Boughali appelle à l'intensification des efforts arabes pour soutenir le peuple palestinien    Sommet mondial sur le handicap : Saïhi s'entretient avec la ministre libyenne des Affaires sociales    La Ligue arabe dénonce les agressions sionistes contre Ghaza, le Liban et la Syrie    L'engagement de l'Etat algérien à répondre aux exigences dans le secteur de la santé souligné    Agressions sionistes contre Ghaza: l'UNRWA dénonce l'utilisation de la nourriture comme arme    L'UGCAA salue le respect des commerçants de la permanence de l'Aïd el Fitr    Conseil des droits de l'Homme: adoption du projet de résolution présenté par l'Algérie sur l'impact des mines antipersonnel    Statut et régime indemnitaire des corps de l'Education: reprise des réunions ministère-syndicat    Baddari préside une réunion de coordination pour examiner plusieurs questions liées à la formation    Keltoum, la doyenne de l'interprétation féminine au théâtre et au cinéma algériens    Le troisième Salon des "Games & Comic Con Dzaïr" s'ouvre à Alger    Une délégation du Parlement prend part aux travaux de la 150e Assemblée de l'UIP en Ouzbékistan    Foot/ Amical : Suède-Algérie le 10 juin à Solna (FAF)    Mme Hamlaoui passe en revue avec le SG de l'ONEC les moyens de renforcer les initiatives entre acteurs de la société civile    Classement Fifa: l'Algérie 36e mondial, gagne une place    MDN: saisie de 41 kg de cocaïne à Adrar    L'Algérie dépose un dossier d'inscription de "l'art de l'ornementation avec des bijoux en argent émaillé de l'habit féminin de la Kabylie" auprès de l'UNESCO    Plus jamais ça !    Abdelli et Gouiri nominés pour l'édition 2025    Large adhésion des commerçants au programme de permanence au deuxième jour de l'Aïd El-Fitr    Les sionistes français sont les seuls responsables de la résurgence de l'antisémitisme    Les opérations de recherche et de secours se poursuivent    L'Aïd, une aubaine pour exceller dans la préparation de gâteaux traditionnels    Oum El-Bouaghi Un entrepôt de l'hôpital incendié    Ooredoo adresse ses vœux au peuple algérien à l'occasion de l'Aïd el-Fitr    Une récolte de plus de 120.000 quintaux d'arachides attendue cette saison    Avec ses importants gisements gaziers, la Mauritanie, par une bonne gouvernance, pourrait devenir le Koweït de l'Afrique du Nord    Pour les Algériens, rendez-vous mardi prochain en Afrique du Sud    «Le couscous, racines et couleurs d'Algérie»    Le recteur de la Mosquée de Paris agit-il en tant qu'émissaire à Alger pour libérer l'agent Sansal ?    Tennis/Tournoi M15 Monastir: l'Algérien Samir Hamza Reguig qualifié au 2e tour    Football : Suède – Algérie en amical début juin à Stockholm    La bataille de Djebel Béchar, un acte d'une grande portée historique    Le TNA rend hommage à plusieurs figures du théâtre algérien    «La Présidente de la Tanzanie se félicite des relations excellentes unissant les deux pays»    « Préservons les valeurs de tolérance et de fraternité »        L'Algérie happée par le maelström malien    Un jour ou l'autre.    En Algérie, la Cour constitutionnelle double, sans convaincre, le nombre de votants à la présidentielle    Algérie : l'inquiétant fossé entre le régime et la population    Tunisie. Une élection sans opposition pour Kaïs Saïed    BOUSBAA بوصبع : VICTIME OU COUPABLE ?    Des casernes au parlement : Naviguer les difficiles chemins de la gouvernance civile en Algérie    Les larmes de Imane    Algérie assoiffée : Une nation riche en pétrole, perdue dans le désert de ses priorités    Prise de Position : Solidarité avec l'entraîneur Belmadi malgré l'échec    Suite à la rumeur faisant état de 5 décès pour manque d'oxygène: L'EHU dément et installe une cellule de crise    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Le Front national serait-il un parti illégal ?
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 03 - 03 - 2010

Une nouvelle fois, le parti d'extrême droite français, le Front national, incite à la haine raciale.
Une affiche sur-titrée «Non à l'islamisme» avec une femme vêtue d'un niqabnoir placée devant une carte de France portant les couleurs du drapeau algérien et cernée de sept minarets en forme de missiles a été utilisée par le Front national de la jeunesse (FNJ) pour la campagne des élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur, PACA. A partir de cette attaque raciste qui vise un peuple, un Etat indépendant et une partie de la société française, il est légitime de s'interroger sur la légalité de ce parti dans un pays comme la France qui clame son attachement aux libertés fondamentales et aux droits de l'homme. La France officielle cautionne-t-elle les dérapages de cette association politique ? Le Président de la République française et son gouvernement ont-ils un pouvoir de contrôle des activités illicites des partis politiques ? Les partis politiques en France ont le statut d'associations - régies par la loi du 1er juillet 1901 relative au contrat d'association - organisées de façon durable et implantées sur l'ensemble du territoire. Ils ont pour objectif d'exercer le pouvoir ou au moins d'y participer. Le pluralisme et la mise en concurrence de différentes formations politiques sont un des fondements de la démocratie et de la liberté d'opinion. Cette exigence est inscrite à l'article 4 de la Constitution de la Ve République, de même que la liberté d'adhérer ou non à un parti.
