«Nos quelques milliers de combattants postés le long de la frontière, avec quelques chars et quelques pièces d'artillerie, et une quantité plus grande d'armes automatiques et de lance-grenades, ne pourront pas résister longtemps à l'aviation, à l'artillerie et à la multitude de tanks dont dispose l'ennemi. Le rapport de forces est de 1500 pour les chars de combat, de 1300 pour les blindés de transport et de 1800 pour l'artillerie. Ne parlons pas de l'aviation... Dans ces conditions, d'ici une semaine, peut-être deux ou trois, ou d'ici un mois au grand maximum, les détachements les plus combatifs de nos milices seront exsangues, mis en déroute ou éliminés. A Marioupol, nous avons pu observer comment procède l'ennemi. Il encercle la ville, érige des barrages, joue à fond de sa supériorité matérielle, et nous coupe de toute aide extérieure. Ensuite, il envoie ses unités punitives composées de soi-disant volontaires, en réalité des mercenaires des bataillons Azov, Donbass et autres. Après cela, il nettoie la ville de ce qui reste de miliciens puis va faire la même chose dans la ville suivante. Dans la ville conquise, une garnison s'installe, occupe les positions stratégiques et expédie tous les suspects dans des camps de filtrage. Voilà ce qui nous attend dans pas longtemps...» Sur la passivité russe : «La guerre que la Russie voulait éviter pour des raisons économiques, est déjà en cours. Et elle se terminera de façon désastreuse pour la Russie, en termes économiques. La Russie paiera les conséquences de sa non-intervention. Pour n'être pas intervenue à temps, pour ne pas avoir envoyé de forces de maintien de la paix à Donetsk et Lougansk dès que ces deux regions se sont soulevées (la chose aurait pu se faire sans douleur juste après les référendums du 11 mai), la Russie a commencé à perdre pied.» «Au point où en sont les choses, un envoi de forces de maintien de la paix est à présent devenu impossible sans déclencher une guerre à grande échelle, avec des frappes aériennes, des frappes d'artillerie, des incursions de chars et une mobilisation partielle de l'armée russe. Sincèrement, nous attendons l'heure fatidique, nous mobilisons nos dérisoires ressources humaines et matérielles. Mais nous ne pourrons pas tenir face à l'ennemi. Certains pensaient qu'il suffirait de souffler sur l'armée ukrainienne pour qu'elle s'effondre. Elle s'effondrera le jour où elle trouvera en face d'elle un adversaire capable de lui tenir tête, ne serait-ce que partiellement. Mais ce que nous avons ici, ce n'est même pas David contre Goliath, c'est le combat d'une fourmi contre un éléphant. Une fourmi peut causer pas mal de souffrances à un éléphant en le mordant (ah bon ?), mais même le plus vieux et le plus malade de tous les éléphants finira par écraser la fourmi. (A suivre)