Révolution ou coup d'Etat ? Les réactions de la communauté internationale au renversement du président Mohamed Morsi par l'armée traduisent un certain inconfort, voire de l'inquiétude, même si de nombreux pays se sont dit prêts à travailler avec le nouveau pouvoir en Egypte. Aucune grande puissance occidentale n'a employé l'expression de «coup d'Etat» contre le dirigeant islamiste élu démocratiquement il y a un an, un événement que les démocraties seraient obligées de condamner. De nombreux pays occidentaux ont néanmoins appelé à un retour rapide au processus démocratique. Plusieurs pays arabes ont adressé leurs félicitations au président par intérim, Adli Mansour, saluant même le rôle de l'armée. Des régimes où les islamistes sont au pouvoir, comme la Tunisie ou la Turquie, dénoncent eux un «coup d'Etat» militaire. Une des plus vives réactions est venue d'Allemagne, dont le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a évoqué «un échec majeur pour la démocratie en Egypte». «Il est urgent que l'Egypte retourne aussi vite que possible à un ordre constitutionnel», a-t-il ajouté, se faisant l'écho du message envoyé par plusieurs dirigeants occidentaux. Le président américain, Barack Obama, s'est dit «profondément inquiet» de l'évolution de la situation dans le plus grand des pays arabes, auquel les Etats-Unis apportent une aide militaire essentielle. «J'appelle maintenant le pouvoir militaire égyptien à rendre toute l'autorité rapidement et de manière responsable à un gouvernement civil démocratiquement élu selon un processus ouvert et transparent», a dit M. Obama.