Persona non grata, autrement dit, indésirable en Algérie, et donc obligation de quitter le territoire national (OQTN) dans un délai maximal de 48 heures : c'est la décision qui a été notifiée par les autorités algériennes à M. Mohamed Isafiani, vice-consul général du Maroc à Oran. Ce jeudi, «le Gérant intérimaire du Consulat général du Royaume du Maroc à Alger, M. Khalid Chihani, a été convoqué au siège du ministère des Affaires étrangères, où il a été reçu par Mokhtar Amine Khelif, Directeur Général du Protocole, qui lui a notifié «la décision des autorités algériennes de déclarer persona non grata M. Mohamed Isafiani, vice-consul général du Maroc à Oran, avec l'obligation de quitter le territoire national dans un délai maximal de 48 heures, et ce, pour des raisons liées aux comportements suspects de l'intéressé incompatibles avec la nature de l'exercice de ses fonctions au sein de ladite représentation consulaire, et ce, en violation des lois algériennes en vigueur en la matière, ainsi que du Droit et des coutumes internationales pertinents, notamment la Convention de Vienne sur les relations consulaires», selon un communiqué du ministère. Ce fait confirme que le Maroc n'a pas l'intention de cesser ses actes hostiles à l'Algérie dans le contexte de rupture des relations entre les deux pays depuis août 2021. Mais une fois encore, le Makhzen a la preuve qu'il joue avec le feu en incitant ses agents à s'attaquer à l'Algérie de la façon la plus éhontée et, de surcroît, en pensant que ces attaques resteraient sans riposte. On se rappelle comment, il y a un an, la provocation du Makhzen par la voix de son représentant aux Nations unies qui a parlé du droit à l'autodétermination du «peuple kabyle» a eu pour effet de déclencher une riposte immédiate des Algériens. Les attaques du Makhzen ont été aggravées par l'affaire d'espionnage liée à l'opération Pegasus qui découlait de l'alliance du Maroc avec Israël. L'Algérie subit les hostilités marocaines, en raison de ses positions de principe et sa défense des causes justes, en premier lieu le soutien à la lutte du peuple sahraoui pour son droit à l'autodétermination. Il y a une semaine, la revue ''Bawabet El Djazaïr'' (portail de l'Algérie) a publié, dans son deuxième numéro (mars 2025), un article intitulé ''Feuille de route des médias algériens pour contrer les campagnes tendancieuses visant l'Algérie : bataille de sécurité nationale'', qui explique que la guerre médiatique marocaine contre l'Algérie a pris de graves proportions après la normalisation du Maroc avec Israël et suite aux victoires successives de la diplomatie algérienne à la faveur de son retour en force sur la scène régionale et internationale. Le Makhzen guidé par l'unique préoccupation de dénigrer l'Algérie propage de pures inventions comme celle qui a consisté, il y a quelque temps, à faire croire que «des soldats de l'Armée algérienne et du Front Polisario combattaient aux côtés du régime de Bachar el-Assad», puis, récemment, qu'une imaginaire demande de libération de ces soldats a été introduite par le ministre d'Etat Ahmed Attaf lors de sa rencontre avec le Président syrien Ahmed al-Sharaa, et que cette dernière a été rejetée. Au lieu de faire une fixation sur l'Algérie, le régime marocain devrait se préoccuper plutôt de la situation catastrophique qui règne dans son royaume où le taux de chômage a atteint 13,3 %, signe flagrant de l'incapacité du gouvernement à gérer ce dossier crucial. Les spécialistes marocains, eux-mêmes, attirent l'attention sur le fait que 2025 connaîtra un ralentissement économique et une aggravation de la précarité sociale. Ils expliquent cette situation par le manque de vision du gouvernement pour sortir de la crise et la poursuite d'une politique de rafistolage qui ne fait qu'aggraver la détérioration sociale. Parallèlement à l'échec économique, les spécialistes notent que des milliards sont injectés dans des projets d'envergure, sans retombées tangibles sur le quotidien des Marocains. Ces projets sont profitables à une minorité qui s'enrichit, tandis que les classes pauvres et moyennes continuent de subir la flambée des prix et l'absence de perspectives d'emploi. Ils notent également que la corruption au Maroc n'est plus un phénomène isolé, mais une véritable structure bénéficiant d'une protection et d'une couverture politique, ajoutant que les institutions de contrôle, telles que la Cour des comptes, se contentent de poursuivre quelques élus locaux ou petits fonctionnaires, sans jamais s'attaquer aux grands dossiers impliquant des milliards de dirhams.