Mogadiscio s'apprête à organiser une conférence de réconciliation considérée comme la dernière chance du gouvernement de renforcer sa légitimité en assurant un retour à la paix. Mais les insurgés islamistes menacent de gâcher le rencontre et des parties somaliennes estiment que la violence ne prendra fin que si le gouvernement intérimaire se résout à négocier avec eux. Cette réunion, qui est une véritable auberge espagnole (un millier de chefs coutumiers, d'anciens seigneurs de guerre et de leaders politiques), a été reportée deux fois pour des raisons de sécurité, la situation à Mogadiscio ne cesse de se détériorer : attentats suicide et assassinats sont monnaie courante dans la capitale somalienne. Les islamistes attaquent régulièrement l'armée nationale, ses alliés éthiopiens et les soldats ougandais de la force de paix de l'Union africaine, en vue de rétablir la charia brièvement imposée l'an dernier. Ils ont juré lors de la prière de vendredi de faire échec aux efforts du gouvernement pour consolider son emprise sur le pays après avoir vendu le pays à l'Ethiopie et aux Etats-Unis. L'annonce du maintien de la réunion a entraîné des tirs de mortier en série contre le palais présidentiel et le lieu de la conférence. Le gouvernement du président Abdullahi Yusuf peine à exercer son autorité sur le pays depuis que le Mouvement des tribunaux islamiques a été chassé de Mogadiscio fin décembre 2006 par les Ethiopiens. Washington et l'Union européenne ont salué la conférence. Mogadiscio, la ville la plus dangereuses du monde, croit en la conférence, ses rares hôtels encore debout se sont rafraîchis. Les populations, en guerre depuis la chute du régime de Siad Barre en 1992, n'ont rien d'autre à faire que de croire à un miracle. D. B.