À l'occasion de la visite d'Etat de deux jours qu'il effectue, à partir d'aujourd'hui en Algérie, Son Excellence M. Luiz Inácio Lula da Silva, président de la République fédérative du Brésil, a répondu aux questions des journalistes de divers organes de presse. Nous livrons ici aux lecteurs les réponses du chef de l'Etat brésilien aux questions de Liberté Liberté : Depuis votre arrivée au pouvoir, Monsieur le Président, les liens se sont resserrés entre le Brésil et l'Algérie. S'agit-il d'une véritable mise en œuvre de la politique Sud-Sud, prônée par la défunte organisation des pays non alignés pour éviter d'être totalement dépendants des pays riches du Nord ? Luiz Inácio Lula da Silva : L'Algérie est un grand partenaire dans le monde du développement. Le Brésil est le premier partenaire de l'Algérie parmi les pays du Sud. Tout ce que l'on peut entreprendre pour renforcer et approfondir nos relations, à commencer par une meilleure connaissance réciproque qui nous permettra de nous projeter comme des options l'un pour l'autre, va dans ce sens. Le Brésil a renforcé les relations Sud-Sud, d'abord par sa propre région, l'Amérique du Sud, où l'on est en train, à partir du noyau intégrateur du Mercosud, de construire une communauté de nations sud-américaines fondée sur le triple volet politique, économico-commercial et de coopération. Nous avons fait des efforts pour rapprocher l'Amérique du Sud des pays arabes, avec le sommet de Brasilia. Tout ceci constitue une partie des efforts tendant à amplifier et renforcer notre voix dans le monde, mais sans aucune intention de confronter ou d'exclure les pays riches. Nous voulons avoir des relations universelles et saisir toutes les opportunités qui nous aident dans notre grand défi, celui du développement économique et social dans un cadre démocratique et le plein respect des droits de l'Homme. Je considère, d'ailleurs, que le Mouvement des pays non alignés continue d'être une voix et une force dans ce sens. Cette coopération s'est manifestée par un partenariat entre le groupe algérien Cevital et des firmes brésiliennes (Randon et Neobus) dans une usine de montage de véhicules industriels. Pensez-vous que d'autres opérations sont envisageables et où en est-on à propos des relations entre le secteur privé algérien et les entreprises de votre pays ? Les relations économico-commerciales entre l'Algérie et le Brésil ont pour base une relation politique excellente fondée sur l'importance réciproque que s'accordent les deux pays. Je pense qu'elles se développeront sur un triple volet : premièrement, que nos entreprises explorent le potentiel d'affaires que le marché de l'autre offre ; deuxièmement, que nous puissions développer les programmes de coopération et d'échange qui nous permettent de connaître les besoins de l'autre pays en termes de biens, services, technologie et coopération ; et, en troisième lieu viennent les associations, les partenariats entre les entreprises des deux pays, soit pour explorer le marché de l'un des deux pays, soit pour explorer des marchés tiers. L'exemple que vous avez donné dans le partenariat de Cevital, Randon et Neobus est excellent ; c'est une initiative couronnée de succès. J'aimerais que les entreprises brésiliennes s'intéressent à la privatisation ou à l'ouverture du capital des entreprises algériennes, parce que ce marché est en train de croître et constitue une passerelle pour les marchés d'Afrique, du monde arabe, et en particulier méditerranéen et européen. C'est ce message que je souhaite aussi faire passer aux entrepreneurs brésiliens lors de ma visite. Rédaction Liberté