de Bouteflika sera probablement annoncée, à savoir une lettre-programme adressée aux Algériens. On y verra un peu plus clair, avec la grand-messe que compte organiser le Front de libération nationale, ce samedi à Alger, si, d'ici là, cette fameuse lettre n'est pas publiée. Arab Chih