Les partis politiques «concourent à l'expression du suffrage», selon l'article 4 de la Constitution. Ils participent à l'animation de la vie politique:
Ils sont les intermédiaires entre le peuple et le pouvoir: ils recensent les demandes ou les besoins de la population et les transforment en programme politique.
Ils ont une fonction de direction: ils ont pour ambition d'exercer le pouvoir afin de mettre en œuvre la politique annoncée.
L'affiche susvisée tombe sous le coup des dispositions de l'article 24 alinéa 8 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui prévoit les principes suivants:
«Seront punis de cinq ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende ceux qui, par l'un des moyens énoncés à l'article précédent, auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n'aurait pas été suivie d'effet, à commettre l'une des infractions suivantes:
Seront punis des peines prévues à l'alinéa précédent ceux qui, par ces mêmes moyens, auront provoqué à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou de leur handicap ou auront provoqué, à l'égard des mêmes personnes, aux discriminations prévues par les articles 225-2 et 432-7 du code pénal.» Ce support de propagande illicite, qui ne traduit ni les demandes ni les besoins du peuple français, ne peut viser que la division de la cohésion de la société nationale. Ce qui est dangereux et menaçant pour la sûreté, la sécurité et l'ordre public. Ce que ce parti n'a pas encore compris, c'est que la France est devenue diversifiée et multicolore et que l'identité nationale française est multiple. L'islam et l'Algérie font partie de l'histoire de la France et des racines de la nation française d'aujourd'hui. La preuve la plus convaincante est la composition du gouvernement actuel, formé de personnalités politiques issues de cette diversité qui fait de la France un pays multiculturel. Il est judicieux de rappeler que le droit public français prévoit des mesures administratives pour promouvoir le principe d'égalité de traitement dans les rapports publics et les relations entre personnes ou les groupes de personnes. En conséquence, les autorités administratives ainsi que les institutions gouvernementales disposent d'un certain nombre de pouvoirs et de compétences afin de veiller au respect du principe de non-discrimination et d'égalité dans la société française.
La loi n°72-546 du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme1 complétant l'article 1er de la loi du 10 janvier 1936 relative aux groupes de combat et milices privées permet au Président de la République de prononcer par décret en conseil des ministres la dissolution des associations ou groupements de fait qui «provoqueraient à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupement de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée»(2). C'est sur ce fondement qu'a été dissous, par décret du 6 août 2002, pris par le Président de la République en conseil des ministres, sur rapport du ministre de l'Intérieur, le «groupement de fait dénommé: Unité radicale» suite à la tentative d'attentat contre sa personne par un membre de ce groupe d'extrême droite(3).
Le 28 mai 2006, la Tribu KA, groupuscule noir ultra-radical et raciste, faisait irruption rue des Rosiers à Paris et provoquait des incidents avec la communauté juive. Une procédure avait été lancée par le ministère de l'Intérieur pour qu'elle soit dissoute. Le Conseil des ministres l'a entérinée, le 26 juillet 2006.
La décision, prise sur proposition du ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, se fonde sur la loi du 10 janvier 1936 relative aux groupes de combat et milices privées.
Il est à noter également que le financement des partis politiques a été réglementé à partir de 1988 (4). Quatre grands principes régissent aujourd'hui ce financement: il est essentiellement d'origine publique. C'est la nouveauté apportée par les lois sur le financement des partis: l'aide publique est désormais la ressource principale des partis. Peut-on accepter en France qu'un parti diviseur comme le Front national bénéficie toujours de l'argent public et continue à faire des ravages dans la vie politique française. Est-il toujours nécessaire de rappeler que la devise de ce pays est encore «Liberté, Egalité et Fraternité» !
Une autre question se pose naturellement: veut-on vraiment la normalisation des relations entre l'Algérie et la France ? Avec cette affaire d'affiche d'un parti français qui a encore fait agiter les passions et le silence assourdissant de la classe politique française, ces deux pays sont-ils condamnés à rester éternellement des «ennemis intimes» ? Veut-on vraiment normaliser et pacifier les relations entre les deux rives pour l'intérêt commun des deux peuples ? Il est légitime d'affirmer que la France officielle doit prendre les mesures nécessaires et symboliques pour éviter justement les «dérapages» calculés de certains responsables d'associations politiques. Le but est d'arriver enfin à concrétiser la paix entre les peuples et poser finalement les fondements d'une relation basée sur le respect réciproque, deux objectifs chers au Président français, M. Nicolas Sarkozy, initiateur de l'Union pour la Méditerranée.
*Docteur en droit et conseiller juridique dans une ONG à Paris (Footnotes)
1- JO, 2 juill. 1972.
2- C. pénal, art. 431-15 à 431-18.
3- JO, 8 août 2002.
4- Loi n° 88-227 du 11 mars 1988


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.