Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a annoncé, la création d'un département ministériel dédié aux start-up et à la micro-entreprise, ainsi que des incubateurs dans toutes les grandes villes du pays. Depuis l'apparition des intranets et des extranets, l'information se diffuse plus rapidement et plus largement hors des frontières, acquérant ainsi une telle valeur stratégique que l'enjeu est désormais de se l'approprier. C'est pourquoi, actuellement la majorité des Etats développés contribuent à assurer au sein des entreprises le contrôle de la sécurité des bases de données internes pour faire face aux piratages des données. Les motivations des pirates informatiques ont évolué : du piratage de logiciels de la part d'amateurs dont la motivation essentielle consistait à voler pour leur usage personnel, nous sommes passés à un piratage «professionnel» d'ordre économique (détournements d'argent) et piratage industriel, proche de l'espionnage. Au-delà donc des risques techniques qu'imposent les Tic, la sécurisation des données informatiques commence par la sécurisation et la sensibilisation des ressources humaines. Les interceptions de communication ont aussi évolué. Des écoutes téléphoniques nous sommes passés aux interceptions des messages électroniques. Lorsqu'un mail est envoyé de façon habituelle, il n'est pas crypté et peut transiter par une dizaine de proxies qui jalonnent le parcours vers sa destination. Or, ces derniers conservent, pour des raisons techniques mais aussi légales, une copie des messages reçus. Les informations contenues dans le corps du message et dans les fichiers joints peuvent donc être lues par autant de responsables de proxies que nécessite le trajet. Les vols plus inattendues par les photocopieuses. Chaque fois que l'on copie un document sur un copieur moderne, une copie est enregistrée sur le disque dur de la machine. Elles sont ainsi devenues de véritables centres de stockage informatisés, et cela très souvent à l'insu des dirigeants et salariés des entreprises. Les copieurs et les machines multifonctions les plus modernes stockent les informations avant de les imprimer, des experts en informatique peuvent donc ensuite très facilement récupérer ces informations, d'autant plus que la plupart d'entre elles sont généralement connectées à un réseau, soit via un PC (imprimante partagée), soit grâce à une adresse IP propre. 3- L'Algérie face aux enjeux de la nouvelle société de l'information 2020/2030 Les statistiques sont désormais abondantes aux échelons national, régional et mondial, jouant un rôle de plus en plus grand dans nos sociétés et nos administrations publiques servant couramment à informer les débats publics, la formulation des politiques et la prise de décisions commerciales, posant le problème de leur qualité, de la compilation et de leur sélection. Or en Algérie ce système de recueil d'information doit être repensé L'idéal à venir serait un grand ministère de l'économie avec une direction de planification stratégique et que l'ONS ne dépende plus de l'exécutif à l'instar de l'INSEE en France en mais qu'il soit un organe indépendant avec un département d'analyse. Cela doit renter dans une autre organisation institutionnelle allant vers le regroupement de ministères pour plus d'efficacité et plus de rigueur budgétaire, une régionalisation économique, sous réserve d'objectifs précis, plusieurs ministères et institutions locales se télescopant rendant l'information opaque pour des raisons de stratégies individualisées. Car existe un théorème dit des 20/80% en management stratégique : 80% d'actions mal ciblées que l'on voile par de l'activisme ministériel ont un impact de 20% sur la société ; 20% d'actions bien ciblées ont un impact de 80% et devant tenir compte du facteur temps combinant les paramètres et les variables pour atteindre l'optimum global. Ce qui est paramètres à court terme peut devenir variable à moyen terme, et ce qui est secteur stratégique aujourd'hui peut ne pas le devenir demain. Certes, l'ONS n'a pas vocation à évaluer les politiques publiques en cours et que toute latitude est offerte aux autres d'interpréter les chiffres en reconnaissant qu'il serait souhaitable d'une meilleure coordination interinstitutionnelle, entre les diverses et abondantes sources administratives et l'office, appelant à davantage de «cohérence et d'intégration». C'est que l'ONS part des données micro-économiques des administrations et des entreprises en les consolidant au niveau macro-économique. Si l'information de base est biaisée, cela donne