Après avoir passé un été dans la soif, les habitants de la commune d'Aït Yahia Moussa, dans le sud de Tizi Ouzou, continuent de vivre au rythme du manque d'eau potable, même en période hivernale. Pas plus loin que dimanche dernier, les habitants du village Laâzaib ont procédé à la fermeture du siège de l'APC pour réclamer l'alimentation en eau potable. Une délégation du comité de village a été reçue par le maire et son exécutif en présence des responsables du secteur de l'hydraulique et de l'ADE. Au terme de cette réunion, une commission a été dégagée et chargée d'inspecter les réseaux d'alimentation du village. Mais ce village n'est, à vrai dire, pas le seul à souffrir du problème du manque d'eau dans cette commune de la daïra de Drâa El-Mizan, puisque pratiquement tous les villages ne sont desservis qu'une fois tous les quinze jours, voire plus, et à raison de quelques heures par jour. La plupart des habitants de la région recourent, ainsi, à l'approvisionnement par citerne, à raison de 1 500 DA la citerne. Selon un élu de la commune, les quantités d'eau pompées vers les réservoirs et les stations de refoulement ne sont pas suffisantes pour satisfaire la population de tout le versant ouest du chef-lieu communal. "Il faut 1 500 m3/jour pour répondre aux besoins de la population, alors que jusque-là seulement 500 m3/jour sont distribués", a-t-il précisé, soulignant qu'il est, ainsi, impossible d'alimenter tous les villages selon le programme de distribution établi avec leurs comités respectifs. En plus de la faible quantité d'eau pompée, s'ajoutent d'autres facteurs, tels que la vétusté des réseaux de distribution qui provoque de nombreuses fuites, le relief escarpé des hameaux et villages et aussi la mauvaise gestion de ce liquide. À noter que pas moins de 15 000 habitants de cette municipalité sont desservis à partir des forages d'Oued Bougdoura, à Draâ Ben Kkedda, où l'eau manque toujours à cause du faible taux de pluviométrie enregistré jusqu'au début de ce mois de février. Les habitants craignent déjà un été difficile. La coordination des comités de village de la commune suit avec attention les engagements pris par les services de l'hydraulique et de l'ADE. "S'il est vrai que l'unité d'intervention a été installée au chef-lieu communal afin de suivre la situation comme promis, elle n'est cependant pas dotée des moyens matériels et humains promis", a regretté un membre de la coordination. Récemment, les membres de ladite coordination ont dénoncé, dans un communiqué, le non-respect des engagements pris en vue, non seulement d'améliorer la situation en potable, mais aussi les autres secteurs, tels que la santé, la scolarité des enfants, l'alimentation en gaz naturel de tous les villages, l'énergie électrique et d'autres problèmes encore. "La coordination des comités de village de la commune d'Aït Yahia Moussa, réunie le 29 janvier dernier, a relevé que de nombreuses promesses ont été faites durant toutes ces réunions qui se tiennent de manière régulière depuis une année, mais malheureusement rien de notable n'a été constaté sur le terrain", ont-ils dénoncé. O. Ghilès