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Sadi : “Disqualifier la démarche maffieuse en Kabylie”
Le leader du RCD montre la voie pour sortir de l'impasse
Publié dans Liberté le 28 - 04 - 2003

Pour le principal animateur du Printemps amazigh de 1980, le pourrissement entretenu dans la région procède d'une stratégie qu'il faut combattre.
Saïd Sadi ouvre de nouvelles perspectives pour la Kabylie. Invité, hier, à la Maison de la culture de Tizi Ouzou par le MCB pour témoigner sur le 20 Avril 1980 en tant que membre fondateur et animateur principal de ce mouvement, le président du RCD a remis les pendules à l'heure. Devant la crise qui s'enlise dans cette région et les manœuvres récurrentes du pouvoir, Saïd Sadi préconise une remise en place des choses.
Devant une salle archicomble et dans une ambiance empreinte d'émotion, Sadi a affirmé que le MCB doit reprendre sa place de mouvement “canalisateur”, avec une production culturelle de qualité.
Aussi, le mouvement citoyen ne doit plus être parasité par des arrière-pensées politiciennes, d'autant plus que les traditions politiques en Kabylie ont fixé les règles du jeu dès le départ avec l'existence du code d'honneur qui interdit toute tentation et manipulation. “L'escroquerie politique ne passera pas en Kabylie”, promet Sadi. Selon lui, ce mouvement doit être une structure qui fédérera les énergies autour des revendications fondamentales des citoyens comme l'exigence de justice ou encore les libertés d'expression.
Pour ce qui est des partis politiques, Sadi estime qu'ils ont leur rôle à jouer et continuer à opposer entre elles ces structures participe d'une démarche à laquelle Yazid Zerhouni s'est vainement essayé. “Nous saurons déjouer toute manœuvre”, lance Sadi. La figure de proue du MCB lors du soulèvement populaire en Kabylie en avril 1980 a rappelé les principes fondamentaux qui avaient guidé leur combat. “Nous n'avons jamais calculé ni mis en avant nos intérêts personnels, nous n'avons jamais cédé à la tentation”, affirme Sadi. L'orateur raconte que lorsqu'ils ont rédigé et distribué les premiers exemplaires de l'appel à la grève générale du 16 avril 1980, le wali de Tizi Ouzou a, dans une vaine tentative, pris attache avec le corps médical pour proposer un “deal” : “Vous suspendez la grève et je vous donne les logements que des médecins ont demandés”, a dit le wali. Mouloud Lounaouci lui a répondu : “Vous pouvez vous les garder vos logements.” Au passage, Sadi cite des figures emblématiques du MCB qui ont abandonné le confort d'une vie en France après de brillantes études dans ce pays pour venir participer au combat pour tamazight. Il s'agit, entre autres, de Malika Ahmed Zaïd, Ramdane Achab ou Hend Sadi.
Pour Sadi, si le MCB a réussi à gagner la confiance de la population à cette époque et à construire une alternative citoyenne, si bien qu'elle s'est mobilisée durant des mois pour exiger la libération de ses animateurs, c'est parce que la génération qui l'a lancé a été capable de dévouement citoyen et d'intégrité morale.
Si la population s'est mobilisée ainsi c'est qu'elle était convaincue que “nous étions dignes de leur confiance, c'est un capital immense et, à mon avis, le seul capital sur lequel il ne faut jamais accepter de tergiverser c'est la morale politique”. “Nous avons un devoir de responsabilité envers cette région, envers le combat démocratique en Algérie, envers l'histoire et la culture amazigh parce qu'ils peuvent nous fabriquer une histoire selon leurs objectifs”, affirme-t-il avant d'ajouter : “Il faut écrire, il faut produire, il faut fixer des repères, il faut témoigner pour garantir ce combat qui est fondamental pour la Kabylie, pour l'Algérie et même pour l'Afrique du Nord”. La Kabylie est, aujourd'hui, menacée en tant qu'espace de construction des luttes démocratiques. Elle a toujours été “la locomotive qui a tracté l'essentiel des luttes qui ont structuré le combat politique en Algérie”. Pour Sadi, c'est une “donnée fondamentale”. La Kabylie mérite le progrès, la liberté et la paix mais l'Algérie aussi ne peut se permettre de voir une Kabylie déstabilisée. Or, révèle Sadi, aujourd'hui, “jamais au grand jamais, autant de moyens n'ont été mobilisés pour casser cette région”. Des moyens financiers colossaux, des moyens logistiques énormes ont été mobilisés ; l'administration régionale est sommée de se mettre au service du clientélisme maffieux, révèle Sadi. Selon lui, il y a une volonté de reprendre un