des résultats au niveau global qui ne reflète pas la réalité. Et c'est ce que l'on constate malheureusement avec l'effritement du système d'information, où les bases de sondage sont différentes d'un organisme à un autre aboutissant à des données que contredit la réalité. Il faut donc uniformiser les méthodes d'enquêtes qu'elles soient exhaustives ou par sondage. Et surtout il faut démocratiser l'information en ouvrant les médias lourds à un large débat économique contradictoire, personne n'ayant le monopole du nationalisme Or, des erreurs de politique économique peuvent se chiffrer à des pertes de plusieurs dizaines de milliards de dollars pour le pays. En ce XXIe siècle avec la révolution d'internet et des télécommunications, l'information n'est pas le quatrième pouvoir mais le pouvoir lui-même. L'effritement du système d'information explique les discours contradictoires rapportés par l'agence de presse officielle algérienne par plusieurs ministres. L'entropie a atteint ces dernières années un niveau inacceptable. Ce manque de cohérence favorisé par un système de prix où l'on additionne les prix administrés et les prix du marché ne permet pas décerner la sincérité des comptes et peut donner lieu à de la mauvaise gestion, voire de la corruption est flagrant Avec la révolution du nouveau système d'information, contrairement au passé, il y a trop d'informations et le grand problème est à la fois la crédibilité de l'appareil statistique et la sélection opératoire de cette masse d'information, pour s'adapter à la nouvelle révolution mondiale du numérique. La majorité des journaux papiers risquent de disparaitre horizon 2020/2025, s'ils ne s'adaptent pas à la nouvelle révolution, remplacé par les sites qui donnent des informations en temps réel. Je rappelle qu'en tant que directeur général des études économiques et premier conseiller à la Cour des comptes j'avais été chargé par la présidence de l'époque en 1983 du dossier surestaries, dossier d'ailleurs toujours d'actualité, et rendu urgent au vu des contraintes budgétaires, des nombreux bateaux en rades qui occasionnent des sorties de devises importantes. J'avais suggéré , en relation avec les services du ministère du commerce, des finances et de différents départements ministériels concernés, l'urgence pour lutter contre à la fois les surestaries et les surfacturations l'établissement d'un tableau de la valeur par un la mise en place d'un système d'information en réseaux et en temps réel entre les ports, la douane, les banques , les services de la fiscalité et reliés aux réseaux internationaux afin de connaitre les prix en temps réel des marchandises importés produit par produit En résumé, le monde est à l'aube d'une quatrième révolution économique et technologique, fondée sur deux fondamentaux du développement du XXIème siècle, la bonne gouvernance et l'économie de la connaissance, ne devant jamais oublier que toute nation qui n'avance pas recule, n'existant pas de situation statique. Pour des raisons de sécurité nationale et comme facteur essentiel du développement futur de l'Algérie, si elle veut éviter sa marginalisation en ce XXIème siècle, il y a urgence d'adapter toutes les institutions civiles, militaires et toutes les entreprises publiques/privées à la nouvelle révolution du système d'information qui constitue un enjeu stratégique. L'Algérie ayant toutes les potentialités pour s'en sortir devant éviter le tout sinistrose, a besoin d'une stratégie d'adaptation face aux nouvelles mutations mondiales et énergétiques avec l'avènement de la quatrième révolution économique qui se fondera sur le numérique, les nouvelles technologiques, les industries écologiques avec un Mix énergétique entre 2020/2030 et l'intelligence artificielle. Sans réformes structurelles profondes, évitant de croire au mythe du tout juridique (une loi n'étant qu'un moyen, inefficace, sans la levée des contraintes d'environnement), supposant d'agir sur le fonctionnement du corps social, impliquant un minimum de consensus politique et social et une visibilité et cohérence dans la démarche des réformes, il ne faut pas s'attendre à des miracles. Plus on diffère les réformes, plus on épuisera les réserves de changes et la crise de gouvernance actuelle se transformera en crise financière, économique, politique et sécuritaire avec le risque d'une déstabilisation régionale et le retour au FMI, début 2022, (réserves de change tendant vers zéro), ce qu'aucun patriote algérien ne souhaite. (Suite et fin) Professeur des universités, expert international Dr Abderrahmane Mebtoul