“L'Administration Bush incarne le terrorisme d'Etat et de puissance.” Invitée par l'Université de Floride (Etats-Unis) en sa qualité de coprésidente de la Fédération internationale des associations de victimes du terrorisme, et primée par les Nations unies pour le combat de la société civile, Mme Benhabylès revient avec, dans son sac de voyage, un témoignage poignant sur la guerre du côté des “vainqueurs”. “Je suis partie animer une conférence concernant l'islam en Afrique contemporaine. Mais, la guerre en Irak a été un sujet inévitable au vu de l'actualité internationale”, commence par expliquer Mme Benhabylès, lors d'une conférence de presse organisée, hier, à la Maison de la presse Tahar-Djaout. “Les médias locaux sont certes braqués sur la guerre, mais ne vendent que l'image que veulent bien présenter les dirigeants. ça ressemble tristement à un véritable lavage de cerveau”, raconte-t-elle, confiant qu'à l'hôtel où elle résidait (Sheraton), il n'existait aucune chaîne qui pouvait contredire les images américaines. Mme Benhabylès a abordé également la gêne des universitaires et des étudiants américains vis-à-vis d'une guerre qu'ils récusent totalement, dans le fond et dans la forme. Un décalage très important entre l'Administration Bush et le peuple qui semble plus prompt à un vrai dialogue de démocratie. C'est d'ailleurs dans cette optique d'ouverture que les Américains tentent, notamment après le drame du 11 septembre, de mieux comprendre l'islam et surtout de ne pas sombrer dans l'amalgame. Mais voilà que les fervents défenseurs des libertés et les plus farouches dans la lutte contre le terrorisme piétinent même l'autorité internationale (ONU) et agresse l'Irak. Une attitude, selon Mme Benhabylès, que l'élite américaine n'arrive pas expliquer a contrario des politiques et même des hommes d'église, qui vont jusqu'à qualifier l'agression contre l'Irak de “Guerre sainte”. “L'Administration Bush incarne le terrorisme d'Etat et de puissance”, a accusé Mme Benhabylès avant de lancer un appel à la société et à nos politiques algériens : “Il est temps de mettre toutes les luttes partisanes de côté et de prendre conscience d'une plus grande menace qui nous guette.” Et de conclure avec de nombreuses anecdotes pour dénoncer l'attitude scandaleuse adoptée par les Américains envers tous les arabo-musulmans, même leurs propres invités ! N. S.