L'armée israélienne a lancé jeudi soir une opération terrestre dans la bande de Ghaza, après 10 jours de raids aériens meurtriers. Le Hamas avertit que l'Etat hébreu allait «payer un prix élevé» pour cette nouvelle escalade. L'objectif premier des sionistes est de détecter les tunnels qui communiquent avec Israël depuis Ghaza, surtout depuis que treize commandos palestiniens se sont introduits près du kibboutz Sufa, en plein territoire israélien. L'un des membres a été tué et les autres ont rebroussé chemin. C'était une première pour Israël qui mesure ainsi l'audace des miliciens islamistes et la fragilité de sa défense. Avant l'annonce de l'opération terrestre par l'armée, Washington a demandé à Israël de «redoubler d'efforts pour éviter de faire des victimes civiles», alors que des bombardements aériens ont encore coûté la vie jeudi à plusieurs enfants après une brève trêve humanitaire. Il y a lieu de noter que l'offensive israélienne baptisée «Bordure protectrice» a fait en dix jours plus de 240 morts et 1 770 blessés, dont une majorité de civils. Le gouvernement israélien poursuit toujours son génocide contre le peuple palestinien, en recourant à tous les moyens militaires. En effet, l'armée d'occupation a commencé à bombarder très intensivement la bande de Ghaza par air, mer et par des tirs de chars massés à la frontière, alors que la télévision israélienne diffusait des images d'immeubles en feu et de boules de feu dans le ciel de Ghaza. Pour sa part «Le Premier ministre et le ministre de la Défense ont ordonné jeudi soir à l'armée de commencer une opération terrestre et de pénétrer dans la bande de Ghaza pour détruire les tunnels utilisés pour des activités terroristes en Israël», a annoncé le bureau du Premier ministre de l'entité sioniste, dans un communiqué. «La décision a été approuvée par le cabinet de sécurité, après le refus du Hamas d'accepter le plan égyptien pour un cessez-le-feu et la poursuite des tirs de roquettes sur Israël», ajoute le bureau de M. Netanyahu. Par contre, le Hamas a averti que l'Etat hébreu allait «payer à un prix élevé» pour cette nouvelle escalade. «Je demande aux habitants de la bande de Ghaza d'évacuer les zones où l'armée frappe», a pour sa part déclaré le porte-parole de l'armée, le général Moti Almoz, dans une allocution retransmise à la télévision israélienne affirmant que l'opération «pourra être étendue selon les besoins de la situation». En l'espace de dix jours, l'opération «Protective Edge» a déjà fait 241 morts, dont une majorité de civils, pour la plus part des femmes et des enfants, et environ 1 500 blessés. Des immeubles, des maisons, des hôpitaux, des mosquées...ont été visés délibérément par les missiles et les obus des navires de guerre. La situation est très tendue, et les quartiers de Ghaza portent les stigmates des bombardements: bâtiments éventrés, et infrastructures détruites. Des débris qui témoignent de la violence des frappes. A ce propos, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié les bombardements sur Ghaza de «tentative de génocide systématique» contre les Palestiniens. Côté diplomatie, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius s'est rendu hier au Caire et en Israël pour évoquer la question de Ghaza. La nouvelle spirale de violence a été enclenchée après le rapt et le meurtre de trois étudiants israéliens en juin, attribués par Israël au Hamas qui a nié, suivis de l'assassinat d'un jeune Palestinien brûlé vif à Jérusalem. Trois juifs ont été inculpés pour cett horrible action.