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L'Europe à l'assaut des continents (II)
L'expansion coloniale (XVIe-XVIIIe siècles)
Publié dans La Nouvelle République le 10 - 07 - 2010

C'est qu'ainsi qu'entre-temps, se sont constitués deux grands empires de caractères différents que sont l'empire portugais et l'empire espagnol presque de manière simultanée.
Les grands empires coloniaux du XVIe siècle
C'est qu'ainsi qu'entre-temps, se sont constitués deux empires de caractères différents.
Pour les Portugais, le Brésil mis à part, c'est une suite de comptoirs le long des côtes de l'Afrique et dans l'océan Indien : Arguin (dans l'actuel Sénégal) d'abord, São Jorge da Mina (aujourd'hui Elmina, au Ghana) et São Tomé deviendront les plaques tournantes du trafic négrier. Dans le bassin occidental de l'océan Indien, en dehors des points d'appui de la côte orientale d'Afrique, à la merci d'un retour offensif des musulmans, des bases gardent l'entrée du détroit d'Ormuz, clé du golfe Persique ; mais les comptoirs importants sont en Inde, autour de Goa. Le but n'est pas d'occuper des régions, mais de drainer vers Lisbonne, en vue de les revendre, les épices tant convoitées qu'une politique de la «mer fermée» doit rendre inaccessibles à toutes les autres marines. En réalité, construction fragile, qui succombera bientôt sous les coups des Hollandais, des Anglais et des Français.
Les Espagnols, au contraire, après l'épopée des conquistadores, dominent un vaste ensemble territorial continu dirigé de Madrid par le Conseil des Indes avec, en Amérique (on disait «les Indes»), deux vice-rois, l'un en Nouvelle-Espagne (Mexique) et l'autre au Pérou, disposant d'une importante administration. L'économie repose d'abord sur l'exploitation des mines d'or et d'argent (le Potosí), puis sur certaines cultures tropicales (canne à sucre, cacao, indigo) et le grand élevage. La main-d'?uvre indienne ne pouvant suffire malgré la pratique de l'encomienda, qui remet des centaines d'individus à un seul encomiendero («seigneur de la terre»), on fera appel à la traite des Noirs, source d'appauvrissement pour l'Afrique et de bouleversement démographique pour le Nouveau Monde.
Ce système de l'encomienda est au centre du grand débat mettant en cause le droit de colonisation et au cours duquel s'affrontent d'illustres théologiens, notamment Juan Ginés de Sepúlveda (vers 1490-1573) et Bartoloméo de Las Casas (1474-1566) [en particulier lors des discussions de Valladolid en 1550 et 1551], le premier tendant à prouver la justice des guerres contre les Indiens, tandis que le second dénonce les horreurs dont ils sont victimes et demande la suppression de l'encomienda. Il en résultera (ordonnance générale de juillet 1573) une législation plus favorable aux indigènes : il a fallu soixante années de lutte pour faire reconnaître à l'Indien sa qualité d'homme.
De nouveaux concurrents : Pays-Bas, Angleterre, France
Dès le début du XVIe siècle, trois autres puissances maritimes vont prétendre au trafic océanique, puis à la possession de territoires outre-mer.
Les Hollandais, d'abord, commencent par la pratique du grand cabotage et deviennent «les rouliers et les facteurs de l'Europe» ; puis ils s'installent à leur tour en Amérique du Nord, aux Antilles, en Guyane, au Brésil, mais aussi en Afrique et en Asie, s'attaquent aux comptoirs portugais, prenant figure, à leur tour, de gros trafiquants en épices, pour se lancer plus tard, au XVIIIe s. seulement, dans les cultures tropicales, qui vont faire la richesse des Indes néerlandaises.
Avant même la destruction de l'Invincible Armada (1588), les Anglais s'étaient rués sur les trésors du Nouveau Monde, tandis que des milliers d'émigrants allaient s'installer outre-Atlantique, donnant naissance aux colonies d'Amérique du Nord. Ils créent eux aussi des points d'appui et des comptoirs ; par la contrebande, ils privent les Espagnols et les Portugais d'une part des bénéfices.
La période coloniale
Les Français suivent l'exemple : ils s'installent au Sénégal, dans les Caraïbes, dans le Pacifique, à Madagascar (Fort-Dauphin, aujourd'hui Taolagnaro) et dans des îles productrices de canne à sucre de l'océan Indien (la Réunion, île Maurice). En Amérique du Nord, comme dans les Indes orientales, les Français, qui, depuis Richelieu et Colbert, avaient une politique coloniale, se dressaient devant l'expansion anglaise, mais le traité de Paris de 1763 réglera le conflit au profit de l'Angleterre.
Pour être rivaux, Hollandais, Anglais et Français n'en pratiquent pas moins le même système de colonisation : les grandes compagnies, dont la Hollande a fourni le modèle. Tandis qu'à Lisbonne et à Madrid le commerce a été monopolisé par l'État, on crée à Amsterdam, à Londres et à Paris des compagnies à charte qui obtiennent le monopole du commerce avec un véritable droit de souveraineté pour une région déterminée (sous un contrôle plus ou moins étroit), à charge pour elles d'alimenter le pays en produits exotiques, d'assurer les liaisons maritimes et parfois d'évangéliser et de peupler. Ce sont les Indes orientales qui verront les compagnies les plus importantes, mais on en trouvera aussi desservant les Indes occidentales (Amérique) et l'Afrique.
L'époque des grandes compagnies correspond à l'âge d'or du «mercantilisme», doctrine selon laquelle la richesse et la puissance d'un pays dépendent de la quantité de numéraire dont il dispose. D'où la nécessité de réduire les importations et d'augmenter les exportations avec, en matière coloniale, l'instauration d'un monopole absolu, désigné sous le nom d'exclusif ou, improprement, de pacte colonial. On ne reconnaît pas aux colonies des intérêts qui leur soient propres. Pour Choiseul, « les colonies ne sont que des établissements de commerce : des nègres et des vivres pour les nègres, voilà toute l'économie coloniale ». Selon l'Encyclopédie, « les colonies sont faites par la métropole et pour la métropole».
Une colonisation continentale :
la colonisation russe
En marge des grandes rivalités maritimes se développe une expansion de type exceptionnel, à propos de laquelle on a pu parler de « colonisation par contiguïté ». La prise de Kazan (1552) marque le début de la marche des Slaves vers l'est ; trente ans plus tard, la Sibérie occidentale est terre russe, et, vers 1645, sur les bords du Pacifique, des détachements de Cosaques fondent Okhotsk. Moins d'un siècle plus tard, en 1741, les Russes prennent possession de l'Alaska, qu'ils vendront aux États-Unis en 1867.
Ainsi, dès la fin du XVIIIe siècle, l'Européen tend à être omniprésent à la surface de la Terre, et la création des empires coloniaux semble la marque de sa toute-puissance. Survient alors une longue crise qui paraît mettre en péril cette emprise des métropoles du monde occidental.
(Suite et fin)


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