La coordination des comités de village dénonce l'enclavement et la marginalisation de la région, tout en reprochant aux autorités de n'avoir pas honoré leurs engagements. Des centaines d'habitants des différents villages de la commune d'Aït Yahia Moussa, dans le sud de la wilaya de Tizi Ouzou, ont participé, mardi 23 mars, à l'action de protestation à laquelle avait appelé la coordination locale des comités de village à l'effet de dénoncer la marginalisation de leur localité et la sourde oreille faite par les autorités devant leurs innombrables cris de détresse. En colère, ces habitants ont procédé, dès les premières heures de la matinée, à la fermeture de la RN25 et à l'occupation du siège de l'APC locale. "Halte à la marginalisation", lit-on sur de larges banderoles déployées par les manifestants. "Nous étions contraints de recourir à cette ultime action car tous nos appels sont restés sans suite. Si nous avons réinvesti la rue, c'est pour rappeler au wali et aux directions concernées que leurs promesses n'ont pas été honorées, ni en ce qui relève des travaux publics ni dans le domaine de la santé, de l'hydraulique, de l'énergie et de l'éducation", a expliqué Saïd Louni, un membre de ladite coordination. Celui-ci a brandi des procès-verbaux et autres documents dans lesquels sont consignés lesdits engagements pris par les autorités au cours des séances de travail tenues avec les comités de village. "Les deux tiers de notre population souffrent de pénurie d'eau depuis des années. Nous avons constaté que l'argent utilisé pour la restauration du réseau de distribution dans nos villages est simplement jeté par les fenêtres, alors que les quantités pompées à partir des forages d'oued Bougdoura sont insignifiantes par rapport à la demande. Parfois, nous ne recevons ce liquide qu'une fois par mois, à tour de rôle. Les promesses faites par la direction de l'hydraulique et l'ADE afin d'y remédier ne sont, au final, que des paroles en l'air. À l'approche de l'été, nous craignons une crise sans précédent", a encore ajouté M. Louni. Un autre membre a relevé, quant à lui, les manques importants dont souffre la polyclinique du chef-lieu communal. "Beaucoup de matériel manque dans cette structure. Il faut savoir aussi qu'à partir de 17h, aucun service d'urgence n'y est assuré. Pourtant, on nous a promis d'étudier ce cas. Or, évacuer un malade ou un blessé relève, ici, du parcours du combattant. Nous remercions la diaspora à l'étranger qui a initié une collecte de fonds pour venir en aide ce centre de santé", a soutenu Mohamed Chebouti, un autre membre de la coordination. Lui et ses pairs disent attendre surtout l'inscription d'une nouvelle polyclinique, car l'actuelle est vétuste et ne répond pas aux normes requises en matière de santé. L'état jugé catastrophique des routes, l'état de délabrement des écoles primaires sont, entre autres, les problèmes soulevés par la coordination des villages. "Nous sommes la seule commune au niveau de toute la wilaya de Tizi Ouzou dont une grande partie n'est pas encore alimentée en gaz naturel, alors que les travaux lancés en 2012 sont toujours à la traîne. Des centaines de foyers n'ont pas encore bénéficié du réseau électrique en dépit de toutes les actions menées séparément par les comités de village depuis des années", a précisé un autre intervenant, considérant que "c'est toute cette commune qui est une zone d'ombre si l'on se réfère à toutes les commodités qui y manquent". "Aujourd'hui, les autorités devraient assumer seules les conséquences de cette situation." Pour sa part, le maire, Rabah Hamitouche, a expliqué que les revendications soulevées relèvent du sectoriel et que la cagnotte octroyée à sa commune dans le cadre des PCD ne pourrait répondre à la forte demande en matière du désenclavement et de l'amélioration du cadre de vie d'une population dépassant les 25 000 habitants, résidant, pour la plupart, dans les zones rurales. Le chef de daïra de Draâ El-Mizan a, quant à lui, rassuré les protestataires que ces problèmes seront pris en charge, a-t-il précisé, "dans la mesure du possible".