L'école de formation des Douanes algériennes de Hadjar Eddis, commune d'El-Bouni, dans la wilaya d'Annaba, a abrité,lundi, la conférence régionale sur la sensibilisation sur la sécurité nucléaire et le contrôle de la radioactivité aux frontières. A cette rencontre présidée par le directeur régional des Douanes d'Annaba, Abbas El -Haddi, ont participé la majorité des responsables de différentes structures douanières de quatorze directions de wilaya ainsi que celles régionales d'Annaba, Constantine, Sétif et Tébessa. Placée sous le thème «Sécurité nucléaire et contrôle de la radioactivité aux frontières», cette conférence organisée quelques semaines après celle nationale d'Alger a été animée par Abdelhak Fellouh, Fatah Chennoufi, Chelbani Samir, respectivement directeur général du centre de formation et d'appui à la sécurité nucléaire du Commissariat à l'énergie atomique (Comena), chef de département réglementaire nucléaire et sous-directeur de la sûreté nucléaire. L'intervention de ces derniers s'est principalement concentrée sur les fondements, les systèmes de détection, de contrôle et de formation de la sécurité nucléaire aux frontières, sur l'infrastructure réglementaire régissant la gestion des sources et matières radioactives et sur la sûreté radiologique dans les activités douanières. En nombre important dans une salle qui s'est avérée exiguë pour contenir les participants et les moyens pédagogiques de sensibilisation, les douaniers ont prêté une oreille attentive aux explications fournies par les experts sur la radioactivité et les rayonnements, activité et période radioactive ; interaction rayonnement-matière ; grandeurs et unités en radioprotection ; utilisation des rayonnements et leurs effets ; protection contre les rayonnements ionisants ; les expositions naturelles et artificielles ; les situations d'urgence radiologique et nucléaire et aspects réglementaires. Il a été également question de mesures pratiques pour la traçabilité du nucléaire du fournisseur à l'utilisateur et de la transformation de ce même nucléaire en résidu. Lors des débats, l'on a relevé comme une tendance des douaniers à vouloir configurer une feuille de route. Pour les intervenants, il s'agirait de mieux comprendre les tenants et aboutissants dans la gestion de ce type de produit pour une gestion sans risque d'irradiation faute de protection idoine et de respect des normes de sécurité liées à la manipulation et au transport des produits radioactives. Quelles stratégies de contrôle appliquées a été une question maintes fois réitérée par les intervenants et auxquelles les trois principaux animateurs de la conférence ont apporté des réponses. Celles-ci étaient principalement argumentées par les lois, décrets, instruments juridiques internationaux, traité de non-prolifération des armes nucléaires, de la convention sur la protection physique des matières nucléaires. L'on s'est également basé sur l'assistance en cas d'accident ou incident nucléaire, sur les résolutions 1973 et 1540 du Conseil de sécurité portant sur le financement du terrorisme et les armes de destruction massive. Dans leur longue intervention, les responsables du Comena, de la réglementation nucléaire et celui de la sûreté nucléaire ont, chacun en ce qui le concerne, souligné les principes et procédures relatifs à l'utilisation de sources et générateurs de rayonnements. Une approche pertinente au regard de l'existence dans notre pays de deux centres de recherches nucléaires à Alger et d'équipements médicaux (radiographie, scanner...) et autres matériels radioactifs. Tel est, en tout cas, l'avis de quelques participants interrogés sur l'opportunité de pareille opération de sensibilisation. Rappelons qu'il y a quelque mois, lors d'un barrage de contrôle routinier dans la wilaya d'El-Tarf frontalière avec la Tunisie, des éléments de la Gendarmerie nationale ont saisi du matériel d'une composition douteuse. Analyse faite en laboratoire, il s'est avéré que ce matériel découvert à bord d'un camion était hautement radioactif.