L'ancien directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, accusé de tentative de viol le mois dernier sur une employée d'hôtel à Manhattan, plaidera non coupable lundi devant un tribunal de New York. Salué par les milieux politiques et financiers pour sa gestion de la crise financière mondiale de 2007-2009 et ses efforts pour contrôler la dette de plusieurs pays européens, Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, risque jusqu'à vingt-cinq ans de prison s'il est reconnu coupable. Cette affaire, où il est inculpé d'agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration, a ruiné ses chances de devenir le prochain président de la République française. L'un de ses avocats, Benjamin Brafman, a déclaré à Reuters qu'il plaiderait non coupable lundi devant la Cour suprême de New York, présidée par le juge Michael Obus. Dans une lettre adressée aux fonctionnaires du FMI le 22 mai, huit jours après son arrestation, Dominique Strauss-Kahn se disait confiant, même si l'accusation affirme que la plaignante a fait un «récit ferme et convaincant» de l'agression dont elle se dit victime. «Je démens de la manière la plus forte les allégations auxquelles je suis confronté; je suis confiant que la vérité éclatera et que je serai exonéré», écrivait-il. Après avoir passé quatre jours à la prison new-yorkaise de Rikers Island, «DSK» a obtenu le 19 mai sa libération sous caution et a été placé en résidence surveillée dans un appartement de Broadway Avenue. Le 25 mai, il s'est installé dans une maison de ville du quartier de Tribeca, à Manhattan, dont le loyer est estimé à 50 000 dollars par mois. Aux termes de sa libération sous caution, Dominique Strauss-Kahn doit porter en permanence un bracelet électronique à la cheville et ne peut quitter sa résidence que pour se rendre au tribunal, pour rencontrer ses avocats, pour des rendez-vous médicaux et pour assister à un office religieux par semaine. Ses avocats ont évoqué récemment des fuites dans la presse propres à compromettre le droit de leur client à un procès équitable, en disant posséder pour leur part des informations pouvant mettre en cause la crédibilité de la femme de chambre de 32 ans qui l'accuse de tentative de viol. Dans une lettre adressée aux procureurs de Manhattan, les avocats de la défense William Taylor et Ben Brafman se plaignent de divulgations de la police de New York sur l'affaire auprès des médias. Dans leur lettre, les avocats de Strauss-Kahn disent craindre que «le droit de (leur) client à un procès équitable ne soit compromis par la divulgation d'éléments préjudiciables avant même que ces éléments aient été présentés à ses avocats». A titre d'exemple, ils citent des informations de presse selon lesquelles des examens auraient confirmé la présence d'ADN de leur client sur les vêtements de la plaignante guinéenne. Jeffrey Shapiro, l'avocat de la femme de chambre guinéenne qui poursuit l'ancien patron du FMI, a dit ne pas être surpris que les avocats de Strauss-Kahn affirment détenir des informations contre elle mais il a parlé à ce sujet de basses manoeuvres. Les avocats de «DSK» ont demandé à TD International, société de consultants de Washington dont le personnel comprend d'anciens officiers de la CIA et d'ex-diplomates américains, de se joindre à son équipe de défenseurs. On ignore le rôle exact qu'est appelée à jouer cette firme, mais on rapporte de source proche de TD International qu'elle n'enquêtera pas sur la femme de chambre.