Arrivée de Staffan de Mistura aux camps des réfugiés sahraouis    Décès du Commandant du Secteur militaire de Timimoune: le président de la République présente ses condoléances    Grâce aux grands projets décidés par le président de la République, l'Algérie avance à pas sûrs vers sa sécurité hydrique    Boughali appelle à l'intensification des efforts arabes pour soutenir le peuple palestinien    Le Conseil de sécurité appelé à assumer ses responsabilités et à appliquer ses décisions pour cesser l'agression sioniste à Ghaza    Sommet mondial sur le handicap : Saïhi s'entretient avec la ministre libyenne des Affaires sociales    L'engagement de l'Etat algérien à répondre aux exigences dans le secteur de la santé souligné    Agressions sionistes contre Ghaza: 50.609 martyrs et 115.000 blessés    Conseil des droits de l'Homme: adoption du projet de résolution présenté par l'Algérie sur l'impact des mines antipersonnel    Statut et régime indemnitaire des corps de l'Education: reprise des réunions ministère-syndicat    Baddari préside une réunion de coordination pour examiner plusieurs questions liées à la formation    Keltoum, la doyenne de l'interprétation féminine au théâtre et au cinéma algériens    Le troisième Salon des "Games & Comic Con Dzaïr" s'ouvre à Alger    Mme Hamlaoui passe en revue avec le SG de l'ONEC les moyens de renforcer les initiatives entre acteurs de la société civile    Foot/ Amical : Suède-Algérie le 10 juin à Solna (FAF)    Classement Fifa: l'Algérie 36e mondial, gagne une place    MDN: saisie de 41 kg de cocaïne à Adrar    L'Algérie dépose un dossier d'inscription de "l'art de l'ornementation avec des bijoux en argent émaillé de l'habit féminin de la Kabylie" auprès de l'UNESCO    Abdelli et Gouiri nominés pour l'édition 2025    Large adhésion des commerçants au programme de permanence au deuxième jour de l'Aïd El-Fitr    Les sionistes français sont les seuls responsables de la résurgence de l'antisémitisme    Les opérations de recherche et de secours se poursuivent    L'Aïd, une aubaine pour exceller dans la préparation de gâteaux traditionnels    Oum El-Bouaghi Un entrepôt de l'hôpital incendié    Ooredoo adresse ses vœux au peuple algérien à l'occasion de l'Aïd el-Fitr    Une récolte de plus de 120.000 quintaux d'arachides attendue cette saison    Avec ses importants gisements gaziers, la Mauritanie, par une bonne gouvernance, pourrait devenir le Koweït de l'Afrique du Nord    Pour les Algériens, rendez-vous mardi prochain en Afrique du Sud    «Le couscous, racines et couleurs d'Algérie»    Le recteur de la Mosquée de Paris agit-il en tant qu'émissaire à Alger pour libérer l'agent Sansal ?    Tennis/Tournoi M15 Monastir: l'Algérien Samir Hamza Reguig qualifié au 2e tour    Football : Suède – Algérie en amical début juin à Stockholm    La bataille de Djebel Béchar, un acte d'une grande portée historique    Le TNA rend hommage à plusieurs figures du théâtre algérien    «La Présidente de la Tanzanie se félicite des relations excellentes unissant les deux pays»    « Préservons les valeurs de tolérance et de fraternité »        L'Algérie happée par le maelström malien    Un jour ou l'autre.    En Algérie, la Cour constitutionnelle double, sans convaincre, le nombre de votants à la présidentielle    Algérie : l'inquiétant fossé entre le régime et la population    Tunisie. Une élection sans opposition pour Kaïs Saïed    BOUSBAA بوصبع : VICTIME OU COUPABLE ?    Des casernes au parlement : Naviguer les difficiles chemins de la gouvernance civile en Algérie    Les larmes de Imane    Algérie assoiffée : Une nation riche en pétrole, perdue dans le désert de ses priorités    Prise de Position : Solidarité avec l'entraîneur Belmadi malgré l'échec    Suite à la rumeur faisant état de 5 décès pour manque d'oxygène: L'EHU dément et installe une cellule de crise    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Pour une cartographie des langues algériennes
...SOUFFLES...SOUFFLES...SOUFFLES...
Publié dans Liberté le 18 - 06 - 2020

Chaque langue détient un bout de pouvoir. Chaque bout de pouvoir a sa langue. Chaque pouvoir linguistique domine un secteur, et lui échappe, totalement ou partiellement.
