Le président iranien Ahmadinejad a nommé l'ultraconservateur Larijani au poste stratégique de secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale, où il devrait reprendre en charge le dossier nucléaire, en pleine crispation internationale. Cette nomination confirme la radicalisation conservatrice annoncée avec la présentation du gouvernement dimanche, dont la composante est significative du durcissement de la République islamique. Larijani prend le nucléaire au moment où Téhéran défie l'Union européenne et les Etats-Unis, qui s'inquiètent que le programme atomique civil iranien ne dérive vers la fabrication de la bombe atomique. La République islamique s'est raidie, en même temps que les conservateurs reprenaient tous les pouvoirs avec l'avènement de Ahmadinejad. Selon la presse iranienne, les jours des négociateurs iraniens avec les Européens sont également comptés. Larijani a résumé la position des ultraconservateurs iraniens sur la question de l'enrichissement d'uranium par une formule qui a fait florès : “Renoncer à l'enrichissement pour profiter d'une coopération nucléaire, commerciale et politique offerte par les Européens, c'est échanger une perle contre un bonbon.” Dans sa dernière résolution, l'AIEA presse l'Iran de revenir à une suspension totale de ses activités d'enrichissement de l'uranium. Les Européens ont signifié qu'ils soutiendraient un recours au Conseil de sécurité et le président américain a, de nouveau, refusé d'exclure un recours à la force. D. B.