La situation semble s'être calmée après quatre nuits de violences intercommunautaires à Dijon, en France. De violents affrontements ont eu lieu ces derniers jours entre membres des communautés tchétchène et maghrébine dans cette ville du centre-est du pays. Plusieurs blessés ont été déplorés, selon des médias locaux. L'agression d'un jeune homme tchétchène, le 10 juin, par des clients d'un bar à chicha situé au centre de Dijon, serait à l'origine de l'expédition punitive armée. Aucune interpellation policière n'ayant eu lieu, des membres se réclamant de sa communauté ont alors décidé de le venger vendredi dernier. Près de 150 individus masqués, armés de battes de baseball, couteaux, marteaux et armes à feu ont d'abord vandalisé le bar en question avant de se diriger vers la périphérie, puis vers le quartier dijonnais des Grésilles où une fusillade a éclaté lors de la deuxième nuit d'affrontements. Dimanche dernier, c'est la vidéo d'un rodéo urbain qui a enflammé les réseaux sociaux. On y voit une voiture foncer à toute allure sur un terre-plein, avant de faire un tonneau et se redresser tandis que des groupes de Tchétchènes armés se rassemblent autour de la voiture. En réponse aux provocations, certains membres de la communauté maghrébine dijonnaise ont fait état d'une démonstration de force en se filmant avec des armes, tout en lançant un message d'avertissement aux Tchétchènes. Lors de la quatrième nuit, des voitures ainsi que des poubelles ont été incendiées. Une enquête a été ouverte "pour tentative de meurtre en bande organisée et incitation à la haine" et plusieurs interpellations ont eu lieu. Hier, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'est rendu au commissariat de Dijon, condamnant "avec la plus grande fermeté les faits intolérables qui se sont produits", sans toutefois discuter avec les habitants désemparés et en colère. De son côté, le ministère de l'Intérieur a déclaré vouloir examiner de manière systématique la "possibilité d'expulser les étrangers impliqués dans des troubles à l'ordre public dans le respect des procédures administratives et le cas échéant judiciaires", rapporte LCI. Laurine Bazemont