En Algérie, le problème des langues est politiquement sensible. Sensible, parce que depuis la nuit des temps, nous n'avons pas pu ni su comment le questionner, avec courage intellectuel et audace politique. Le débat a toujours été étouffé ou noyauté, tantôt par le politique, tantôt par le religieux, et ainsi, la problématique est restée champ miné. Longtemps, nous avons menti à des générations anciennes, et malheureusement, nous continuons à mentir et encore à mentir aux futures générations. Des mensonges politiques et d'autres religieux.
Le chemin du mensonge est court, dit un adage de chez nous ! D'abord, il nous faut une cartographie des langues en Algérie, sans calcul politicien ou religieux ! Nous ne possédons pas une vraie cartographie linguistique. En Algérie vivent en amitié conflictuelle, en fraternité antagonique quatre langues : l'arabe officiel, tamazight, le darija et le français. Quatre langues avec lesquelles les Algériens rêvent, travaillent, aiment, chamaillent, voyagent, insultent, chantent, écrivent, boudent, prient, lisent, regardent... Une nation qui a quatre langues est une nation riche et forte. Les quatre langues sont intelligentes, l'une comme l'autre. Une intelligence sociale, artistique, religieuse et politique. Chacune de ces quatre épouses de la nation est obligée de céder un pan de couverture au profit d'une autre, pour en faire profiter une autre.
Une complicité complice et vigilante. En Algérie, grand pays, grandes géographie, grande Histoire, la pluralité linguistique est une fierté et un trésor. Et avec élégance et concurrence positive, chaque langue domine un espace socioculturel spécifique. Ainsi, l'arabe classique, officiel et administratif domine le champ pédagogique. L'école algérienne est un espace réservé à l'arabe classique, l'arabe standard, depuis l'indépendance. Une décision politique, depuis l'ère de l'arabisation. L'espace religieux algérien, lui aussi, avec un poids fort et prioritaire, est le domaine de la langue arabe classique.
En Algérie, on a offert sur un plateau d'or tout ce qui est religieux à cette langue arabe classique. À ne pas oublier que la société algérienne est une société religieuse par excellence. Donc, l'arabe classique, en général, puise son existence et sa force dans le scolaire et le religieux. Certes, il existe une littérature moderne en langue arabe classique, mais elle est souvent traversée par le vent du religieux. Excepté quelques écrivains qui, eux-mêmes, se sentent comme une minorité marginalisée ou bannie.
Le darija avec toutes ses variantes est une langue, selon les linguistes. En Algérie, le darija est la langue nationale la plus vivante. Elle est la langue du bonheur, du deuil, de plaisir, du théâtre, de la chanson, et de la publicité. Le darija est le génie du peuple ! Il vit dans une mutation sémantique socioculturelle perpétuelle.
La langue amazighe avec ses variantes est la langue de l'existence, de la mémoire. Elle est, dans ses riches variantes, la langue maternelle de la nation. Le lait maternel national. Elle est aussi la langue de l'art. De la belle poésie. De la politique. Elle est la langue du quotidien. Elle est aussi le symbole de la résistance politique contre la hogra. Elle est l'avenir. Elle s'installe, difficilement mais sûrement, dans l'officialisation et dans le scolaire ! La langue française est la langue du colonisateur, mais elle est aussi celle de la révolution et des révolutionnaires, contre ce colonisateur lui-même. Onze millions d'Algériens, selon des statistiques fiables, parlent cette langue. Certes, les Algériens ont algérianisé cette langue.
Ils l'ont colonisée. Ils l'ont "amazighée". Ils l'ont arabisée. Mais ils l'ont gardée. Elle est l'espace de la bonne et de la belle littérature algérienne en français contre le colonialisme français. Elle est le havre pour Mohammed Dib, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine, Malek Haddad, Malek Ouari, Assia Djebar, Rachid Boudjedra, Tahar Djaout, Boualem Sansal, Kamel Daoud, Yasmina Khadra, Abdelkader Djemaï, Kaddour M'hamsadji, Mohamed Benchikou, Nacera Belloula, Maïssa Bey, Lynda Chouiten, Chawki Ammari, Mustapha Benfodil... Bien qu'elle soit aisément placée dans le champ culturel et économique, la langue française est souvent critiquée parce qu'elle fait référence à un passé colonial douloureux. Mais cela dit, l'Algérien est aussi fasciné par l'espagnol, par l'italien, par l'anglais, par l'allemand, des langues belles et grandes, à la taille et à la mémoire de Shakespeare, de Cervantès, de Dante, de Nietzsche...
A. Z.
[email protected]


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.