peu ce qu'avait fait Boumediene dans le temps, dans cette région. “Il y avait des proconsuls, quelques petits représentants à qui on a laissé une grande marge de manœuvre pour faire ce qu'ils voulaient afin de se remplir le ventre”, affirme Sadi. Mais, à leur grand dam, “la Kabylie a aujourd'hui changé. Elle s'est battue, s'est sacrifiée, l'Algérie attend autre chose et ce qu'avait fait Boumediene, ils ne pourront pas le refaire aujourd'hui”, lance-t-il. Des secteurs entiers, des budgets catégoriels à Tizi Ouzou et à Béjaïa sont destinés à opérer un recrutement clientéliste. Il y a une volonté de déstabiliser socialement, économiquement, culturellement la Kabylie pensant qu'en neutralisant cette région, on pourra avoir la paix pour des dizaines d'années dans le pays, estime Sadi. "Lorsque l'on provoque, on continue à arrêter, à réprimer injustement mais en ajoutant le commentaire politique qui pousse à l'exaspération, qui participe de la provocation, c'est pour créer une situation de désordre permanent et amener les investisseurs à quitter la région”, souligne Sadi. Et d'ajouter : “Lorsque l'on crée des tensions permanentes pour que l'activité commerciale tombe, c'est pour créer des tensions dans la collectivité, dans la région, de telle sorte que les ressentiments et les agressions se fassent entre les membres d'une même communauté, au lieu d'orienter le combat entre la Kabylie et le régime.” Des quotas de recrutement sont bloqués, sur ordre d'Alger, au niveau de la wilaya d'Alger, pour que celui qui prétend à l'emploi montre patte blanche, accuse Sadi. “Aujourd'hui, nous sommes en devoir de nous solidariser et de faire preuve d'une vigilance absolue pour que tout ce qui relève du débat et de l'échange politiques soit soumis à débat, tout ce qui relève de la tentative de corruption ou de régression soit soumis à combat”, ajoute-t-il. Pour lui, il y a absolument cette nécessité d'enrayer cette régression car si ce fléau persiste ce sont les jeunes qui en pâtiront. “Ils sont ciblés en premier à travers la perversion des tissus sportif, associatif, culturel et de l'emploi.” Dans la phase actuelle, Sadi considère : “Nous n'avons pas le droit de prêter le flanc à la moindre manœuvre.” Pour lui, Avril 80 a été une matrice et un projet citoyen et il est absolument clair que la volonté d'asservir et de soumettre cette région n'est un problème ni d'incompétence, ni d'erreur, ni de précipitation. Selon l'orateur, Avril 80 est un sillon où des choses ont été semées, ses graines ont bourgeonné, il est fondamental de les protéger. “En ce qui me concerne, je m'engage devant vous à continuer d'abord et avant tout mon combat citoyen, avant toute forme d'ambition parce que si je ne suis pas citoyen, je ne peux pas être autre chose”, a promis Sadi. Auparavant, le leader du RCD avait appelé les autorités à s'engager dans un processus loyal envers la population. Il s'agit notamment de libérer les détenus, de juger publiquement les responsables des crimes, de reconnaître le statut de martyr aux victimes, de défiscaliser, durant une période à étudier, les secteurs qui ont le plus pâti de la répression et d'engager un véritable débat sur la réforme de l'Etat. Pour le RCD, dénoncer la stratégie de déstabilisation et de répression organisées est un préalable à toute sortie de crise.
De son côté, Arezki Abbout, acteur du Printemps 80 durant lequel il a été arrêté et sauvagement torturé, a estimé que depuis avril 1980, le pouvoir emploie les mêmes méthodes. Il a appelé à l'union au sein du MCB et à la sauvegarde de la dynamique citoyenne qui anime la jeunesse, aujourd'hui, pour que le prochain printemps soit tout en fleurs pour la cause. Pour sa part, Idir Ahmed Zaïd, également ancien détenu du MCB, a affirmé que “l'on ne doit pas oublier les victimes du Printemps noir”. Pour lui, Avril 80 ne s'est pas limité à un combat pour tamazight mais c'était aussi un combat contre le monolithisme et l'unicisme. Malika Ahmed Zaïd, militante connue de la cause amazigh, et Ahmed Aggoun, ancien détenu, ont également apporté leurs témoignages sur ce soulèvement populaire historique qui a constitué un tournant et un déclic dans la vie politique de l'Algérie indépendante. Un avocat du collectif de la défense du mouvement citoyen a également pris part à ce débat et a dénoncé l'appareil judiciaire qui est, selon lui, “une annexe du ministère de l'Intérieur” de Zerhouni.
R. B.


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